Empress of Ireland

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Introduction

Empress of Ireland
Empress of Ireland.jpg
TypePaquebot transatlantique de la classe Empress
Histoire
Quille poséejuin 1905
Lancement26 janvier 1906
Mise en service29 juin 1906
StatutNaufrage le 29 mai 1914
Caractéristiques techniques
Longueur168 m (550 pieds)
Maître-bau20 m (65.5 pieds)
Déplacement26 715 t
Port en lourd14 191 t
Propulsion2 moteurs à vapeur à quadruple expansion et 2 hélices
Vitesse20 nœuds (37 km/h)
Pontsil en comptait 7
Autres caractéristiques
Passagers1 580
Chantier navalFairfield Shipbuilding and Engineering, Glasgow, Écosse
ArmateurCanadian Pacific Steamship Company
CoûtPremière classe de 120 à 150$, seconde classe de 45 à 60$ et troisième classe de 15 à 25$

L'Empress of Ireland était un paquebot transatlantique de la Canadian Pacific Steamship Company lancé le 26 janvier 1906 et qui assurait la liaison régulière entre Québec et Liverpool en Angleterre. Son naufrage dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, le 29 mai 1914, fit 1 012 victimes parmi les 1 477 personnes embarquées.

Histoire

Le naufrage de l’Empress of Ireland est la plus grande catastrophe maritime à survenir au Canada et fait partie des grandes catastrophes maritimes du début du XX siècle avec le Titanic en premier lieu et le Lusitania en deuxième. En terme de naufrage en temps de paix seulement, l'accident de l'Empress of Ireland est la neuvième plus importante tragédie maritime depuis 1865, l'incendie du traversier philipin Doña Paz en 1987 étant à ce jour la pire tragédie maritime avec plus de 4 314 victimes (le pire naufrage incluant les actes de guerre est attribué au navire de croisière allemand Wilhelm Gustloff torpillé juste avant la fin de la Seconde Guerre mondiale avec plus de 9 400 victimes présumées).

Le navire

En 1904, afin de marquer son entrée sur l'Atlantique, la Canadian Pacific Steamship commande deux paquebots jumeaux à la Fairfield Shipbuilding and Engineering Company de Govan, un quartier de Glasgow, situé sur les rives de la Clyde, en Écosse. Francis Elgar en est l'architecte.

Les Empress font 168 mètres (550 pieds) de long par 20 mètres (65,5 pieds) de large. Ils comptent sept ponts dont le plus élevé est à 14 mètres (45 pieds) au-dessus de la ligne de flottaison. Ils sont équipés de deux hélices en bronze de 25 tonnes mues par deux moteurs à quadruple expansion qui les propulsent à 20 nœuds (37 km/h) en haute mer. Le 11 novembre 1905, l’Empress of Britain est lancé, suivi le 27 janvier 1906 par l’Empress of Ireland.

Les deux navires font leurs voyages inauguraux à l'été 1906 à un peu plus d'un mois d'intervalle. Dès les premiers voyages, ils établissent des records de vitesse et deviennent rapidement très populaires auprès du public. L’Empress of Ireland et l’Empress of Britain sont alors les navires les plus grands, les plus confortables et les plus rapides de la flotte canadienne effectuant la liaison entre l'Europe et le Canada.

Leur décor est spacieux et somptueux est composé de riches boiseries, de foyers, de plantes et de fleurs. La première classe profite d'une salle de musique et d'écriture, d'un café, d'une superbe salle à manger et d'une bibliothèque.

L’Empress of Ireland assurait la liaison régulière entre la ville de Québec et Liverpool. Il acquiert le titre de « RMS » (Royal Mail Ship) au cours de son voyage inaugural accompli en partance de Liverpool, en juin 1906.

Le naufrage

Henry Kendall, capitaine de l'Empress of Ireland

Le 29 mai 1914, vers 1 h 55 du matin, alors qu'il quitte le Québec et se dirige vers Liverpool en Grande-Bretagne, c'est alors son cent quatre vingt douzième voyage, l’Empress of Ireland est abordé accidentellement sur son côté tribord, entre les deux cheminées, par le Storstad, un charbonnier norvégien, au large de Pointe-au-Père, près de Rimouski. Parce qu'il a engagé la marche arrière avant l'abordage et que l'Empress of Ireland avance toujours, le Storstad n'arrive pas à rester dans la brèche et l'eau s'engouffre rapidement dans le paquebot. Le navire coule en seulement 14 minutes.

La rapidité de ce naufrage, l'impossibilité d'utiliser la majorité des embarcations de sauvetage (le bateau se couche sur son côté tribord dont seulement un canot de sauvetage a pu être utilisé) et la température de l'eau du fleuve Saint-Laurent (0 à 4 °C tout au long de l'année), font que seulement 465 des 1 477 personnes du bord (dont 248 membres d'équipage) survivront. Sur les 1 012 morts, il y a 840 passagers, soit 68,5 % des gens à bord. Seuls 4 enfants ont survécu.

Les causes techniques

L'Empress of Ireland

Les ingénieurs avaient, à l'époque de la construction de l’Empress, prévu onze compartiments étanches pour laisser le temps aux passagers d'évacuer le navire en cas de naufrage. Mais le Storstad bloqua la fermeture des autres compartiments, causant donc le remplissage de tous les compartiments et la perte du navire.

Une récente enquête semble indiquer que le capitaine du Storstad fut induit en erreur par une manœuvre de l’Empress of Ireland juste avant que celui-ci ne disparaisse dans la brume. Il a alors changé de cap pour éviter la collision mais l’Empress of Ireland a par la suite repris son cap originel, se plaçant ainsi sur le trajet du Storstad.

Les conséquences

Le naufrage de l’Empress of Ireland fut, à l'époque, la seconde plus grande tragédie maritime, après celle du Titanic. En proportion ce naufrage a fait moins de victimes que celui du Titanic (1 513 morts sur 2 208 passagers) ou du Lusitania (1 198 morts sur 1 257 passagers) Cependant, le nombre de passagers décédés est supérieur à celui du Titanic.

Le 16 juin 1914, une commission royale d'enquête fut instituée à Québec, présidée par John Charles Bigham (Lord Mersey), le même magistrat qui avait dirigé les travaux de la commission d'enquête britannique sur le naufrage du Titanic. La commission devait déterminer à quel navire revenait la responsabilité du naufrage et les raisons pour lesquelles l'Empress of Ireland coula si rapidement. Des semaines de témoignages et des milliers de questions ne parvinrent pas à démontrer de façon claire et nette la responsabilité du drame, mais le commandant du Storstad, Alfred Toftenes, fut blamé parce qu'il avait tardé à appeler son capitaine par temps de brume. Cependant, une enquête menée par les Norvégiens libéra le Storstad de toute responsabilité, blâmant plutôt le capitaine Henry Kendall, de l’Empress of Ireland, pour violation des règles de navigation en ne croisant pas l'autre navire bâbord / bâbord. La Canadian Pacific Steamship Company intenta un procès en dommage qu'elle remporta, le montant des réparations que devait payer le propriétaire du Storstad, A. F. Klaveness, étant fixé à 2 000 000 $. Incapable de payer, celui-ci fut forcé de vendre le navire pour 175 000 $.

Le type de bâtiment, son naufrage, l'époque où il survint, et le nombre élevé de victimes, rendent la comparaison de ce dernier, face à son cousin le Titanic, presque inévitable. Or, afin de rappeler l'énorme contraste séparant la façon dont chacun disparut, il a été dit que, si le Titanic coula comme « un bébé qui allait s'endormir », l’Empress of Ireland, lui, coula comme « un pourceau se roulant dans la fange ».

L'épave

Carte marine montrant l'emplacement de l'épave de l’Empress of Ireland.

Tentative de récupération du navire

Dans les jours qui suivent la catastrphe, des canots retournent sur le fleuve et ramènent les corps de naufragés. L'épave est très facile à repérer, une nappe d'huile est visible à la surface de l'eau et une bouée est installée pour indiquer la position du navire.

Le Canadien Pacifique envoie une vingtaine de scaphandriers sur le site du naufrage pour examiner la possibilité de renflouer le navire. Finalement les deux options examinées, soit celle d'insuffler de l'air comprimée dans le navire ou celle plus plausible consistant à introduire des réservoirs étanches dans les cales du navire s'avèrent impraticables. Le Canadien Pacifique se résout alors à percer la coque du navire au moyen d'explosifs afin de récupérer les sacs de courrier et deux cent lingots d'argent dont la valeur est estimée à 1 099 000 $ à l'époque. Les scaphandriers cessent leurs plongées en septembre 1914.

Le naufrage est rapidement écarté de l'actualité, éclipsé par le déclenchement de la Première Guerre mondiale au cours de l'été 1914.

L'épave est retrouvée

L'épave de l’Empress of Ireland gît à 42 mètres (140 pieds) de profondeur, inclinée sur son flan tribord, à 7 Kilomètres au large de Sainte-Luce (Québec) près de Rimouski. Les coordonnées géographiques approximatives de l'épave sont 48°37′30″N 68°24′30″O / 48.625, -68.40833. À l'occasion du cinquantième anniversaire du naufrage, un article paru dans le magazine Perspectives de la Presse attire l'attention d'un groupe de plongeurs québécois. Ceux-ci se dirige vers Rimouski dans le but de retrouver l'Empress of Ireland et après quelques jours de recherches infructueuses, l'épave est finalement localisée le 17 juillet 1964.

Compte tenu de la relative facilité d'accès à l'épave, un grand nombre de plongée s'effectue sur cette dernière après sa redécouverte en 1964. Dans les trentes années qui suivirent, des milliers d'artéfacts sont prélevés du navire de façon incontrolée, faisant naître un sentiment d'inquiétude dans la population quant à la préservation de ce bien culturel.

Deux lois pour protéger l'épave

Vers la fin des années 1990, la menace d'une exploitation commerciale qui aurait eu comme répercussion de détruire une partie de l’épave rend ce danger encore plus réel. Une coalition régionale visant la sauvegarde de l'Empress of Ireland demande alors au ministère de la Culture et des Communications du Québec, le classement et la protection du site.

Le ministère répond aux attentes de la population et l'épave de l'Empress of Ireland est classée bien historique et archéologique le 15 avril 1999. C'est le premier bien culturel subaquatique du Québec à recevoir un tel statut de protection. Une loi fédérale s'applique aussi pour assurer la protection et la sauvegardede de l'épave, la Loi sur la marine marchande du Canada (partie VI, article 436). Cette loi stipule que « quiconque prend possession d'une épave dans les limites du Canada, y compris les eaux canadiennes, doit la remettre au receveur d'épaves le plus tôt possible... ».

Règles de plongée sur l'épave

Une bouée d'information a été installée par la Garde côtière canadienne au-dessus de l'épave, afin d'indiquer qu'il s'agit d'un bien historique protégée. Des plongeurs expérimentés peuvent encore s'y rendre, mais ils doivent maintenant respecter des conditions d'accès très strictes. En premier lieu, ils doivent s'inscrire auprès de la Société des récifs artificiels de l'Estuaire du Québec (RAEQ) avant de se rendre sur l'épave. L'utilisation de l'une des trois bouées d'amarrage privées installées sur le site de l'épave est obligatoire, celles-ci sont retirées en octobre».

Évidemment, tout prélèvement et déplacement d'objet, ainsi que toute action pouvant altérer l'épave sont interdits depuis le classement de l'épave à titre de « bien culturel du Québec ».

Le souvenir de L'Empress of Ireland

Mémorial de l'Empress of Ireland à Rimouski, Qc.

Le souvenir du naufrage de l'Empress of Ireland est bien présent aujourd'hui. Un mémorial construit par la Canadian Pacific Railway Company près de Rimouski est dédié à la mémoire de quatre-vingt-huit passagers dont les corps furent repêchés dans les jours qui ont suivis le naufrage. En 1980, le pavillon Empress of Ireland est inauguré sur le Site historique maritime de la Pointe-au-Père, un musée situé à Pointe-au-Père. On y présente la collection d'artéfacts appartenant au musée et prélevés de l’épave du navire avant 1999, ainsi qu'un film, S.O.S Empress of Ireland, qui raconte les derniers moments du transatlantique dans la nuit du naufrage.

De plus, le Musée canadien des civilisations désire présenter une exposition de grande envergure en 2014 pour commémorer le centenaire du naufrage de l'Empress of Ireland. Le projet semble cependant se buter à un désaccord concernant l'acquisition par le musée de la plus importante collection privée d'objets liés à l’Empress of Ireland, appartenant à un collectionneur ayant effectué plus de 600 descentes en plongée sur l'épave du navire.