Écoles d'art en France

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Il existe de nombreuses écoles d'art en France, entre autres lointaines descendantes des anciennes écoles des beaux-arts, des arts décoratifs et des arts industriels (dites depuis des arts appliqués), dont il est sans doute impossible d'effectuer un recensement exhaustif.

Les écoles d'art et les autres formations

Ces formations artistiques sont marquées par la notion d'auteur et ses divers rapports avec les contraintes (matériaux, sens, fonction, commande, compétition, tradition, etc.) ainsi que par le regard que l'on porte sur une œuvre. Aujourd'hui, elles se fondent autour de l'économie et de la pratique des arts plastiques et graphiques, de l'architecture d'intérieurs, des métiers d'art et de l'artisanat, de la mode ou du design parfois dit industriel. Elles vont, toutefois, largement au-delà (par exemple, dans les domaines numériques ou de la communication) vers un relatif décloisonnent entre les spécialités.

À tort ou à raison, elles ne se confondent pourtant pas avec les études littéraires et poétiques, les écoles d'architecture, de musique, de spectacle vivant (théâtre, danse, cirque, arts de la rue, etc.) et de cinéma. Plus généralement on les distingue aussi avec certains domaines aujourd'hui regroupés sous l'appellation d'éducation artistique et culturelle (allant du patrimoine, de l'histoire de l'art aux métiers du livre en passant par l'ingénierie culturelle) dont plusieurs métiers aussi assimilés à l'artisanat (particulièrement la cuisine, le paysagisme, etc.) ou, dans un autre registre, de ce qui concernerait le développement personnel ou la psychothérapie.

Les compétences techniques et savoirs spécialisés mis en œuvre lors de ces enseignements relèvent aussi d'écoles d'ingénieurs ou de l'apprentissage en atelier, sous la direction d'un maître (anciennement dit en art). De même, les questions abordées au cours de ces cursus sont développées au sein des diverses études théoriques de l'art et de la culture, dont le lieu privilégié est l'université.

Toutefois de nombreux praticiens se revendiquent comme artiste autodidacte (et interrogent de ce fait sur l'utilité de formations, de corps labellisés) ou ont principalement mis en avant la culture générale de chacun dans ces domaines.

Histoire

Jusqu'au XVII siècle, l'enseignement des techniques artistiques passe par l'apprentissage auprès des artistes eux-mêmes : l'apprenti n'est pas seulement étudiant, il est aussi employé.
Les écoles d'art actuelles sont héritières de trois systèmes distincts :

  • L'Académie royale de peinture et de sculpture (1648), où enseignaient les plus grands artistes de l'époque et dont le but était de maintenir la tradition académique par une hiérarchie des genres (histoire, portrait, paysage...) et par l'étude des maîtres anciens (voyage en Italie, prix de Rome). Cette institution existe toujours (École nationale supérieure des Beaux-arts)
  • L'École gratuite de dessin, orientée vers les arts appliqués, devenue l'actuelle école nationale supérieure des arts décoratifs (1766). La grande majorité des écoles d'art territoriales actuelles sont d'anciennes « écoles gratuites de dessin ». Le but de ces écoles était de donner le goût du beau aux artisans, de leur apprendre la précision, la géométrie, et le refus de l'ornement et du pittoresque.
  • Les ateliers privés d'artistes. En effet, jusqu'au début du XX siècle, les artistes un peu renommés (Prix de Rome...) tiraient un revenu non-négligeable de l'enseignement qu'ils dispensaient dans leur propre atelier. Les modalités de cet enseignement varient beaucoup selon les époques. Les étudiants payaient souvent pour chaque séance d'atelier et non à l'année. Parfois ils avaient la charge d'amener le charbon pour le poële de l'atelier. C'est souvent un étudiant, appelé le massier, qui se chargeait de la collecte de l'argent. Dans certains cas, les étudiants étaient des apprentis, c'est-à-dire qu'ils profitaient de l'enseignement de l'artiste en lui servant d'assistants, parfois seulement rémunérés sous forme d'hébergement et de nourriture.

Enseignement supérieur

Écoles dépendant du ministère de la culture

(Listes actualisées des écoles supérieures d'art)

Les écoles nationales

Les écoles territoriales

Ces écoles sont habilitées à préparer les diplômes nationaux délivrés par le ministère de la culture et de la communication. L'habilitation est donnée lorsque le projet pédagogique, l'encadrement pédagogique, les locaux et les moyens fournis atteignent un niveau d'exigence satisfaisant.
Les diplômes préparés sont le diplôme national d'Arts plastiques (DNAP) en 3 ans, le diplôme national d'Arts et Techniques (DNAT) en 3 ans et le Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique (DNSEP) en 2 ans.

Écoles dépendant du ministère de l'éducation

L'enseignement universitaire

Les départements d'arts plastiques et d'arts visuels se distinguent des écoles d'art par leurs pédagogies, dont l'efficacité repose essentiellement sur l'investissement personnel de l'étudiant. Dans l'ensemble, les travaux pratiques ne sont pas le fort des facs d'arts dont les budgets de fonctionnement et la durée des cours sont incompatibles avec une philosophie d'atelier. En revanche, les étudiants disposent d'une grande autonomie et d'un large accès à la recherche académique. Il semble que les étudiants qui tirent le meilleur parti d'un tel cursus sont, comme toujours, ceux qui ont déjà suivi une formation (parfois artistique) ou qui comptent intégrer une autre école après.

La réforme LMD, entrée en application récemment, a notamment favorisée les échanges dans l'enseignement supérieur (universitaire ou non), donc entre les (en) écoles d'art d'Europe ou dans le monde.

Il faut noter que toutes les facultés d'arts plastiques ne permettent pas de pousser les études au-delà de la licence ou du master.

Les écoles nationales

L'enseignement des arts appliqués

Enseignements public

Les écoles d'arts appliqués sont des écoles post-bac dont certaines proposent aussi un bac option arts appliqués. Elles peuvent être parfois intégrées à un lycée technique. Les écoles d'Arts appliqués délivrent différents diplômes (bac +2 à Bac +5) : Diplôme des métiers d'Arts (DMA), Brevet de technicien supérieur (BTS), Diplôme supérieur d'Arts Appliqués (DSAA), Diplôme d'Enseignement Supérieur des Arts et Techniques (DESAT), licence professionnelle (en partenariat avec un IUT ou une université).

(Les BTS d'arts appliqués)

Cas particuliers

Ces écoles sous régime associatif peuvent, grâce à leur financement provenant des fonds publics européens et régionaux, proposer des frais d'inscription très peu élevés.

Enseignements privé

Écoles consulaires

Les écoles consulaires dépendent des chambres de commerce et d'industrie.

Formations continues et cours du soir

Écoles municipales

(en vrac)

Préparations aux écoles d'art

(Voir, par exemple, letudiant.fr).

Prépa publique

Prépa privée

Baccalauréats artistiques et diplômes professionnels

En France, les écoles d'art sont majoritairement accessibles aux titulaires du baccalauréat ou équivalent, sans restrictions. Elles recrutent leurs candidats principalement sur leur motivation, leur expérience pratique et leur culture artistique lors d'un entretien, après une sélection par concours ou sur dossier (sauf à l'université). Certains entretiens ont comme point de départ le portfolio présentant des travaux de l'étudiant. On notera qu'une partie des candidats préparent les concours d'entrée lors d'une année supplémentaire après le bac dans une classe prépa art publique ou privée (voir plus haut).

Les élèves des enseignements d'exploration (ex-EDD) « Création et activités artistiques » (ou de l'« enseignement facultatif d'arts ») puis des « enseignements obligatoires » leurs succédant au sein du baccalauréat général, des spécialités du baccalauréat sciences et technologies industrielles (STI) « Design & arts appliqués » et du baccalauréat professionnel « artisanat et métiers d'arts » sont ainsi favorisés, suivant les écoles, par leur cursus mixte.

Tout en aillant des objectifs et des débouchés différents, les diplômes professionnels en arts graphiques comme le brevet de technicien (BT), le brevet des métiers d'art (BMA) ou l'option histoire des arts de la filière littéraire, peuvent aussi être une voie d'accès aux écoles, mais plus aléatoire selon les modes de recrutement : contenu du concours ou profil d'élève recherché par celle-ci.

Enfin, d'autres élèves s'orientent vers des écoles (en) européennes en fonction de leur programme de formation, des critères de sélection ou des droits d'inscription.

Enseignements des arts plastiques, des arts appliqués ou de la communication graphique au lycée

Option de détermination arts plastiques (463 établissements en 2008, selon l'onisep)

Bac STI option arts appliqués :

Bac pro artisanat et métiers d'arts, option communication graphique (cf. culture.fr)

Les diplômes des filières professionnelles et technologiques, hors option arts appliqués ou communication graphique

(cf. onisep.fr)

Diplômes de niveau IV

Autres formations en arts de niveau IV

Diplômes de niveau V

Bibliographie

Bibliographie indicative sur les questions liés à l'enseignement de l'art

La référence dans ce domaine reste :

  • Nikolaus Pevsner, Les académies d'art, Paris, 1999 [trad. de la 1 éd. anglaise de 1940] .

Critiqué excessivement pour être centré sur les enjeux qui ont abouti au Bauhaus, et à sa philosophie, ce bilan n'est toujours pas remplacé.

À compléter avec :

  • Jean-Michel Lucas, Repenser la place de l’art et de la création dans la société et auprès de la population [Séminaire aux Halles de Schaerbeek], Bruxelles, 2008 (en ligne).
  • Alain Kerlan, L'art pour éduquer. La dimension esthétique dans le projet de formation postmoderne, dans Éducation et Sociétés, 19, Paris, Louvain-la-Neuve, 2007, p. 83-97 (résumé).

Voir aussi ses interventions dans le Symposium de recherche sur l'évaluation des effets de l'éducation artistique et culturelle, Paris, janvier 2007.

  • Prunelle Charvet, Références bibliographiques, dans Dossier : L'éducation artistique, sous la dir. de V. Maestracci, Sèvres, 2006 (Revue internationale d'éducation Sèvres, 42) (bibliogr. en ligne).
  • Évaluation de l'éducation artistique et culturelle, Lyon, février 2006 (VST. Les Dossiers d'actualité, 15) (en ligne).
  • Sur l’art et les moyens de son expérience. Pourquoi, comment rendre contemporain l’art ? Éléments de réflexions sur les outils de transmission, entretiens réunis par Christophe Domino, Paris, 2005 (en ligne).
  • Fred Forest, Repenser l'art et son enseignement : les écoles de vie, Paris, 2002 (en ligne).
  • Pierre Bourdieu, Questions sur l'art pour et avec les élèves d'une école d'art mise en question, dans Penser l'art a l'école, dir. par I. Champey, Arles, 2001, p. 13-54 .
  • Philippe Pujas, Jean Ungaro et Karelle Ménine, Une éducation artistique pour tous ?, Ramonville Saint-Agne, 1999 .
  • Annie Verger, Enseignement de l'art, dans Encyclopædia Universalis, Paris, env. 1998 [consulté dans l'éd. 2004].
  • Lazare Paupert, Les arts dans l'éducation classique, dans L'enfant vers l'art, dir. par D. Beaulieu, Paris, 1993, p. 207-216 (Série mutations, 139) .
  • Yves Michaud, Enseigner l'art ? : analyses et réflexions sur les écoles d'art, Nîmes, 1993 ; nouv. éd. 1999 .

Sur le statut de l'artiste

  • Nathalie Heinich, Être artiste : les transformations du statut des peintres et des sculpteurs, Paris, 1996 ; repr. 2005 (50 questions) .

Ouvrage pratique et synthétique, dont les questions ne concernent pas les seuls peintres et sculpteurs. Voir aussi les nombreuses publications de N. Heinich sur les conditions des artistes et de l'art dans notre société.

  • Véronique Chambaud, Guide juridique et fiscal de l'artiste, 4e éd., Dunod, 2010 .