Une estimation préliminaire de la population autrichienne en date du 01-10-2006, faisait état de 8 292 322 habitants. L'Autriche affiche au total une croissance de plus de 280 000 personnes depuis fin décembre 2000, et a connu ainsi une croissance démographique appréciable. La croissance fut de 53 200 habitants en 2005. Le taux moyen de 0,66 % observé en 2004-2005 était cinq fois supérieur au taux fort bas affiché au milieu des années 1990, signe que l'Autriche est entrée une fois de plus dans une période d'accroissement démographique accéléré, et ce à l'instar de ses voisines la Suisse et l'Italie.
Il résulte de ce tableau que l'Autriche affiche une croissance de plus de 280 000 résidents entre fin décembre 2000 et fin septembre 2006, ce qui est une croissance démographique appréciable.
Ces dernières décennies, l'Autriche se caractérise par une succession de périodes de forte croissance démographique, alternant avec des périodes de fort basse croissance, voire de diminution. Le début du XXI siècle semble être une période de croissance accélérée, du moins depuis 2003. Au milieu des années 1990 en effet, l'accroissement moyen annuel ne dépassait guère 10 000 habitants, et lors de la vague démographique précédente (en 1989-1993), le taux s'était élevé à 0,9 %. Lors de cette période de cinq ans (89-93), après quinze ans de stagnation, la population avait augmenté de 334 400 habitants, et était passée de 7 594 300 à 7 928 700.
Comme tous ses voisins, le pays fait en réalité partie du groupe de pays d'Europe centro-méridionale à taux de fécondité très bas, et le taux net de reproduction est de 0,68 %. L'excédent des naissances est très faible (de -1000 à + 5 000 personnes ces dernières années) et entièrement dû aux naissances étrangères. La totalité de l'accroissement de la population constaté est donc due à l'immigration, sans laquelle la population diminuerait chaque année. Sur 78 000 naissances en 2005, 9 167 étaient de nationalité étrangère, et bien plus encore en comptant les naissances liées à des parents étrangers et immigrés naturalisés. Le flux d'immigration nette a dépassé 50 000 personnes en 2004 comme en 2005, soit proportionnellement près de trois fois plus qu'en France.
Le niveau des acquisitions de la nationalité autrichienne est élevé, surtout chez les jeunes et a atteint près de 35 000 étrangers en 2005, après des années 2003 et 2004 records (44 694 et 41 645).
Les chiffres suivants sont calculés au 30 juin de chaque année :
Année
Autriche
Burgenland
Carinthie
B. Autriche
H. Autriche
Salzbourg
Styrie
Tyrol
Vorarlberg
Vienne
1991
7 754 891
272 951
550 042
1 479 187
1 320 567
484 807
1 174 524
628 284
331 930
1 512 599
1992
7 840 709
274 943
555 231
1 495 408
1 337 961
493 732
1 181 085
636 210
336 160
1 529 979
1993
7 905 632
275 958
558 935
1 508 220
1 350 814
501 215
1 185 486
642 893
338 640
1 543 471
1994
7 936 118
276 908
560 216
1 515 446
1 357 804
505 238
1 186 122
647 854
340 471
1 546 059
1995
7 948 278
277 689
561 281
1 520 637
1 360 967
507 454
1 185 830
651 639
341 951
1 540 830
1996
7 959 016
277 703
561 703
1 523 536
1 362 597
509 157
1 185 066
655 528
343 135
1 540 591
1997
7 968 041
277 368
561 280
1 525 554
1 363 843
510 501
1 184 310
659 288
344 354
1 541 543
1998
7 976 789
276 973
560 972
1 528 805
1 365 441
511 107
1 183 702
662 471
345 766
1 541 552
1999
7 992 323
276 486
560 821
1 532 920
1 368 299
512 049
1 183 146
665 773
347 443
1 545 386
2000
8 011 566
276 083
560 129
1 537 266
1 371 579
513 853
1 182 684
669 479
349 257
1 551 236
2001
8 043 046
276 450
560 371
1 542 574
1 376 700
516 442
1 186 273
674 147
351 752
1 558 337
2002
8 083 797
276 597
560 353
1 547 696
1 382 867
518 756
1 190 197
678 756
354 466
1 574 109
2003
8 117 754
276 419
559 440
1 552 848
1 387 086
521 238
1 190 574
683 317
356 590
1 590 242
2004
8 174 733
277 586
559 538
1 563 872
1 392 965
524 404
1 195 311
688 340
359 388
1 613 329
2005
8 233 306
278 655
560 089
1 575 291
1 399 226
526 875
1 199 489
693 651
362 258
1 637 772
Diff. 1991-2005
498 415
5 704
10 047
96 104
78 659
42 068
24 965
65 367
30 328
125 173
Ce sont les länder occidentaux qui progressent nettement le plus (Vorarlberg, Tyrol et Salzbourg), ce qui s'explique par leur proximité avec la Suisse, le col du Brenner et les grands centres économiques du sud de l'Allemagne et du nord de l'Italie (Munich, Milan). A l'inverse, les régions du sud-est du pays (Carinthie, Styrie et Burgenland) tournées vers les régions moins développées de la Hongrie et des Balkans, manquent fort de dynamisme. Les länder de Basse-Autriche et Haute-Autriche font preuve d'un dynamisme moyen. Quant à Vienne, la capitale, qui progresse régulièrement, elle constitue un cas à part grâce à ses fonctions nationales et internationales. On doit souligner que sa démographie reprend enfin des couleurs. La ville avait en effet 2 239 000 habitants en 1916, et n'avait cessé de s'atrophier depuis lors.
Avertissement : les données affichées dans ce graphique divergent d'avec celles fournies par l'organisme officiel Statistik Österreich, et ce au moins depuis l'année 1990.
Malgré l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir (FPÖ puis BZÖ) depuis la fin des années 1990, l'immigration se porte mieux que jamais en Autriche.
Plus de 70 % des étrangers sont originaires de pays différents de l'Europe des 25. Le nombre d'étrangers a progressé en un an de 25 456 unités dont près de 16 000 rien qu'à Vienne. Mais le flux réel des migrants est plus important, car 34.876 étrangers ont acquis la nationalité autrichienne durant cette année, réduisant d'autant le nombre de résidents étrangers. La valeur exacte du solde migratoire vaut : différence entre le nombre d'étrangers 2004 et 2005, plus les naturalisés, plus les décès d'étrangers, moins les naissances étrangères. Ce qui fait 50 255 personnes, soit 6,12 pour mille, et correpondrait en France, toute proportion gardée, à un solde migratoire de plus ou moins 370 000 immigrants.
Répartition des étrangers et des immigrés par nationalité
Plus de 80 % des acquisitions sont dues aux Turcs, aux ex-Yougoslaves aux Roumains et aux Polonais. Il y a fort peu de citoyens des pays ouest-européens qui choisissent de devenir autrichiens, et notamment fort peu d'Allemands ou de Suisses. A noter l'importance des naturalisations au sein des ressortissants des pays d'Asie (entre autres Chine, Inde, Philippines) et des Égyptiens.
Au total le taux d'acquisition de la nationalité autrichienne est élevé ces dernières années, proportionnellement plus ou moins le double de celui enregistré en France.