La gare de Liège-Guillemins est la principale gare de la ville de Liège en Belgique.
Située au pied de la colline de Cointe, précisément à l'emplacement de l'ancien couvent des Guillemites en référence aux religieux de l’ordre de Saint-Guillaume. Le quartier porte ce nom usuellement, puis celui de Quartier des Guillemins. Le nom de la gare de Liège-Guillemins est aujourd'hui la seule trace de ce passé.
La gare de Liège-Guillemins est un carrefour important du réseau ferroviaire belge. Il s'agit de la deuxième gare de la Région wallonne en nombre de voyageurs, qui accueille environ 36.000 voyageurs chaque jour. Elle est également gare TGV internationale, en accueillant l'ICE allemand et le Thalys.
C'est un carrefour multimodal majeur de la ville principautaire qui met en relation train à grande vitesse, train IC, bus, liaison avec l'autoroute, taxi, navette vers l'aéroport et bientôt ligne de tram.
Une nouvelle gare, œuvre de l'architecte espagnol Santiago Calatrava Valls, a été inaugurée le 18 septembre 2009 après une dizaine d'années de travaux.
Histoire
Vue du quartier avec la gare en 1845
La gare des Guillemins « Belle Époque » en 1905
Arrivée du train à Liège
Le 2 avril 1838, trois ans à peine après la première ligne ferroviaire de service public d'Europe continentale, une ligne relie Bruxelles à Ans, baptisée alors "Liège-Supérieur", sur les hauteurs de Liège. Étant donné la déclivité de la côte d'Ans, la liaison vers la vallée ne peut être réalisée que par un imposant ouvrage d'ingénierie : le Plan incliné de la côte d'Ans.
Avec l'arrivée du chemin de fer, Liège a besoin d'une station intérieure. En 1842, une construction en bois s'élève sur le site de l'ancien couvent des Guillemites dont elle prend le nom, « Guillemins ». L'ouverture de cette gare est concomitante avec la mise en service du plan incliné de la côte d'Ans, en mai 1842.
En 1843, la première liaison ferroviaire internationale voit le jour, qui relie Liège à Aix-la-Chapelle et Cologne.
Le caractère provisoire de la première gare, construite en bois, est liée à l'espoir des autorités liégeoises qui espéraient obtenir une gare près de la place Saint-Lambert. Pour les dirigeants de l'époque, le palais des Princes-Évêques devait être la station la plus importante de Liège. Mais, vu les difficultés techniques, la SNCB privilégia toujours le site des Guillemins. Durant quelques années, elle fut d'ailleurs baptisée "Liège-Extérieur" par les Liégeois.
La gare "belle époque" de 1864
L'État, n'épousant pas ce point de vue, fait construire une nouvelle station en 1863. Sa structure massive et sa grande verrière en éventail de style français éclairant la salle des pas perdus en faisaient sa fierté. L'architecte Lambeau s’inspire notamment des bâtiments des gares de Paris-Est et Paris-Nord. Les guichets, le buffet de la gare et de petits commerces égayent l'intérieur. Lambeau est aussi l'architecte des gares de Charleroi-Sud et de Namur, qui existent encore aujourd’hui.
La gare des Guillemins est améliorée et transformée en 1881 et 1882, notamment par l'ajout d'ailes droite et gauche et surtout en 1905, à l'occasion de l'exposition universelle de Liège où le nombre de voies fut augmenté et les passages souterrains ouverts.
La gare « moderne » de 1958
La gare dans les années 70
La gare est reconstruite en 1958, suite à l'électrification des lignes, par le complexe dit « moderne ». Les trois architectes, Charles Carlier, Hyacynthe Lhoest et Jules Mozin, inspirés de la gare de Rome Stazione Termini, proposent un style qui correspond aux goûts de l'époque. Cette gare est le résultat de la volonté de l'État belge de donner une belle image de lui-même pour l'Exposition universelle de 1958. En 1960, la gare fut fortement endommagée par l'explosion d'une bombe lors de la grève générale de l'hiver 1960-1961. Démontés progressivement au fur et à mesure des besoins de la construction de la nouvelle infrastructure, ces bâtiments ferroviaires ont été utilisés jusqu'au 4 juin 2007, date du début de la dernière phase de démolition de l'ancienne gare. La démolition de ces bâtiments était nécessaire pour achever la construction de la nouvelle infrastructure. Le seul vestige de cette infrastructure est le couloir souterrain central qui devrait être transformé en parking pour vélos.
Elle fait alors place à une gare provisoire en préfabriqué pendant deux ans et trois mois.
La gare TGV
À la fin du XXe siècle, le développement des chemins de fer, notamment au niveau des trains à grande vitesse, requiert une infrastructure particulière et de gros investissements tant au niveau des lignes que des gares.
Il a été décidé que Liège serait une étape importante du TGV entre Bruxelles et Cologne. Deux nouvelles lignes à grande vitesse sont construites : entre Louvain et Liège (LGV 2) et entre Liège et la frontière allemande (LGV 3). Il ne reste plus qu'à fournir aux voyageurs un accueil adapté dans une gare moderne.
Vue panoramique
Pourquoi une nouvelle gare ?
Dessiné à l'aube du chemin de fer, le tracé des voies et des quais de la gare des Guillemins devaient être revu en profondeur pour assurer une continuité avec les nouvelles lignes à grande vitesse (vers Bruxelles et vers Aix-la-Chapelle) en cours de construction. On saisit cette occasion pour reconstruire complètement la gare (infrastructure ferroviaire, bâtiments voyageurs, parkings, accès routier et autoroutier, bâtiments administratifs).
L'ancienne infrastructure n'était plus adaptée pour accueillir les TGV ou les trains nationaux, ainsi que leurs passagers, dans des conditions de confort moderne.
L'ancienne gare comportait de nombreux points négatifs qui ont mené au choix d'une infrastructure totalement nouvelle plutôt qu'une réhabilitation et qu'une modernisation de la gare existante. Parmi ceux-ci, on peut citer :
les quais les plus utilisés se trouvent à l'opposé de l'entrée de la gare;
des voies qui en cisaillent d'autres, limitant l'arrivée et le départ des trains à une très faible vitesse;
des voies en cul-de-sac devenues inutiles au cours du temps;
un manque de confort et d'espace dans le bâtiment qui accueille les voyageurs;
une architecture verre-béton typique des années 1950-1960, qui s'est dégradée avec le temps (vitres noircies, bureaux désertés...);
présence d'amiante.
Nouvelle infrastructure
La nouvelle gare en travaux, en janvier 2006
Après un concours international d'architecture où 12 candidats s'affrontent, la réalisation du projet a été confiée en 1996 au célèbre architecte espagnol Santiago Calatrava Valls. Il a été choisi très certainement pour sa renommée mondiale en tant qu'architecte, mais aussi pour son expérience dans la réalisation de trois autres gares en Europe : la gare de Stadelhofen à Zurich, la gare de Lyon-Saint-Exupéry TGV (ex-Lyon-Satolas) et la gare d'Orient à Lisbonne, construite à l'occasion de l'Exposition universelle de 1998. En juin 1997, il présente son projet.
Le volume de la voûte d'arcs fait de la gare de Liège l'une des plus spectaculaires d'Europe. Calatrava a traité avec soin l'éclairage naturel de ces espaces élancés, qui donnent une impression de cathédrale.
Projet de très grande envergure, la construction de cette nouvelle gare est accompagnée d'une refonte partielle du quartier des Guillemins, notamment avec une nouvelle place triangulaire devant la gare.
Une aire de stationnement est également construite derrière la gare avec accès direct via le pont de l'Observatoire à l'autoroute A602 (liaison E25-E40). Il s'agit de la seule gare avec accès autoroutier direct en Europe.
L'inauguration de la nouvelle gare a eu lieu le 18 septembre 2009 par le prince Philippe.
Maquette de la gare avec pièce d'eau devant
Maquette de la gare
La gare est accessible directement depuis la place des Guillemins et son hall d'attente est d'inspiration "cathédralesque", tout en courbes et perspectives.
Escalators d'accès aux plateformes
Escaliers d'accès aux plateformes
Escaliers d'accès
Ses infrastructures hyper modernes ainsi que son emplacement au pied de la colline de Cointe en font une porte d'accès privilégiée à cette ville de Liège en plein essor.
Vue de l'intérieur
Vue de l'intérieur
Vue de l'intérieur
Colline de Cointe
Vue de côté
Les escalators
Les quais
Configuration
La nouvelle gare comporte 9 voies rectilignes. Les voies 1 et 2 sont réservées aux trains vers l'Allemagne; les voies 3 et 4 à ceux vers Bruxelles. Contrairement à l'ancienne gare, les voies qui desservent la ligne Bruxelles-Cologne (50 % des voyageurs) sont côté ville, et donc plus faciles d'accès.
On compte 5 quais de 8 mètres de large. Trois quais d'une longueur de 450 mètres sont spécialement aménagés dans le but d'accueillir les doubles rames des trains Thalys ; les deux autres quais ont quant à eux une longueur de 350 mètres. Les quais sont recouverts de pierre bleue.
Pour les véhicules, l'entrée principale de la gare ne se trouve plus place des Guillemins, comme c'était le cas pour l'ancienne gare, mais bien avenue de l'Observatoire d'où elle est accessible via le pont de l'Observatoire, un pont dessiné, lui aussi, par Santiago Calatrava.
Vue depuis l'avenue de l'Observatoire
Vue depuis la gare
Évolution de la construction
Le chantier débuta en 2000 pour se terminer le 18 septembre 2009 mais la réalisation d'aménagements voisins a commencé dès 1998 (décroisement des lignes, construction d'un nouveau tunnel au viaduc Hemricourt et d'une nouvelle cabine de signalisation en bord de Meuse). En 2000, les travaux de la gare débutèrent avec l'arasement du terrain. On procéda au forage de 171 pieux, à une quinzaine de mètres sous terre, pour connaître la résistance du schiste en sous-sol. On plaça aussi un mur de soutènement de la colline de Cointe. Le gros œuvre put ensuite commencer ; fait en béton blanc, il mit six ans à être réalisé. La phase suivante, l'installation des arcs d'acier se fit entre mai 2005 et l'été 2006. Ensuite, on construisit les deux auvents et installa 32 000 m² de vitrage. Ne restèrent alors que les "travaux de finition" (escalators, ascenseurs…)
9 juin 2003
1er mai 2005
3 septembre 2005
4 janvier 2006
9 avril 2006
2 mars 2007
27 mai 2007
15 septembre 2007
17 septembre 2009 (avant inauguration)
17 septembre 2009 (avant inauguration)
18 septembre 2009 (jour de l'inauguration)
Vues actuelles de la Gare
Vue panoramique des quais prise du dépose-minute
Salle des pas perdus
Escalators vers parking et dépose-minute
Le nom "Guillemins" finalement gardé
La statue de Charlemagne, qui se trouve boulevard d'Avroy depuis 1867, aurait pu être déplacée devant la gare
La nouvelle gare TGV de Liège figure sur toutes les cartes européennes. Certains pensaient qu'il vaudrait dès lors mieux qu'elle porte un nom connu hors des frontières belges, mais qui prenne ses racines dans l’histoire de la région. Et ce d'autant que le mot « Guillemins » ne rappelle quasiment plus aucun souvenir, même aux Liégeois.
Parmi les autorités qui gèrent l'avenir de Liège et de sa région, certains souhaitaient que la nouvelle gare s'appelle dorénavant « Liège-Charlemagne », en référence à l'empereur d'Occident, né en périphérie liégeoise (Jupille ou Herstal) et dont le nom est connu dans le monde entier. Le plus grand obstacle à ce choix a semblé être le fait que Charlemagne est souvent associé à Aix-la-Chapelle, ville proche de Liège et partenaire de l'Eurégio.
Le nom de Liège-Limburg (Limbourg en néerlandais dans le texte) a également été proposé étant donné qu'à la fois le Limbourg belge et le Limbourg néerlandais sont très proches de Liège, mais ne sont pas directement sur le parcours du TGV. Dans le même ordre d'idée, Liège-Eurégio a été proposé.
En juillet 2007, soit un an et demi avant l'inauguration, un rapprochement entre les différents pouvoirs politiques de Liège et des deux Limbourgs faisait pencher la balance vers Liège-Limburg, même si rien n'avait été décidé officiellement.
Le groupe Liège Demain qui rassemble des représentants des milieux économiques, sociaux, culturels ou académiques désireux d'améliorer l'image et la notoriété du Pays de Liège, défendaient l'appellation Liège-Charlemagne.
Une discussion sur ce choix de nom est disponible sur le site web du Comité de Quartier Fragnée-Blonden .
Le 19 mai 2009, les autorités annoncent que le nom de "Guillemins" va finalement être gardé.
Desserte
De nombreux trains desservent les 9 voies de la gare.
IC O : Bruxelles - Liège-Guillemins - Maastricht (via la LGV 2, sans arrêt à Louvain)
IR c : Anvers - Hasselt - Tongres - Liège-Guillemins
IR m : Liers - Liège-Guillemins - Luxembourg
IR q : Liège-Guillemins - Welkenraedt - Aix-la-Chapelle
L : Welkenraedt - Liège-Guillemins - Liège-Palais
L : Liège-Guillemins - Waremme
L : Liège-Guillemins - Statte
L : Liège-Guillemins - Maastricht (aux heures de pointe)
L : Herstal - Liège-Guillemins - Jemelle
Direction précédente
Station précédente
International
Station suivante
Direction suivante
Paris-Nord
Namur
Thalys
Terminus
Terminus
Paris-Nord
Bruxelles-Midi
Thalys
Aix-La-Chapelle
Cologne
Bruxelles-Midi
Bruxelles-Nord
ICE
Francfort
Direction précédente
Station précédente
National
Station suivante
Direction suivante
Ostende - Bruxelles
Louvain
IC A
Verviers-Central
Eupen
Lille-Flandres
Huy
IC D
Liège-Jonfosse
Liers
Blankenberge/Knokke
Ans
IC E
Terminus
Terminus
Quiévrain
IC F
Bruxelles-Midi - Namur
Flémalle-Haute
IC M
Liège-Jonfosse
Liers
Bruxelles-Midi
Bruxelles-Nord
IC O
Bressoux
Maastricht
Anvers
Liège-Jonfosse
IR c
Terminus
Terminus
Liers
IR m
Angleur
Luxembourg
Terminus
Terminus'
IR q
Aix-La-Chapelle
Les relations IC (InterCity) relient les principales villes du pays de façon directe, tandis que les trains IR (InterRegio) s'arrêtent dans des gares intermédiaires. Les relations L (omnibus) s'arrêtent à toutes les gares de leur parcours. Le train P est un train spécial utilisé uniquement en heure de pointe.