Celui-ci consiste à choisir des reproducteurs dont les produits sont destinés à la consommation ou l'utilisation, mais qui ne seront a priori pas conservés eux-mêmes comme reproducteurs. Le croisement de plusieurs races d'une espèce, voire d'espèces différentes a souvent un intérêt pour la production. Les animaux produits présentent ont en général un avantage appelé vigueur hybride ou hétérosis, c’est-à-dire des performances sensiblement meilleures que celles de la moyenne de leurs géniteurs sur de nombreux caractères. Dans la mesure ou les lignées ou races parentales sont homogènes, leurs produits le sont également. Enfin cette pratique permet de combiner économie d'élevage, adaptation à un milieu d'élevage et bonnes croissance ou performances générales des produits ; cela lorsqu’on fait produire des mères de race rustiques (moutons, poneys) en croisement avec des races "améliorées", ou du seul fait que la lignée maternelle est de plus petite taille ou moins corpulente que la lignée paternelle : le poids et la croissance des produits seront donc supérieurs à celle des jeunes de la lignée maternelle de race pure.
Les croisements faisant intervenir plusieurs espèces sont le mulet, produit de la jument et de l'âne, le canard mulard, produit du canard de barbarie et du canard domestique, ainsi que le croisement chameau de Bactriane et dromadaire.
La poule et le porc font l'objet de programmes de croisement fondés sur ce principe, qui peuvent faire intervenir 3 ou 4 lignées différentes, c'est-à-dire les lignées au niveau des grands-parents des produits finaux, afin d'obtenir cet effet et cette économie non seulement au niveau de ceux-ci, mais aussi des femelles reproductrices. De telles pratiques impliquent bien sur de distinguer clairement les lignées parentes, (sur lesquelles portent éventuellement les efforts d'amélioration par sélection), et les produits de ces croisements.
Historiquement, la distinction n'était pas nette entre le croisement de production et le croisement d'amélioration, voire d'absorption. Dans le cas de races rustiques, on pratiquait le croisement avec des races améliorées, qui apportait les avantages cités. C'est cependant une forme de sélection naturelle ou la résistance des éleveurs face à des institutions convaincues de l'intérêt des races améliorées qui avaient pour effet la conservation d'une race locale originelle, et la poursuite d'un croisement de production de fait tandis que le projet était de transformer cette race locale ou de lui substituer une nouvelle.
Actuellement, les pays et organisations qui souhaitent conserver leur réservoir génétique conservent une population en race pure. Les individus issus de cet élevage sont ensuite croisés avec des races plus performantes pour conjuguer la productivité et les capacités d'adaptations à un environnement difficile.
Les croisements de production sont d'un usage risqué si le maintien des races ou lignées parentes est mal assuré, et que les produits de ces croisements peuvent à terme se substituer à eux. Il est intéressant s'il est simple et peu coûteux de se reprocurer des sujets des lignées utilisées et est particulièrement employé pour les volailles et les porcs. La valeur moyenne des femelles est importante dans la valeur d'un outil de production. Ensuite, la combinaison de femelles performantes et/ou bien adaptées à un système d'élevage et à un milieu (montagneux, aride, froid…) et l'apport de reproducteurs mâles de lignées « industrielles » fait l'intérêt du croisement de production.
Un exemple éclairant : la capacité laitière d'une femelle dépend de l'harmonie, au regard de ces caractères, des patrimoines génétiques du mâle et de la femelle, car elle dépend du taux hormonal produit par le placenta (émanation de l’œuf) pendant la gestation. S'il peut paraitre un succès d'obtenir des nouveau-nés de belle conformation, il est très important aussi que la mère puisse leur apporter la quantité de lait souhaitable à leur croissance optimale.