Malgré la présence musulmane en Espagne, c'est par les rapports commerciaux entre le Moyen-Orient et Venise que s'introduit dans l'art occidental, à la Renaissance italienne, le terme d'arabesque (bien que le terme d'entrelacs soit déjà utilisé). Il pouvait s’écrire aussi rabesques (Synonyme de moresque, aussi écrit mauresque, venant des Maures), il suggère clairement l’origine musulmane du motif.
Si on en trouve trace dès 1308-1311 dans les tableaux de Duccio à Sienne, il faudra attendre le XV siècle pour que le genre se diffuse dans les tableaux des peintres vénitiens Cima da Conegliano (1460-1465), Vittore Carpaccio (1525-1526) et Palma Vecchio. À partir de cette époque, on rencontre les arabesques dans les illustrations de livres, frappées sur les reliures, peintes sur la faïence, brodées sur les costumes, décorant des tapisseries et des objets en métal.
Utilisée dans les plats des reliures des livres décorés à la feuille d’or appelé alla damaschina (selon la façon de Damas) en Italie, les moresques seront utilisées en France dans les livres reliés pour le roi Louis XII (vers 1510) et le premier livre entièrement consacré aux moresques est celui du Florentin établi en France, Francesco Pellegrino (1530) et ensuite, d'une façon originale en Europe, dans l'ornementation des illustrations des livres par les éditeurs de Lyon et de Paris : les encadrements de moresques par B. Salomon dès 1547 pour des livres publiés à Lyon celui de G. Paradin, Memoriae nostrae, (1548), La Métamorphose d’Ovide figurée, par J. de Tournes (1557). Jacques Androuet du Cerceau (1563) en regroupera l'essentiel dans ses estampes.
En Allemagne et en Angleterre, sont publiés des livres de modèles, en partie copiés d’après les Italiens.
Ensuite, au XVIII siècle une confusion s'installe avec les grotesques (pourtant différentes par leur usage de figures humaines et animales, voire chimériques) et en détournera l'usage du mot arabesque ; ainsi dans les catalogues de vente, les dessins de grotesques des élèves de Raphaël sont décrits comme arabesques.
Aux XIX siècle et au XX siècle, le nom d’arabesque est donné à tous modèles de jeu de lignes et il est recommandé d'utiliser le mot moresque pour éviter les confusions et en rappeler l'origine culturelle exacte.