Ce catéchisme a fait l'objet d'un désaccord important entre la curie romaine et l'épiscopat néerlandais.
La dénonciation romaine de novembre 1966
« Dans cette publication, on affirme beaucoup de choses qui ou bien sont tout à fait contraires à la foi, ou bien énonce les vérités de la foi d'une façon ambigüe, de sorte que tout un chacun peut les comprendre à sa manière, qu'elle corresponde ou non à la foi. »
La lettre de dénonciation signalait particulièrement :
- la virginité perpétuelle de Marie
- le Péché originel,
- l'Eucharistie,
- la façon de présenter le protestantisme,
- la régulation des naissances,
- la création de l'âme et son caractère spirituel et immortel,
- l'existence des anges.
Elle concluait : « En général, beaucoup de dogmes sont exposés dans un sens totalement contraire à celui qu'a toujours compris et comprend l'Église et cela malgré l'anathème de Vatican I. »
La négociation
Une délégation du Vatican (le jésuite belge Edouard Dhanis, le salésien hollandais John Visser, le dominicain belge B. Lemeer) rencontre une délégation de l'épiscopat hollandais (W. Bless s.j., responsable de la catéchèse des adultes à l'institut supérieur de catéchétique de Nimègue, Edward Schillebeeckx o.p., Piet Schoonenberg s.j.) à Gazzada près de Milan du 8 au 10 avril 1967.
Une liste de 14 points à revoir est exposée :
- la conception virginale,
- le Péché originel,
- l'expiation vicaire, distribuée en deux points :
- la satisfaction offerte par le Christ au Père,
- l'offrande sacrificielle et propitiatoire de la Croix
- l'Eucharistie, subdivisée en 3 points :
- le sacrifice eucharistique,
- la présence eucharistique du Christ,
- la conversion eucharistique,
- l'existence des anges,
- la création immédiate de l'âme ,
- la vie future,
- quelques questions de morale,
- la régulation des naissances,
- le primat du Souverain Pontife.
Dans une lettre de Paul VI remise au cardinal Alfrink, le pape souhaite que trois points soient précisés :
- la conception virginale,
- le caractère satisfactoire de la mort du Christ sur la croix,
- l'existence des anges et des démons.
Quarante cinq points mineurs figuraient au débat qui n'ont pas été discutés. La délégation hollandaise a proposé des rectifications ; un rapport en latin s'ensuivit résumant le point de vue de chacune des délégations.
À l'automne 1967, une commission de théologiens hollandais est chargée de la révision, laquelle est présentée à 6 cardinaux.
Rapport des cardinaux
Le rapport des cardinaux sort le 24 décembre 1967. Il se compose de trois parties et d'une annexe :
- Questions principales qui traite des 14 points,
- Points secondaires réduits à une trentaine,
- Modifications proposées par les auteurs du catéchisme hollandais,
- Texte complémentaire sur les sacrements et la grâce.
La commission reproche au texte d'avoir « pour objectif de substituer, au sein de l’Eglise, une orthodoxie à une autre, une orthodoxie moderne à l'orthodoxie traditionnelle ».
A la suite du rapport, 4 réviseurs sont nommés, dont deux par les théologiens hollandais et deux par la commission cardinalice pour procéder à la révision. En juin 1968, la révision est rendue.
La proclamation solennelle du "Credo du peuple de Dieu" par Paul VI a été interprétée comme une réponse à la polémique créée par cette publication.