Ancienne université de Louvain

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Université de Louvain
Armes uni louvain.png
Nom originalStudium Generale Lovaniense
Informations
Fondation1425
FondateurJean IV de Brabant
Dissolution1797
TypeUniversité corporative
Régime linguistiqueLatin
Localisation
VilleLouvain, transférée de 1788 à 1790 à Bruxelles
PaysDuché de Brabant

De 1425 à 1797, l'Université de Louvain fut le grand centre culturel et de transmission du savoir dans les Pays-Bas du sud.

Son fondateur fut le duc Jean IV de Brabant.

Toutefois, à part le livre de Nicolas Vernulaeus (1627) et celui de Valère André (1635), peu d'ouvrages lui ont été uniquement consacrés, ce qui fait que son histoire réelle est mal connue ou d'accès difficile à travers des articles épars dans diverses revues.

L'université de Louvain, a également joué un grand rôle dans la propagation et le maintien en usage de la langue et d'une littérature latine nationale. Comme l'écrit Jozeph IJsewijn, professeur à la Katholieke Universiteit Leuven, "le latin a survécu comme langue de l'Université de Louvain jusqu'à la Révolution française, mais la suppression de cette institution en 1797 fut une catastrophe pour le latin dans les Pays-Bas du Sud".

L'Université de Louvain fut également, avec Baïus et Jansénius le berceau du Jansénisme et resta durant les XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'à sa fermeture le grand centre de la théologie augustinienne dite janséniste en Europe avec des professeurs comme Jansenius, Pierre Stockmans, Néercassel, Josse Le Plat et surtout le fameux Van Espen et son disciple Febronius, et comme le dit H. Francotte: « le jansénisme régnait en maître à l'université de Louvain ».

XV siècle

  • Le 9 décembre 1425, un prince français (de la Maison de Valois), Jean de Bourgogne (1403-1427) duc de Brabant (Jean IV de Brabant), assisté de ses ministres Englebert de Nassau et Émond de Dynter, fonda à Louvain du consentement du pape Martin V, une université qui comprendra les facultés des arts, des deux droits et de médecine sans toutefois recevoir la permission d'enseigner la théologie. Les premiers professeurs y furent envoyés des Universités de Paris et de Cologne.

Malgré l'opposition du chapitre Saint Pierre, le premier recteur est Guillaume Neefs (Guillielmus Naevius), doyen du chapitre..

  • 1426: La première leçon fut donnée le 1er septembre 1426.
  • 1431 : Philippe le Bon, duc de Brabant, comte de Flandre, comte de Hainaut et duc de Bourgogne demande au Pape Eugène IV la création d'une faculté de théologie pour l'université de Louvain qui donne son accord en 1432 ce qui n'avait pas été accordé dans sa première institution.

Albertus Risaeus, participa au mouvement en faveur de la Réforme au sein de l'Université de Louvain. Il s'enfuit en Hollande

Gérard Mercator, actif dans les mouvements protestants de Louvain il fut arrêté par l'Inquisition en même temps qu'un groupe de louvanistes. Il s'enfuit en Allemagne à Duisbourg où il se rendit célèbre par sa production de cartes géographiques.

XVI siècle

L'opposition à Luther

Durant la naissance du protestantisme les théologiens de Louvain comme Masson ou Briard d'Ath défendirent fermement la doctrine romaine.

  • 1502 : Érasme de Rotterdam est de passage à Louvain, où il se réjouit de la grandeur de ses arts et de ses lettres. Érasme, mal accueilli par les autorités universitaires, reste neutre dans le conflit face à Martin Luther.
  • 1517 : fondation du Collège des Trois Langues (latin, grec, hébreu), le premier du genre en Europe. S'inspirant du modèle louvaniste, par opposition à celui de l'université de Paris, et à la suggestion de l'humaniste Guillaume Budé, François I fonde, en 1530, le Collège royal à Paris, appelé aujourd'hui Collège de France.

L'adhésion à la Réforme

Après avoir défendu solidement l'orthodoxie romaine avec des théologiens comme Jean Briard et s'être opposée à Luther, Louvain n'échappa pas à l'infuence du calvinisme qui y fut rapidement étouffé dans l'oeuf. En 1540 cinquante personnes sont soumises à l'Inquisition et beaucoup s'enfuirent dont le géographe Mercator.

La réaction anti-protestante

  • 1545 : Après cet intermède réformé, l’université exige de ses étudiants de prêter serment de haine du luthéranisme et d'adhérer totalement à la doctrine de l’Église catholique romaine.

XVII siècle

  • 1617 : la « Visite », première loi organique sur l’enseignement supérieur en Belgique, promulguée par les archiducs Albert et Isabelle, consolide l’autorité et l'indépendance de l'université et lui donne un statut légal.
  • 1636 : inauguration de la bibliothèque centrale.
  • 1676 : l’université achète le bâtiment de la Halle aux Draps aux autorités de la ville de Louvain.
  • 1687 : création d’une chaire de chimie. Premiers cours donnés en français.
  • 1691 : le professeur Martin van Velden défend ardemment le système copernicien, défend la pensée de René Descartes, critique l’enseignement universitaire. Il finit néanmoins par se soumettre.

XVIII siècle et suppression de l'Université de Louvain en 1797

  • 1723 : création d’une chaire de droit public.

  • 1730 : l’université exige des professeurs qu’ils adhèrent à la bulle Unigenitus contre le jansénisme.

  • 1750 : l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche entame une politique qui va à l'encontre des privilèges universitaires. Le gouvernement autrichien voudrait incorporer l'université de Louvain en pleine décadence dans un système étatique solide.

  • 1764 : disparition des traités aristotéliciens. Ouverture du programme aux sciences naturelles et à la pensée cartésienne. La place importante accordée aux théories d'Isaac Newton ne fait pas l’unanimité parmi les professeurs.

  • 1775 : apparition des premiers manuels imprimés à l'université.

  • 1786 : la faculté de théologie est remplacée par un séminaire général.

  • 1788 : un règlement de Joseph II impose l’usage du banc. Auparavant, les étudiants prenaient note sur leurs genoux. Par ailleurs, le recteur doit désormais être nommé par l'état autrichien.

  • 1788 Les facultés de droit, de médecine et des arts sont transférées à Bruxelles. Le recteur magnifique en était alors le docteur Van Leempoel, docteur en médecine de l'ancienne université de Louvain, agent des États Belgiques Unis à La Haye, qui était également membre de la loge bruxelloise de la Constance de l'Union. Le séjour de l'université de Louvain à Bruxelles ne fut pas longue puisqu'en 1790 la révolution brabançonne rendit à Louvain son université.

  • 25 octobre 1797 : Depuis le traité de Campoformio les anciennes provinces belgiques de l'empire autrichien font désormais partie de la République française et l'université est officiellement supprimée sous le Directoire suite à son projet de modernisation de l'enseignement en France, par décret du département de la Dyle du 25 octobre 1797, en application de la loi du 15 septembre 1793 qui supprimait tous les collèges et universités de la République, mais cette loi fut suspendue le lendemain ; les universités subsistèrent en fait jusqu'à la loi du 7 ventôse an III (25 février 1795), créant les écoles centrales. C'est ainsi que l'université et tous ses collèges furent fermés le 9 novembre 1797 et tout son matériel ainsi que la riche bibliothèque furent transférés à la nouvelle École centrale de Bruxelles.

L'organisation des facultés

Dès le début de l'Université, c'était le pouvoir civil qui gérait la collation des chaires universitaires. La plupart d'entre elles étaient attribuées par le magistrat de Louvain qui, après avoir consulté la Faculté compétente, procédait non seulement à la nomination des titulaires mais payait aussi leurs traitements. À partir de Charles Quint, apparaissent les "professeurs royaux" qui étaient désignés par le Souverain ou par le Conseil d'État et occupaient une chaire rétribuée par le souverain.

Professeurs célèbres

Un célèbre professeur de l'ancienne Université de Louvain: Jansénius, le défenseur de la doctrine augustinienne de la grâce.

  • Adrien VI (Adriaan Floriszoon) (1459-1523), pape en 1522-1523
  • Gemma Frisius (Rainer), mathématicien, 1508-1555.
  • Michel De Bay (1513-1589), théologien
  • Robert Bellarmin (1542-1621), jésuite, cardinal, théologien et docteur de l'Église
  • Guillaume Estius (1543-1613) Bonnet de docteur en théologie en 1580
  • Josse Le Plat, professeur de droit.
  • Juste Lipse (1547-1606), philologue et humaniste
  • Jean Malderus (1563-1633), cinquième évêque d'Anvers, professeur de théologie en 1596
  • Jean-Baptiste Gramaye (1579-1635), historien.
  • Nicolaus Vernulaeus (1583-1649), tragédien.
  • Jansénius (1585-1638), inspirateur du jansénisme
  • Pierre Stockmans (1608-1671), helléniste et jurisconsulte.
  • Zeger Bernard van Espen (1646-1728), canoniste.
  • Martin van Velden (1664-17??), philosophe.

Étudiants célèbres

  • François Joseph Beyts
  • Johann Nikolaus von Hontheim (1701-1790), alias Justinus Febronius, célèbre canoniste, disciple de van Espen
  • Charles Jacmart (1773-1849), professeur de médecine à l'Université d'État de Louvain et à l'Université libre de Bruxelles.
  • Cornelius Kiliaan (ca 1529-1607), lexicographe
  • Louis Joseph Lahure (1767-1853), général d'Empire.
  • Gerardus Mercator (1512-1594), géographe
  • Patrice-François de Neny (1716-1784), homme d'État des Pays-Bas autrichiens
  • Ferdinand Rapedius de Berg (1740-1802), avocat et polygraphe.
  • Jean-Joseph Raepsaet, historien et juriste.
  • Pierre-Joseph Triest, (1760-1836), chanoine et bienfaiteur des pauvres.
  • André Vésale (1514-1564), anatomiste
  • Guillaume Wittouck (1749-1829), jurisconsulte et haut magistrat.

Bibliographie

  • 1627: Nicolaus Vernulaeus, Academia Lovaniensis. Ejus origo, incrementum, viri illustres, res gestae, Louvain, 1627.
  • 1635: Valerius Andreas, Fasti academici Lovanienses, Louvain, chez Jean Olivier et Corneille Coenesteyn, 1635.
  • 1728: Privilegia Academiae Lovaniensis per Summos pontifices et Supremos Belgii Principes concessa, Lovanii, apud Aegidium Denique, 1728
  • 1737: Georgius Hagelgans, Orbis literatus academicus Germanico-Europaeus, Francfort, 1737, in-fol., p. 30.
  • 1829: Baron Frédéric de Reiffenberg, Mémoires sur les deux premiers siècles de l'Université de Louvain, Bruxelles, 1829-35.
  • 1838: P. De Ram, Laforêt et Namêche, Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain, dans, Annuaire de l'Université de Louvain, 1838-65.
  • 1856: F. Nève. Mémoire historique et littéraire sur le collège des Trois-langues à l'Université de Louvain, Bruxelles, 1856.
  • 1881: E. Reusens, Documents relatifs à l'histoire de l'Université de Louvain (1425-1797), dans Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique, t. XVII et suivants, 1881-92.
  • 1881: P. De Ram, Codex veterum statutorum Academiae Lovaniensis, Bruxelles, 1881.
  • 1884: Arthur Verhaeghen, Les cinquante dernières années de l'ancienne Université de Louvain, Liège, 1884.
  • 1945: Léon van der Essen, L'université de Louvain, Bruxelles, 1945.
  • F. Claeys Boúúaert, L'Ancienne Université de Louvain, Études et Documents,Louvain 1956.
  • 1959: F. Claeys Boúúaert, Contribution à l'histoire économique de l'Ancienne Université de Louvain,1959.
  • 1977: Claude Bruneel, Répertoire des thèses de l'Ancienne Université, Louvain,1977.
  • 1990: Emiel Lamberts et Jan Roegiers, Leuven University, 1425-1985, Louvain, University Press, 1990.
  • 1990: Jan Roegiers, "Was de oude Universiteit Leuven een Rijksuniversiteit? ", in Archief-en bibliotheekwezen in België, 1990, p. 545.
  • 2006: abbé André Tihon: Article Löwen. In: Lexikon für Theologie und Kirche, vol. 6. Herder, Freiburg Basel Wien 3ème éd., 2006, pp. 1070-1073.