L'église Santa Maria Assunta, plus connue des Vénitiens sous le nom de Chiesa dei Gesuiti (parce que construite par les Jésuites) se trouve à Venise dans le sestiere de Cannaregio, non loin du quai des Fondamente Nove.
Église Santa Maria Assunta
Histoire
Saint Ignace à Venise
Saint Ignace de Loyola
Saint Ignace de Loyola passe une première fois à Venise en 1523: il est pèlerin et s'y embarque pour Jérusalem. En 1534, il y est ordonné prêtre, puis retourne à Paris finir ses études .Il y revient en 1535.
Ceux qui, étudiants à Paris, ont formé avec lui un groupe d'amis dans le Seigneur l'y rejoignent. Ensemble ils désirent partir pour Jérusalem. A Venise, ils se font appeler compagnons de Jésus. Cependant, la guerre entre les Turcs et les Vénitiens empêche tout départ de navire vers la Terre Sainte.
Après une année d'attente passée à servir dans les hôpitaux et à prêcher la bonne parole dans la lagune, les compagnons se rendent à Rome pour offrir leurs services au pape en 1537.
Après Saint Ignace
Paul V Borghèse
En raison de l'opposition entre le Pape Paul V Borghèse et la Sérénissime, l'interdit fut jeté sur la ville, empêchant tout acte religieux à Venise, ce qui provoqua l'expulsion de Jésuites en 1606 et l'interdiction faite aux Vénitiens d'envoyer leurs enfants dans leurs écoles. Les Jésuites ne revinrent qu'en 1657.
Venise leur vendit pour cinquante mille ducats un ancien oratoire de l'ordre supprimé des Crociferi (Porte-Croix), reçu du Pape Alexandre VII, pour remercier la ville de la longue guerre menée contre les Turcs. Le complexe se composait d'une église, d'un hôpital et d'un monastère.
Mais l'église des Porte-Croix n'était pas assez grande pour les Jésuites et en 1715 ils la détruisirent pour construire leur propre bâtiment. L'église, qui prendra le nom de Santa Maria Assunta (Sainte Marie de l'Assomption) en honneur de la Vierge Marie, fut financée par la famille Manin, d'origine friouline et patricienne depuis 1657. L'église fut consacrée en 1728.
L'édifice
La façade
La façade
Vue latérale
Les Jésuites jugèrent que Domenico Rossi, auteur de l'église de San Stae, était l'architecteidéal pour réaliser ce dont ils avaient besoin. D'un point de vue technique, les schémas rigides imposés par le Concile de Trente ne rendirent pas la chose facile.
La façade est divisée en deux ordres (voir image plus haut) : l'ordre inférieur s'appuie sur huit colonnes sur lesquels repose l'architrave mouvante et brisée du second ordre. Les colonnes soutiennent huit statues, qui avec les quatre statues situées dans les niches de chaque côté du porche, représentent les douze apôtres. Les statues placées dans les niches représentent Saint Jacques le Majeur, Saint Pierre, Saint Paul et Saint Matthieu l'Évangeliste.
Le tout est surmonté de l'œuvre de Giuseppe Torretti, l'Assomption de la Vierge Marie, placée sur le tympan. A été perdue récemment l'œuvre de Francesco Bonazza figurant un drap de marbre vert et blanc, placé devant la fenêtre centrale.
L'intérieur
La nef
La chaire
Le plan de l'église est typique des églises jésuites, en croix latine, avec trois chapelles dans la nef, un transept et un choeur à fond plat flanquésde deux autres chapelles.
Les six chapelles de la nef communiquent par des petits passages autrefois réservés aux confessions. Entre la seconde et la troisième chapelle, on trouve la très belle chaire de Francesco Bonazza, et le long de tout le couloir les corretti, grilles derrière lesquelles se tenaient les hôtes du monastère.
La nef se rétrécit devant l'autel, dédié à la Très Sainte Trinité, grâce à la présence de quatre pilastres qui soutiennent la voute à la croisée.
De 1725 à 1731, l'église fut décorée de marbre de deux couleurs, le vert et le blanc, donnant l'impression d'étoffes précieuses tendues sur les parois et le sol. Les voutes sont décorées de fresques de Louis Dorigny, dans le choeur Les Anges musiciens en gloire, datant de 1720, à la croisée Le triomphe du nom de Jésus, de 1732 , et de Francesco Fontebasso Abraham adorant les trois anges et la Vision de Saint Jean l'Évangéliste au plafond de la nef, de 1734.
Le choeur est décoré de statues de chérubins, d'angelots, d'anges et d'archanges de Giuseppe Torretti. L'autel est de Giuseppe Pozzo, surmonté d'une coupole blanche et verte portée par dix colonnes.
Une toile de Canaletto
Un archange du choeur
Œuvres
Le Martyre de Saint Laurent, de Titien, 1557
Madone à l'Enfant, d'Andrea dall'Acquila, 1604
L'Assomption de Marie, du Tintoret, 1555
Le Monument funèbre du Doge Pasquale Cicogna, de Gerolamo Campagna
Le Saint-Esprit et Marie, d'Antonio Balestra, 1704
Sainte Barbara, de Giovanni Maria Morlaiter
Le Monument funèbre de la Famille De Lezze, de Jacopo Sansovino, deuxième moitié du XVIe siècle.
La sacristie accueille vingt tableaux de Jacopo Palma le Jeune. Parmi ceux-ci, le Martyr de Saint Jean-Baptiste entre Saint Lanfranc et Saint Libère de 1610.
Le Campanile
Le campanile est presque entièrement celui qui fut érigé pour l'église des Crociferi, l'unique ajout du XVIIIe siècle étant la salle des cloches.