Château de Langoiran

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Introduction

Château de Langoiran
Période ou styleMédiéval et renaissance
TypeChâteau fort
Début constructionXIII siècle
Fin constructionXVII siècle
Destination actuelleVisites, spectacles, mariages
ProtectionLogo monument classe.svg Classé MH depuis 1892
Site Internetwww.chateaumedievaldelangoiran.com
Latitude

Longitude
44° 41′ 57″ Nord

0° 22′ 54″ Ouest / 44.6991, -0.3817
PaysFrance France
Région historiqueGuyenne
RégionAquitaine
DépartementGironde
Commune françaiseLangoiran

Le château de Langoiran est un château médiéval situé à Langoiran, commune du département de la Gironde, en France, dans l'Entre-deux-Mers. Il domine le hameau du Pied-du-Château, à proximité de la Garonne.

Ce château fort fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis mai 1892.

Historique

Il fut construit au XIII siècle par la famille d'Escoussans. Outre la famille d'Escoussans, plusieurs familles ont été propriétaires du château, notamment la famille d'Albret, de Montferrand et Daffis.

La seigneurie de Langoiran a été un des éléments les plus prestigieux et les plus puissants du duché d’Aquitaine. Elle a été mêlée aux luttes entre les rois d’Angleterre et de France. Les seigneurs de Langoiran furent tous au service du roi-duc c'est-à-dire du duc d’Aquitaine, roi d’Angleterre, excepté Bérard qui à la fin de sa vie, après avoir été capturé par Bertrand du Guesclin à Eymet en 1374 jura fidélité au roi de France. Il mourut en 1379 après avoir été blessé sous les murs de Cadillac (commandé à l’époque par un certain Bernard Courant).

Amanieu d'Albret, seigneur de Langoiran fut l'un des plus puissants seigneurs de Gascogne. Le 3 juillet 1294, il fut chargé avec Jean de Bretagne, Jean de Saint Jean et Robert Tybtot de ménager une alliance entre le roi d'Angleterre et le roi de Castille. Le 19 octobre 1295, Edouard Ier lui écrivit pour le remercier de ses bons offices. Quelques années après, le 6 novembre 1307, il fut l'un de ceux qui furent nommés pour négocier le mariage du roi d'Angleterre avec Isabelle, la fille de Philippe le Bel et de discuter la dot que cette princesse devait apporter.

Après la capitulation de Bordeaux en 1453, Charles VII exigea que vingt des plus grands seigneurs gascons lui soient livrés, parmi ceux-ci un Montferrand, le seigneur de Langoiran, qui se réfugia en Angleterre. Son château fut confisqué et entra dans le domaine royal puis fut donné par ce même roi au bâtard d'Armagnac, Maréchal de France. Louis XI, prenant en ce domaine comme en d'autres le contre pied de la politique de son père, pardonna aux Montferrand et leur restitua une partie de leurs biens dont le château de Langoiran.

Durant les guerres de religions, la seigneurie de Langoiran passa successivement entre les mains de deux frères ennemis, Charles de Montferrand, chef du parti catholique à Bordeaux et gouverneur de Bordeaux et Guy de Montferrand, l'un des chefs du parti protestant pour la Guyenne. Après lui, la famille de Montferrand dut vendre le château ainsi que la baronnie de Langoiran à la famille Arnoul, famille de bourgeois anoblis.

Au début du XVII siècle, la seigneurie de Langoiran est entre les mains d'une puissante famille de parlementaires, les Daffis, dont certains furent présidents du parlement de Bordeaux. En 1649, Guillaume Daffis, président du Parlement de Bordeaux, prend la tête de la Fronde parlementaire en Bordelais, contre le cardinal Mazarin. Pour se venger d'une défaite de ses troupes, le duc d'Epernon, gouverneur de Guyenne, s'empare du château de Langoiran, l'incendie en septembre 1649 et fait sauter le donjon.

Architecture

Le château possède un donjon du XIV siècle qui est l'un des plus larges donjons de France. Celui-ci possède trois salles octogonales. Le donjon comprenait deux étages voûtés reliés par un escalier à vis encore existant. Le premier étage faisait huit mètres de haut jusqu’à la clef de voûte (qui a été conservée et qui se trouve prés du puits) il était pavé de carreaux sur lesquels on pouvait voir les armes des seigneurs d’Escoussan, des éléments floraux et formes géométriques. Les voûtes étaient peintes et recouvertes d’un semis de léopards d’or sur fond de gueule (couleur rouge), partie des armoiries de cette famille. Sur toutes les nervures de voûtes étaient peints les blasons des familles collatérales qui se sont succédé. Au rez-de-chaussée se trouve la salle des gardes munie d’une énorme cheminée à l’intérieur du mur, d’un évier en pierre à l’intérieur d’une cavité d’archère. Au premier étage subsistent des archères cruciformes (appelés aussi meurtrières) sous des sortes de niches. On peut y observer deux fresques datant de la construction du donjon ; l’une représente saint Michel tenant une balance dans la main gauche et une lance dans la droite. Sa tête est nimbée et ses cheveux ondoyants. Le démon, comme d’habitude, cherche à la faire pencher de son côté ; mais la lance de l’archange, dirigée vers lui, le renverse et les bonnes œuvres de l’âme, jugée par le tribunal de Dieu, l’emportent sur les mauvaises. L’autre fresque représente saint Pierre qui tient les clefs du paradis. Avec le temps, les autres fresques qui ornaient les murs sous les différentes voûtes du château ont disparu. Le deuxième étage constituait le logement du seigneur et de sa famille ainsi que de ses invités. Cette salle n’était pas voutée. Une grosse poutre avec un solivage (chevron) recevait probablement un étage sous toiture ou une terrasse suivant l’époque. À ce niveau, une grande fenêtre gothique trilobée a été aménagée vers la fin du XIVe siècle. A l’intérieur, des bancs de pierre. Une cheminée gothique, très belle et assez rare, a été placée à l’intérieur d’un mur. Au XVIe siècle, comme à l’étage inférieur une nouvelle cheminée a été édifiée et une grande ouverture percée.