La lutte contre les scolytes est difficile en raison du fait qu'ils passent presque toute leur vie abrités sous l'écorce (où on leur connaît peu de prédateurs, hormis des bactéries ou acariens qui peuvent attaquer ses oeufs) ; ensuite parce qu'en les éliminant (par des insecticides), on permettrait aux arbres stressés de survivre, c'est-à-dire d'évapotranspirer plus longtemps, en continuant donc à épuiser la ressource en eau en temps de sécheresse (risque accru de maladies et de défoliation plus grave, mais aussi d'incendies aggravés).
Après le stade infestations tuant massivement des arbres, les jeunes arbres poussent généralement abondamment (les graines étant libérées de l'effet inhibiteur induit par la présence d'arbres adultes). Par précaution, les auteurs de cette étude préconisent néanmoins de débarrasser les forêts du bois en décomposition et d'y planter de nouveaux arbres, au risque d'aussi priver la forêt d'une source importante d'humus utile ou nécessaire à ses équilibres futurs.
Autres solution... il s'agirait dans tous les cas de favoriser une gestion sylvicole ;
- ne favorisant pas la circulation des œufs, larves et adultes de cet insecte;
- favorisant préventivement une bonne conservation de l'eau dans ses cycles annuels et pluriannuels pour limiter le stress hydrique qui favorise les pullulations de scolyte. (Ceci peut par exemple passer par la réintroduction de castors dont les barrages stockent efficacement de grandes quantités d'eau, mais les castors ont besoin de feuillus);
- intégrant des outils de lutte biologique et lutte intégrée, mais les "ennemis" et maladies de ce scolyte sont encore mal connus.
- anticipant sur le risque et les probabilités de changement climatiques pour produire une forêt plus résiliente (ce qui passe par une bonne conservation de la biodiversité);
- limitant ses « effets-lisières ».. et limitant donc la fragmentation écologique des forêts par des routes et grandes coupes rases uniformes (On a par exemple constaté que les épicéas poussant sur les lisières naturelles (falaises) ou artificielles (de coupes rases, routes, layons..) ou sur des zones sèches, notamment sur pentes, semblent présenter une sensibilité exacerbée au stress hydrique et aux scolytes et peut-être à des infestations par des défoliateurs (les perturbations micro-climatiques liées aux effets de lisières sont mesurables avec un simple thermo-hygromètre et visibles en photo-infrarouges). Dans ces zones les attaques de scolytes semblent favorisées, selon des études qui demandent encore à être affinées.
- en favorisant une meilleure protection du sol, et si nécessaire sa restauration (Des techniques de BRF (Bois raméal fragmenté) ont notamment été testées au Canada et dans d'autres pays),
D'autres solutions sont parfois recommandées :
- L'écorçage des grumes abattues, ou des arbres tombés après une tempête, est une solution souvent proposées pour que des scolytes ne puissent s'y installer et pondre (leurs larves ne pouvant en vivre et grandir que sous l'écorce d'arbres fraîchement abattus ou tombés). En écorçant les grumes après abattage ou suite à une tempête on éviterait ou limiterait la pullulation de scolytes.
- Le piégeage des adultes. Les adultes sont en effet attirés par les odeurs des arbres auxquels ils sont attachés (et en particulier des arbres malades ou en déficience physiologique, par exemple du fait d'une sécheresse). On peut donc attirer les adultes vers des pièges à phéromones ou qui reproduisent le spectre d'odeurs d'arbres malades. Cette méthode est en particulier efficace après une tempête, quand dans un endroit de nombreux arbres sont cassés ou abattus - et en particulier s'il s'agit d'arbres d'une même espèce, ce qui n'est pas rare dans des régions où la forêt est cultivée. Le piégeage est utilisé pour tenter de réduire les populations ou pour détecter un éventuel début de "pullulation".