Le projet de TDI, dont le conseil est présidé par l'ancien premier ministre de l'Ontario, David Peterson et dont les princpaux bailleurs de fonds sont la banque d'investissement Blackstone Group et la firme de génie-conseil québécoise RSW Inc., est annoncé le 23 février 2010.
Lors de son lancement, le CHPE tente d'éviter les difficultés rencontrées par d'autres propositions comme le NYRI, dont les pylônes, hauts de 10 étages, auraient traversé des régions peuplés dans les comtés d'Orange et de Sullivan, suscitant une opposition organisée. Le projet initial de TDI comprenait deux lignes, la première allant à New York, et la seconde, qui aurait bifurqué vers le Connecticut, sous le détroit de Long Island. Le coût total de construction des deux lignes et des postes de conversion en territoire américain s'élèverait à 3,8 milliards de dollars.
Selon le président directeur-général, Donald Jessome, le choix d'un tracé sous-marin permet d'éviter de « déranger des communautés avec des lignes à haute tension aériennes ». Le promoteur ajoute que le câble procure des avantages économiques et environnementaux à l'État, puisque l'énergie alimentant la ligne serait d'origine renouvelable. Il ajoute que des pourparlers sont en cours avec la société Nalcor Energy, qui dispose d'énergie hydroélectrique et qui envisage la construction d'éoliennes.
Tracé
Le câble projeté aurait une longueur de 571 kilomètres (355 mi) entre la frontière canado-américaine et New York. Les deux câbles d'un diamètre de 127 millimètres (5 in) seraient enfouis à une profondeur de 91 centimètres (3 ft) sous le lac Champlain et la rivière Hudson, entre Albany et Manhattan.
Le câble traverserait d'abord la frontière sous le lac Champlain jusqu'à l'extrémité nord du canal Champlain, à Whitehall. Il sortirait de la rivière sur 2,1 miles (3,4 km) afin d'éviter trois écluses. En raison de la contamination au BPC d'une partie de la rivière Hudson, un tronçon du câble serait enfoui le long de l'emprise des chemins de fer du Canadien Pacifique et de CSX, sur une distance de 117 kilomètres (73 mi) entre les villes de Fort Edward et Selkirk, au sud de la capitale de l'état de New York.
Le câble projeté reprendrait sous le lit du fleuve pour terminer sa course dans un poste de conversion HVDC situé dans la ville de Yonkers. De ce point, le courant serait acheminé à New York par des câbles à courant alternatif.
Économie et émissions atmosphériques
Dans une analyse économique soumise par le promoteur aux autorités de l'état de New York en juillet 2010, la firme London Economics International soutient que la construction de la ligne permettrait aux consommateurs de l'état de New York d'économiser 8,1 milliards de dollars (de 2010) sur leurs factures d'électricité, entre la mise en service prévue, en 2015, et 2024. De plus, le câble proposé aurait des impacts positifs sur le réseau électrique, puisque l'énergie qui l'alimenterait permettrait de retirer du service les centrales les plus anciennes à New York, qui ont généralement le coût de production le plus élevé. De plus, l'ajout de 1 000 megawatts de puissance réduirait aussi le coût mensuel de la réserve UCAP dans les zones du sud et de l'est de l'État
La construction de la ligne, qui transporterait 7,64 terawatt-heure d'électricité de sources renouvelables par année, permettrait des réductions des émissions de 6 800 tonnes de SO2, de 10 800 tonnes de NOx et de près de 37 millions de tonnes de CO2 au cours de la première décennie d'exploitation.
Rôle d'Hydro-Québec
Selon le promoteur, la section québécoise du tracé partirait d'un poste conversion à courant continu construit près du poste Hertel (735-315 kV) d'Hydro-Québec TransÉnergie, près de La Prairie, et rejoindrait la rivière Richelieu par ligne à haute tension aérienne. Elle serait enfouie dans le lit de la rivière jusqu'à sa jonction avec le tronçon américain.
La réaction d'Hydro-Québec et du gouvernement du Québec à l'annonce du projet a d'abord été teintée de scepticisme en raison des investissements de 400 à 500 millions de dollars canadiens qui seraient pour le tronçon québécois. De plus, le CHPE entrerait en concurrence avec un projet de nouvelle ligne à courant continu de 1200 MW que la société d'État québécoise projette de construire en collaboration avec les distributeurs NStar et Northeast Utilities pour augmenter ses ventes aux états de la Nouvelle-Angleterre. Commentant le projet, le président directeur-général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, estimait en avril 2010 que le projet était techniquement «très complexe» et son coût «très élevé».
Malgré cet accueil mitigé, le producteur hydroélectrique québécois intervient en mai 2010 en faveur du projet devant la FERC, affirmant que le projet de câble respecte le cadre réglementaire en vigueur aux États-Unis.