Écologie humaine
L'écologie humaine est la partie de l'écologie qui étudie l'espèce humaine, l'activité organisée de cette espèce et son environnement. L'écologie humaine est apparue dans les années 1920, par le biais de l'étude de successions végétales dans la ville de Chicago. Elle est devenue un champ d'étude distinct dans les années 1970. L'homme, colonisateur de tous les continents, est désormais reconnu comme un facteur écologique majeur. Il modifie grandement son environnement, par le biais du développement de son habitat (en particulier le développement urbain), du développement de la pêche, ainsi que des activités agricoles et industrielles.
Des études puis un enseignement de l'écologie humaine se développa par la suite, avec la participation d'anthropologues, d'architectes, de biologistes, de démographes, d'écologistes, d'ergonomes, d'ethnologues, d'urbanistes et de médecins. Le développement de l'écologie humaine a conduit à attribuer une part de plus en plus importante à l'écologie dans l'aménagement du territoire.
Par ailleurs, une philosophie issue de l'écologie, et applicable aux sociétés humaines, s'est développée : l'écologisme.
Enfin, l'écologie politique est apparue dans les années 1920 ; elle consiste à appliquer la science écologique à la politique et à la gestion de la cité.
Ces dernières années l'écologie humaine a été un sujet d'intérêt pour les spécialistes de la théorie organisationnelle. Hannan et Freeman (Population Ecology of Organizations (1977), American Journal of Sociology) argumentent que les communautés ne font pas que s'adapter à l'environnement. En fait l'environnement sélectionnerait ou rejetterait certaines populations. Dans tout environnement en équilibre, il n'y aura qu'une seule forme de communauté (isomorphisme). La théorie organisationnelle a été une théorie importante lorsqu'il a fallu expliquer la diversité des populations et la variabilité de leur nature au cours du temps.
James Lovelock et l'hypothèse Gaïa
L'Hypothèse Gaïa proposée par James Lovelock dans son travail « Gaia: A New Look at Life on Earth », avance que le point de vue que la Terre devrait être considérée comme un macro-organisme individuel. En particulier, il argumente que l'ensemble des êtres vivants ont conjointement développé la capacité de contrôler l'environnement global — en influençant les paramètres physiques majeurs comme la composition de l'atmosphère, la taux d'évaporation, la chimie des sols et des océans — afin de maintenir les conditions favorables à la vie. Le scientifique rejoint ainsi les croyances fondamentales des peuples autochtones, qui sont en général extrêmement reliés à la Terre, comme le peuple Kogi de Colombie.
Bien que controversée, l'hypothèse Gaïa a suscité un certain intérêt dans le public. Elle permet d'étayer « le sentiment écologique » grandissant en contribuant à faire prendre conscience que la Terre-mère, Gaïa, est malade des hommes et de leur activité. D'un point de vue scientifique, cette hypothèse situe la nouvelle vision de l'écologie comme étant une vision globale de la biosphère et de la biodiversité.
Écologie vs. écologisme
Les informations tirées des études scientifiques sont utilisées par les partisans ou militants de l'écologisme, les écologistes, pour orienter leurs actions, faire stopper ou réguler l'exploitation des ressources, faire pression pour parvenir à des décisions politiques avec prise en compte des implications écologiques de celles-ci.
Les chercheurs en écologie ont souhaité faire la distinction entre écologie scientifique et le(s) mouvement(s) écologiste(s). Pour éviter la confusion, le terme écologiste a été rattaché aux militants, tandis que les chercheurs furent désignés écologues. Le terme écologue est également utilisé pour désigner le chercheur en écologie scientifique qui ajoute une composante sociale ou sociologique à ses travaux.
Écologie et politique globale
L'écologie devint une partie centrale des politiques mondiales dès 1971, quand l'UNESCO lança un programme de recherche appelé Man and Biosphere, avec l'objectif d'accroître les connaissances sur les relations entre l'Homme et la Nature. Quelques années plus tard fut défini le concept de réserve de biosphère.
En 1972, les Nations unies ont tenu la première conférence internationale sur l'environnement humain à Stockholm, préparée par René Dubos et d'autres experts. Cette conférence fut à l'origine de la phrase « penser globalement, agir localement ». Les évènements majeurs suivants en écologie ont été le développement du concept de biosphère et l'apparition des termes diversité biologique dans les années 1980. Ces termes furent développés durant le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, où le concept de biosphère fut reconnu officiellement par les grandes communautés mondiales, et où les risques associés à la biodiversité furent publiquement reconnus.
En 1997, l'atteinte des activités humaines à l'environnement, en particulier atmosphérique, furent reconnus internationalement lors de la ratification du Protocole de Kyōto. En particulier cette conférence mit en évidence les dangers des gaz à effet de serre, principaux responsables du changement climatique. À Kyōto, la plupart des nations du monde ont reconnu l'importance de considérer l'écologie d'un point de vue global, à une échelle mondiale, et de prendre en compte l'impact des activités humaines sur l'environnement de la planète.
En Amérique du Nord, plusieurs scientifiques accordent une plus grande importance aux préoccupations écologistes au cours du XXe siècle. Aux États-Unis (Université du Michigan) et à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) (Canada), Pierre Dansereau (1911- ...) développe des positions théoriques particulières en écologie scientifique. Il publie en 1957 un ouvrage majeur: Biogeography an Ecological Perspective dans lequel il énonce les principes de la synécologie, de l'autoécologie et d'une écologie globale tenant compte de l'humain comme facteur de transformations de l'environnement. En 1972, il publie un ouvrage philosophique encore méconnu aujourd'hui sur les rapports à la nature, intitulé Inscape and Landscape.