BIXI est un système de vélos en libre-service, lancé par la ville de Montréal, (Québec) en mai 2009 et exploité par la société en commandite Stationnement de Montréal.
Historique
Bicyclettes Bixi à l'intersection du Boulevard René-Lévesque et de la rue Beaudry
L'idée d'établir un réseau de bicyclettes publiques à Montréal est venue durant l'élaboration du récent Plan de transport de la Ville de Montréal (finalisé au printemps 2008). Le principe était déjà populaire dans de nombreuses villes européennes depuis le milieu des années 2000, notamment Bicing à Barcelone, Vélib' à Paris ainsi que le Vélo'v à Lyon. En effet, en octobre 2007, André Lavallée, responsable de l'aménagement urbain et du transport collectif au comité exécutif de la Ville de Montréal, annonçait la décision de la Ville de Montréal de créer un tout nouveau système de vélos en libre-service pour Montréal.
Au lieu de s'associer avec un annonceur ou avec un autre partenaire du secteur privé, la Ville de Montréal donne le mandat de concevoir et d'exploiter le réseau à Stationnement de Montréal, l'exploitant du stationnement public de la Ville.
Quelques années avant d'obtenir le mandat du réseau BIXI, Stationnement de Montréal avait mis au point des terminaux de paiement de stationnement automobile mis en réseau sans fil et alimentés à l'énergie solaire. Les nouveaux terminaux de service alimentés à l'énergie solaire qui ont été mis au point pour les stations BIXI utilise la même technologie de réseautage et la même infrastructure TI que les terminaux de paiement de stationnement automobile existants.
Le design du vélo montréalais a été conçu, en 2008, par le designer industriel montréalais Michel Dallaire alors que la réalisation physique a été faite en collaboration avec Devinci, entreprise du Saguenay ainsi qu'avec Rio Tinto Alcan. Stationnement de Montréal a fait breveter la technologie BIXI sous le nom de Système BIXI et la commercialise comme un réseau global de vélopartage clé en main que les autres municipalités et les autres établissements peuvent acheter.
Après un concours auquel la population fut invitée à participer, le nom BIXI, proposé par Michel Gourdeau, a été retenu à l'automne 2008 parmi 8 896 suggestions. BIXI est un mot-valise, contraction des mots BIcyclette et taXI.
Stationnement de Montréal débute l'exploitation à pleine capacité de la première phase en mai 2009 : 2 400 bicyclettes et 300 stations seront alors déployés dans les arrondissements centraux et denses de Ville Marie (qui inclut le centre ville et le Vieux-Montréal), du Plateau Mont-Royal et de Rosemont–Petite-Patrie. ce système comptait 5 000 vélos et 400 stations lorsque les équipements ont été enlevés des rues et entreposés à fin de la première année d'exploitation (novembre 2009). La saison 2010 a débuté le 20 avril avec 246 stations et 3000 vélos.
Depuis le mois d'août 2010, dans le cadre d’un projet-pilote, un nombre limité de stations BIXI ont été également déployés dans les arrondissements de LaSalle, Saint-Laurent, Ahuntsic-Cartierville ainsi que Verdun. L’objectif est de permettre aux gens d’utiliser BIXI sur de courtes distances à proximité des commerces, des institutions et des moyens de transport existants.
Exportation du concept BIXI
Le système de vélo de Londres Barclays Cycle Hire
BIXI a fait l'objet d'un projet pilote à Ottawa/Gatineau de juin à septembre 2009.
Le 12 août 2009, la ville de Montréal annonçait avoir conclu des ententes pour exporter le Bixi aux villes de Londres (Angleterre) et Boston (États-Unis).
En effet, Stationnement de Montréal a obtenu le mandat d’implantation et d'exploitation d’un Système BIXI au centre-ville de Boston et dans les municipalités limitrophes. La ville centre sera desservie par 2 500 vélos, 290 stations et 3 750 points d’ancrage, avec un potentiel d’expansion allant jusqu’à 5 000 vélos et plus.
Le 3 février 2010, la ville de Montréal annonçait avoir conclu des ententes pour exporter le Bixi aux villes de Melbourne (Australie) et Minneapolis (États-Unis).
Le 21 mai 2010, la ville de Montréal annonçait avoir conclu des ententes pour exporter le Bixi à la capitale des États-Unis, Washington (District de Columbia), à sa voisine, la ville d’Arlington en Virginie, de même que sur le campus de la Washington State University, situé quant à lui sur la côte ouest, dans l’État de Washington. Dès l'automne 2010, 1 100 nouveaux BIXI seront disponibles dans l’une ou l’autre des 114 stations qui seront prochainement implantées au cœur de cette agglomération, alors qu’une trentaine de BIXI seront mis à la disposition des étudiants du campus de la Washington State University.
Depuis le dimanche 30 mai 2010, les habitants de Melbourne, la deuxième plus grande ville australienne, peuvent effectuer leurs déplacements sur un vélo BIXI. 610 nouveaux vélos BIXI seront bientôt disponibles dans l’une ou l’autre des 52 stations installées au cœur de la ville. En plus de fournir le système, notons que BIXI est responsable du support technique, de la formation et de l’approvisionnement en matière de pièces.
Le tout premier lancement de BIXI dans une ville américaine avait lieu le 10 juin 2010 à Minneapolis, au Minnesota. Sept cents nouveaux vélos seront bientôt disponibles dans l'une ou l'autre des 65 stations installées au cœur de la ville. En plus de fournir le système, notons que BIXI est responsable du support technique, de la formation, de l’approvisionnement des pièces ainsi que du centre d'appels destiné au service à la clientèle. BIXI travaille de concert avec l'organisme Nice Ride Minnesota, un organisme sans but lucratif spécialement créé pour l'implantation d'un projet de vélos en libre-service à Minneapolis.
Le 30 juillet 2010, le maire de Londres, Boris Johnson, a procédé au lancement du dernier-né de la franchise BIXI. Le système BIXI de Londres est baptisé Barclays Cycle Hire, du nom de son commanditaire principal. Il s’agit là du plus important mandat confié à BIXI à ce jour, qui livre à la ville de Londres quelque 6 000 vélos et pas moins de 400 stations.
Le système de vélopartage BIXI a été mis en place en mai 2009 à Montréal.
Bixi est un service de Vélo en libre-service. Ce service offre le vélo comme mode de transport urbain collectif. Les usagers louent un vélo dans une station à proximité et le rapporte à n'importe quelle station du réseau. Le vélopartage est conçu pour les déplacements de courte durée et la tarification est prévue en conséquence : à Montréal, les premières 30 minutes sont gratuites, les deux autres tranches de 30 minutes sont tarifées 1,50 CAD tandis que les suivantes (au delà de 90 minutes) les sont à 6,00 CAD.
Les stations d'ancrage
Les terminaux de service et les socles de fixation des bicyclettes sont montés sur des plates formes, ce qui crée des modules de stations autonomes portables. L'installation consiste simplement à ancrer le module de stations à la chaussée. Comme les stations sont alimentées à l'énergie solaire et sont mises en réseau sans fil, aucun fil n'est requis. Par conséquent, l'installation des stations est rapide et peu coûteuse. Comme les stations sont portables, la répartition peut être adaptée rapidement en fonction de la demande. Cette technologie permettra aussi d'enlever le matériel l'hiver (mi novembre à mi avril) lorsqu'il pourrait être endommagé par les éléments et qu'il pourrait entraver le déneigement.
Station d'ancrage située au square Phillips
Une station d'ancrage possède deux composantes. La première composante est constituée d'une station de location en libre-service permettant la location de vélo par une personne ne possédant pas un abonnement en utilisant une carte bancaire (Visa ou MasterCard). Lorsqu'un non-abonné utilise le service, il doit débourser 5,00 CAD (abonnement de 24 heures) et un autorisation de 250 CAD est obtenue de la banque à titre de caution. Cette station est autonome: des panneaux solaires assurent l'alimentation électrique et une liaison sans-fil permet une liaison avec l'ordinateur central du locateur.
La deuxième composante est constituée d'une série de dispositifs de support verrouillants les vélos. Lorsqu'un usager désire prendre un vélo, il insère sa clef Bixi dans le lecteur ou entre le code à 5 chiffres qui lui a été préalablement donné par la station de location.
Les stations d'ancrage sert a un point de stationnement pour les bicyclettes. Ces stations modulaires sont contrôlées par RFID technologie sans-fil. Un bouton-poussoir est utilisé pour notifier les mécaniques BIXI des bicyclettes défectives. Les usages peuvent louer des bicyclettes avec une clé procurée d’une inscription en ligne à long terme, ou avec une carte d'accès fournie par la station de paiement. Les stations de paiement sont opérées par des écrans tactiles et n'acceptent que les cartes de crédit comme méthode de paiement. L’innovation de la station d’ancrage réside dans son architecture modulaire et sa simplicité grâce à l’innovation de Robotics Design Inc. Chaque station d’ancrage est formée de quatre bollards, ainsi, chacun de ces bollards contient un cassette qui contient la serrure, le système de contrôle, de communication ainsi que les capteurs. En cas de panne, il suffit tout simplement de changer la cassette défectueuse par une nouvelle.
Système
Chacune des stations Bixi se compose de points d’ancrage où sont verrouillés les vélos et d’une borne transactionnelle. Cette dernière permet de retirer le vélo à l'aide d'une clé d'abonné à puce (« BIXI-clé ») ou d'un code d'accès, ou encore d'effectuer par carte de crédit un paiement pour obtenir accès au vélo. Des panneaux d'information et des publicités se trouvent également aux stations. La station fonctionne à l'aide d'un courant électrique généré par des panneaux solaires.
Une station simple occupe l'espace d'une place de stationnement. Les stations peuvent au besoin s'imbriquer l'une dans l'autre pour créer de plus grandes stations aux endroits plus achalandés. L’emplacement des stations a été déterminé selon plusieurs paramètres, tels que la densité de la population, la présence de points d’intérêts (université, piste cyclable, station de métro) et les habitudes de déplacement de la clientèle.
Les vélos
Le vélo Bixi, au design unique crée par le designer Michel Dallaire, a été conçu en ayant comme objectifs d'être robuste, sécuritaire et adapté à une grande variété d’usagers. Le cadre d’aluminium et le guidon sont formés d’une seule pièce dans laquelle les câbles sont dissimulés, les protégeant du vandalisme et des intempéries. Un pare-chaîne est également intégré à la structure du vélo, protégeant à la fois la chaîne et les vêtements du cycliste. La bicyclette possède des phares avant et arrière allumés en tout temps et un centre de gravité abaissé pour plus de stabilité. Les pneus sont gonflés à l’azote pour une plus grande durabilité. La vaste majorité des vélos possèdent 3 vitesses mais des vélos 7 vitesses ont été intégrés au réseau BIXI à l'automne 2009
Site Web
Toutes les informations concernant les stations et la disponibilité des vélos et des points d’ancrage sont disponibles en temps réel sur Internet. Un espace personnel, auquel certains usagers ont accès selon le type de leur abonnement, permet à l'utilisateur de consulter les informations concernant sa propre utilisation de Bixi ainsi que les détails de sa facturation.
Tarifs
Une borne de paiement du système BIXI.
Pour utiliser le service, l’usager doit d’abord s’abonner. Ensuite, une tarification s’applique à chaque utilisation dépassant 30 minutes.
En 2009, l'année où Bixi a été lancé, les tarifs sont les suivants :
Abonnement 1 an (valide pour toute la période de service de mai à mi-novembre; expire après 365 jours) : 78 $ taxes incluses.
Abonnement 30 jours : 28 $ taxes incluses.
Abonnement 24 heures (offert à la borne transactionnelle) : 5 $ taxes incluses.
Les abonnés annuels et 30 jours reçoivent une clé d’abonné qui permet de louer un vélo sans passer par la borne transactionnelle. L'abonnement 24 heures s'effectue suite au paiement par carte de crédit sur la borne transactionnelle et s'active grâce à un numéro généré par la borne elle-même. Un dépôt, remboursable après que la période de 24 heures est venue à échéance, est prélevé.
Les frais à l'utilisation sont les suivants :
1 tranche de 30 minutes : inclus
2 tranche de 30 minutes : 1,50 $ taxes incluses.
3 tranche de 30 minutes : + 3 $ taxes incluses.
4 tranche de 30 minutes et les suivantes : + 6 $ taxes incluses.
Un rabais sur l'abonnement annuel est également proposé à certains usagers de la Société de transport de Montréal.
Lancement de Bixi
Camionnette avec remorque pour l'entretien du parc de vélos Bixi
Bixi a été lancé officiellement le 12 mai 2009, mais dans des proportions plus modestes que prévu. En effet, des 150 bornes qui devaient être en place le jour du lancement, on n'en comptait qu'une soixantaine. Des bornes supplémentaires ont été ajoutées rapidement pour atteindre 300 au début juillet.
Bixi a connu un vif succès à ses premiers mois de service à Montréal, en dépit de quelques plaintes de citoyens ou de commerçants mécontents de l'emplacement des stations ou de quelques cas de vandalisme durant le congé de la Fête nationale.
À peine sept semaines après sa mise en service, Bixi comptait déjà 6300 abonnés, ce qui dépassait les espérances de la Ville de Montréal.
Dans son édition du 5 juillet 2009, le quotidien La Presse mettait en doute la robustesse des vélos offerts par Bixi et soutenait qu'un engin sur cinq était défectueux. Cette estimation s'appuie toutefois sur la simple observation des journalistes ayant visité 30 des 300 stations disséminées à travers la ville, et sur les commentaires de quelques usagers rencontrés.
Controverses
Campagne de marketing douteuse
En mai 2009, il fut révélé que la promotion de Bixi avait, entre autres, été effectuée au moyen d'un faux blogue mettant en vedette trois supposés adeptes du vélo. L'agence de publicité Morrow Communications et Stationnement de Montréal ont reconnu avoir créé de toutes pièces le blogÀ vélo citoyens et que les trois « blogueurs » qui étaient chargés de sa rédaction (Mélanie Gomez, Jean-Michel Simoneau et Pénélope Riopelle) n'existaient pas réellement. Cette campagne de marketing virale, asujettie à un groupe Facebook ayant attiré plus d'un millier d'intéressés, s'est attirée de vives critiques dans les médias et dans la blogosphère, plusieurs internautes estimant avoir été trompés. Cette pratique s'apparente à l'astroturfing qui, bien que légale au Canada, est illégale ou prohibée dans d'autres pays et soulève des questions éthiques
Applications Web et iPhone
À la fin mai 2009, Stationnement de Montréal a mis en demeure l'entreprise web Sparko, qui venait de créer un site de renseignements sur Bixi pour le Web mobile. Le site gratuit permettait de se renseigner sur la disponibilité des vélos et palliait le problème de chargement sur l'iPhone et autres Smartphones de la page web, trop lourde, du site officiel de Bixi. Stationnement de Montréal reprochait à Sparko de s'être appropriée la marque Bixi et de l'avoir utilisée pour faire la promotion du site, notamment au moyen d'autocollants apposés sur des vélos Bixi. Le site Web a rapidement été désactivé. Les disponibilités des points d'ancrage et des vélos peuvent être facilement consultées via une couche spéciale sur Google Maps en entrant l'adressehttps://maps.bixi.com dans le champ de recherche (autant sur Google Maps via le web que dans la version iPhone). Bixou, une application iPhone payante, anciennement nommée « iBixi », permet également de consulter, à l'aide d'une carte, le nombre de points d'ancrage disponibles.
Conception et gestion
La Ville de Montréal, dont le projet BIXI fait partie du plan de transportRéinventer Montréal, a octroyé le mandat de concevoir, de développer et d’exploiter ce nouveau service à la Société en commandite Stationnement de Montréal. Pour ce faire, la société a mis sur pied la Société de vélo en libre-service. Le design des composantes du système a été confié au designer industriel Michel Dallaire. Robotics Design Inc. est derrière l’innovation téchnologique du système du bollard. La firme d’ingénieurs mécaniques Devinci a obtenu le mandat de fabriquer le vélo BIXI. 8D Technologies a été mandatée pour le développement du système d’opération logiciel de BIXI.
Le système d’opération logiciel de BIXI a été développé à partir de celui du système « Payez Partez » de stationnement de la ville de Montréal, primé par l’International Parking Institute.
Le système BIXI est en processus d’approbation pour sept brevets :
quatre brevets pour innovation en matière de vélo;
un brevet pour la modularité du système;
un brevet pour le système d'opération alimenté à l'énergie solaire;
un brevet pour le mécanisme de verrouillage.
Cependant, à cause du manque de solidité des dispositifs de verrouillage dont une partie est faite en plastique, fin juin 2009 plusieurs stations ont été vandalisées et une quarantaine de vélos ont été volés.
La viabilité financière du plan d'affaires, basé sur l'auto-financement par les usagers sans appel substantiel à la municipalité ou à une entreprise de transports comme c'est le cas dans d'autres solutions, pose encore question.
Prix et distinctions
Classé au 19e rang du Palmarès des 50 meilleures inventions de 2008 selon Time Magazine.