Mackinder est considéré comme l'un des pères fondateurs de la géographie moderne britannique, mais aussi de la géopolitique et de la géostratégie. Il renonce toutefois à l’identité de « géopolitologue », considérant que ce terme est plus approprié pour désigner les tenants de la Geopolitik allemande, et en tout premier lieu le général Karl Haushofer, proche du régime national socialiste.
En 1899, il réalise la première ascension du mont Kenya.
Mackinder introduit en 1887 l’enseignement de la géographie à l’Université d'Oxford et y fonde l'École de Géographie en 1899. Il occupe la direction de la London School of Economics de 1903 à 1908. Élu membre de la Chambre des communes en 1910, il y siège sur les bancs conservateurs jusqu'en 1922. En 1919, il publie Democratic Ideals and Reality.
Mackinder est considéré comme l'un des principaux fondateurs de la géopolitique opérationnelle/active. Il pense, à la manière de Friedrich Ratzel, que le monde doit être perçu à partir d'une cartographie polaire (et non une projection mercatorienne). On observerait ainsi la planète comme une totalité sur laquelle se distinguerait d'une « île mondiale », Heartland (pour 2/12 de la Terre, composée des continents eurasiatique et africain), des « îles périphériques », les Outlyings Islands (pour 1/12, l'Amérique, l'Australie), au sein d'un « océan mondial » (pour 9/12). Il estime que pour dominer le monde, il faut tenir cet heartland, principalement la plaine s'étendant de l'Europe centrale à la Sibérie occidentale, qui rayonne sur la mer Méditerranée, le Moyen-Orient, l'Asie du Sud et la Chine. Il illustre sa thèse en évoquant les grandes vagues d'invasions mongoles qu'a connues l'Europe au cours des XIII et XIV siècles notamment sous l'égide de Gengis Khan et de Tamerlan. La plaine ukrainienne représentait alors, selon Mackinder, l'espace de mobilité par excellence permettant des invasions rapides au moyen de la cavalerie. De fait, la devise de Mackinder serait « qui tient l’Europe orientale tient le heartland, qui tient le heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde ». Il reprend la devise du grand navigateur anglais Sir Walter Raleigh qui, le premier, s'était exprimé ainsi : « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».
Cette vision de la géopolitique cristallise le rapport de force qui oppose les puissances de la mer aux puissances terrestres. Mackinder et l'Angleterre voient donc d'un mauvais œil l'émergence d'une Allemagne forte sur le continent, pouvant s'allier avec l'empire de Russie.
Sa géopolitique est utilisée quelques années plus tard par les géopolitologues américains comme Nicholas Spykman qui développe plutôt le concept de Rimland : « Qui contrôle le rimland gouverne l'Eurasie ; qui gouverne l'Eurasie contrôle les destinées du monde »...