Château de Rosières

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Introduction

Château de Rosières
Château de Rosières
Période ou styleMédiéval
TypeMaison forte
Fin construction1445
Propriétaire initialPierre de Saint-Seine
Propriétaire actuelPropriété privée
Protectionclassé MH le 28/01/1930
Site Internetwww.chateauderosieres.com
Latitude

Longitude
47° 29′ 55″ Nord

5° 24′ 13″ Est / 47.4986, 5.4036
PaysFrance
Région historiqueBourgogne
DépartementCôte d'Or
Commune françaiseSaint-Seine-sur-Vingeanne
(Voir situation sur carte : Bourgogne)

Le château de Rosières est un manoir fortifié (ou maison forte) situé sur la commune de Saint-Seine-sur-Vingeanne (située à trois kilomètres du lieu), en Côte-d'Or, à proximité de la Vingeanne (rivière) et de la départementale D38. Il est situé aux confins de la Bourgogne et de la Franche-Comté.

Ce château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 28 janvier 1930.

Historique

Dès le XI siècle, le nom de Rosières apparaît dans différentes chartes. Il désigne alors une "grange", c'est-à-dire un domaine d'exploitation rurale attaché à une seigneurie. De provenance ducale, le fief de Rosières aurait été concédé en 1321 (ou 1320 ?) à la première famille porteuse du nom de Saint-Seine par Eudes IV, duc de Bourgogne, en échange de la grange d'Estaule (à Saint-Seine-sur-Vingeanne). De 1321 à sa mort en 1350, Pierre de Saint-Seine bâtit le domaine. Au XV siècle, pour faire face aux dangers que représentent les guerres incessantes qui ravagent la contrée, le manoir est fortifié avec l'agrément du duc. Il peut servir de refuge aux cultivateurs du domaine menacé. Le donjon semble ainsi avoir été terminé en 1445. En 1474, on parle de la "maison forte" de Rosières. Elle est alors possédée par Pierre et Guillaume de Saint-Seine. Les armoiries des Saint-Seine, peintes ou sculptées au XV siècle, se retrouvent dans la bâtisse. Après plusieurs ventes et successions, le domaine revient en 1682 à Claude-Bernard de Maillard, marié à Anne-Reine Mallot du Bousquet. Celui-ci effectue divers réaménagements ponctuels à la fin du XVII siècle. On note ainsi la présence de ses armoiries et de celles de son épouse au sommet des profonds ébrasements de certaines baies. Il décide également la construction d'un pavillon classique à proximité de l'édifice médiéval. L'ensemble change encore de mains au XVIIIe siècle : il est la propriété de Claude Bernard, co-seigneur d'Attricourt qui l'achète en 1708, puis de Jean Verchère et Agnès de Richemont qui le reçoivent en donation (1728) et finalement, cinq ans plus tard, de Jean Chanteau, secrétaire à la chambre des comptes de Dôle qui l'achète en 1733. Au milieu du siècle, le château retourne à nouveau à la famille de Saint-Seine en la personne de Bénigne Le Gouz (1752). Le château est finalement acheté en 1980 par la famille Bergerot. Les propriétaires actuels l'exploitent en chambres et table d’hôtes.

Description

Tour quadrangulaire de flanquement et donjon

Porte charretière

Maintenant entouré de bâtiments d’exploitation agricole, le domaine de Rosières (manoir, basse-cour et communs) était autrefois entouré de murailles qui baignaient dans le fossé d'enceinte. On a aussi signalé un double rang de fossés et d'escarpement separés par un terre-plein. Dans l'escarpe même du rempart, s'ouvrait un souterrain fermé d'une porte, maçonné en voûte de cave, et qui reliait, dit-on, Rosières à une maison de Saint-Seine (?).

Le principal élément de l'ancienne maison forte est un imposant donjon (21 m de long sur 13,50 m de large) des XIV siècle et XV siècle. Du fond des fossés subsistants jusqu'à la toiture, les murs, épais de 1,80 m, ont une hauteur de 19 m. Ce donjon "carré", bien préservé, présente tous les éléments caractéristiques des fortifications du Moyen Âge : ceinture de mâchicoulis en accolade à consoles formées d’un triple tore, chemin de ronde complet, échauguettes sur trois angles (il n'en subsiste qu'une de nos jours, à l'angle nord-ouest), meurtrières... Une grosse tour quadrangulaire (XIV siècle) renforce le quatrième angle (sud-ouest) du donjon. Aujourd'hui, cette dernière n'a plus sa haute toiture à 4 pans surmontée d'un lanternon qui lui donnait une allure de clocher pittoresque comme en témoignent les peintures murales du pavillon (XVII siècle). Le donjon, lui, est couvert d'une toiture de pavillon à 4 pans reposant sur une magnifique charpente en chêne d'origine. Les combles sont très développés : hauteur de 12 m avec cheminée centrale comprenant 6 conduits.

Le bâtiment abrite une très belle salle de réception avec une cheminée du XV siècle et des baies et un plafond peint du XVII siècle. Dans ce donjon, on note aussi la présence d'une ancienne cuisine avec anneaux de suspension dans la voûte, de cheminées monumentales, d'un escalier à vis,... Il abrite surtout plusieurs chambres, aujourd'hui utilisées en chambres d'hôtes : la chambres "des ducs", entièrement refaite au XVII siècle par les Maillard (alcôve en anse de panier, armoiries et tableaux peints sur les embrasures des fenêtres), une chambre du XV siècle possédant un carrelage verni avec quatre couleurs différentes et une double porte d'entrée à plis de serviettes simples, une autre chambre du XV siècle avec cheminée, écusson à gaude de la Maison de Saint-Seine (mais fenêtre avec banc de pierre du XVII siècle) ainsi qu'une dernière, du XIV siècle, au sommet de la tour quadrangulaire de flanquement (fenêtre à meneau et plafond composé de poutres en chêne côte à côte). Cette dernière tour abrite une pièce, dite "la prison", avec 4 anneaux dans la voûte et 2 meurtrières.

Le domaine de Rosières comprend également un colombier à pied (garni intérieurement de boulins), une porte charretière ouverte dans une tour fortifiée couverte d'une toiture de pavillon (du XV siècle, elle était autrefois précédée d'un pont-levis), une chapelle, dite la "Saint-Georges", près de laquelle habitait un prêtre desservant ainsi que des divers bâtiments loués à des cultivateurs.

Le pavillon du XVII siècle, construit par Claude-Bernard Maillard et sa femme Anne-Reine Maillot du Bousquet, est agrémenté de fresques. On y admire une vue du château au XVII siècle ainsi que las armoiries des Maillard-Bousquet.

Des jardins ont également été aménagés.