Avant la Révolution française
C'est sans doute avec la création du Collège royal de Paris en 1530, sur le modèle du Collegium Trilingue de Louvain créé en 1517 et inspiré par Érasme, afin de permettre la fondation d'un certain nombre de chaires dont l'Université ne voulait pas, qu'il faut faire commencer l'histoire des grandes écoles, ou plutôt l'histoire d'une rivalité entre écoles et universités.
Ensuite apparaissent des écoles d'officiers militaires, telles que les Écoles de l'artillerie créées à la suite de l'École des officiers de l'artillerie de Douai (1679). D'autres écoles spéciales militaires, qui seront appelées plus tard grandes écoles, ont été créées au milieu du XVIII siècle pour fournir le personnel technique de haut niveau (les ingénieurs) dont l’État avait besoin.
L'ancêtre de l'école normale supérieure, de son côté, a été créée peu avant le concours de agrégation, sous le nom de séminaire philologique, au Collège Louis le Grand, pour former rapidement le personnel enseignant capable de prendre la relève des jésuites qui au moment de leur expulsion en 1763 tenaient environ 120 collèges.
Création des premiers concours scientifiques pour l'entrée dans les corps techniques militaires (Génie, Artillerie, Marine). Création d'écoles de formation des officiers techniques et des ingénieurs de l'État. École des ingénieurs-constructeurs des vaisseaux royaux (ENSTA ParisTech) 1741, École royale des ponts et chaussées 1747, École royale du génie de Mézières 1748, École des mines de Paris 1783). Création d'écoles royales militaires pour nobles boursiers préparant l'entrée dans les corps techniques militaires. L'École d'Arts et Métiers est fondée en 1780 par le Duc de La Rochefoucauld.
La Ière République et l'Empire
Certains des grands acteurs de la Révolution française tels Napoléon Bonaparte (école de Brienne), Condorcet, Lazare Carnot (école du génie de Mézières) en sont issus. Ce dernier avec Gaspard Monge, un mathématicien, a créé en 1794 l'École polytechnique, presqu'en même temps qu'était créée l'École normale (future École normale supérieure de la rue d'Ulm) par Lakanal. Dans la même logique, les anciennes facultés de médecine et de droit seront rétablies comme des école de droit et École de médecine, indépendantes de l'université.
En 1794 : Création de trois grandes écoles :
- l'École centrale des travaux publics (rebaptisée l'École polytechnique en 1795),
- l'École normale (devenue École normale supérieure en 1845 et installée rue d'Ulm en 1847).
- le Conservatoire national des arts et métiers
Antoine-François Fourcroy, dans son Rapport fait à la Convention sur l’organisation des écoles destinées aux divers services publics du 30 vendémiaire an IV, définit la doctrine de l’École spéciale qui pour Thuillier vaudra aussi pour tous les projets d’ENA jusqu’en 1945 : « il est nécessaire que les sujets admis dans ces écoles y soient dans un nombre correspondant au besoin du service, qu’ils se consacrent dès leur entrée dans cette carrière à servir l’État ».
La loi qui organise les écoles de services publics du 30 vendémiaire an IV en fixe la liste suivante:
- École polytechnique
- Conservatoire national des arts et métiers
- École d'artillerie
- École des ingénieurs militaires
- École des ponts et chaussées
- Mines ParisTech
- École des géographes
- Écoles de marine (école navale)
- École des ingénieurs de vaisseaux (qui deviendra l'École nationale supérieure du génie maritime, puis sera incorporée dans l'(ENSTA ParisTech)
- Écoles de navigation (anciennes écoles de mathématiques et d'hydrographie pour la marine de l'état et écoles d'hydrographie destinées à la marine du commerce, aujourd'hui Écoles nationales de la marine marchande)
La loi Daunou sur l'organisation de l'instruction publique du 3 brumaire de l'an IV établit, outre les écoles primaires et les écoles centrales, des écoles spéciales destinées à l'étude de:
- l'astronomie
- la géométrie et la mécanique
- l'histoire naturelle
- la médecine
- l'art vétérinaire
- l'économie rurale
- les antiquités
- les sciences politiques
- la peinture, la sculpture et l'architecture
- la musique
ainsi que des écoles pour les sourds-muets et pour les aveugles-nés.
Seules les écoles de santé et les écoles d'économie rurale vétérinaire seront créées. Une École spéciale des langues orientales est également créée.
L'École polytechnique organise le recrutement par concours et la formation préalable des ingénieurs de l'État, en amont des écoles d'applications (École des Ponts ParisTech, Mines ParisTech, École du génie et de l'artillerie de Metz, École de la marine, École du génie maritime, École spéciale de géographie et de topographie).
L'École normale forme les professeurs des écoles centrales.
- La loi générale sur l'instruction publique du 11 floréal de l'an X crée les lycées, maintient les écoles spéciales existantes et institue :
- dix écoles de droit,
- trois nouvelles écoles de médecine,
- quatre écoles d'histoire naturelle, de physique et de chimie,
- deux écoles spéciales pour les arts mécaniques et chimiques,
- une école de mathématiques transcendantes,
- une école spéciale de géographie, d'histoire et d'économie publique,
- une quatrième école des arts du dessin.
Elle crée également :
- l'École Spéciale Militaire de saint Cyr, implantée en premier lieu dans le château de Fontainebleau, sous la protection directe de l'Empereur qui tenait à garder un œil particulier sur les futurs officiers de l'Empire. Cette Grande École prestigieuse sera ensuite déplacée à Saint Cyr, dans les bâtiments construits pour l'ancien collège de filles créé par Madame de Maintenon.
La loi di 10 mai 1806, relative à la formation d'une Université impériale et le décret du 17 mars 1808 fixant son organisation remettent en cause le développement des écoles spéciales au profit de la mise en place d'un système universitaire centralisé organisé selon les trois grades des anciennes universités (baccalauréat, licence, doctorat), déjà rétabli dans les écoles de droit. Les écoles de droit et de médecine sont transformées en facultés alors que les écoles de services publics restent en dehors de l'Université.
IVe et Ve République
- École nationale d'administration,
- École nationale de la météorologie,
- École nationale de la santé publique,
- École nationale des travaux publics de l'État,
- École nationale de l'aviation civile
Création des Instituts d’études politiques (IEP) à partir du modèle de l'École libre des sciences politiques, qui est nationalisée et devient l'Institut d'études politiques de Paris.
Transformations des instituts universitaires en école nationale supérieure d'ingénieurs, création du concours commun des ENSI. Élévation du nombre d'année d'enseignement dans les Écoles nationales d'arts et métier (cursus en 4 ans après un baccalauréat technologique). La durée de la formation dans les écoles d'ingénieurs et de commerce se généralise à 3 ans (après les deux années de classes préparatoires).
Développement d'écoles supérieures d'enseignement technique post-bac
- Institut national des sciences appliquées (INSA),
- Groupe des écoles nationales d’ingénieurs (ENI),
- Université de technologie : UTC, UTT, UTBM.
Concours commun Supélec-SupOptique (1957), concours commun Centrale Paris-Centrale Lyon (1963) puis concours Centrale-Supélec.
-
1965 : Création du CELSA (Centre d'études littéraires et scientifiques appliquées devenue par la suite École des Hautes Études en Sciences de l'Information et de la Communication) au statut particulier car autonome mais intégrée à la Sorbonne.
-
1968 : Création du statut d'institut national polytechnique
-
1970 : Création de l'École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA ParisTech) par regroupement de 4 écoles d'application de l'X :
-
École nationale supérieure du génie maritime (fusion de 3 écoles en 1960: (École d'application du génie maritime, École des ingénieurs de l'artillerie navale (1910)),
-
École d'application de l'artillerie navale (1910),
-
École nationale supérieure des poudres (1900),
-
École nationale supérieure de l'armement (1936),
-
École des ingénieurs hydrographes de la marine) et création du concours commun Mines-Ponts.
-
1996, les classes préparatoires commerciales passent à deux ans.
-
1974 : Les Écoles nationales d'arts et métiers, (transformées en ENSAM en 1963, et Arts et métiers ParisTech aujourd'hui), passent au cursus en 3 ans, après 2 ans de préparation.
Généralisation des concours communs.
- 2000, la scolarité des Instituts d’études politiques universitaires passe de 2 à 4 ans.