Vers 1710, Pierre François Le Viconte, baron de Blangy et seigneur de Fontaine-Étoupefour, charge Blondel de bâtir sa nouvelle demeure dans la rue de l'Engannerie à Caen. La famille Le Viconte de Blangy est une famille importante. Le fils, Pierre-Marie-Maximilien Le Viconte, et le petit-fils, Marie-Pierre-Maximilien Le Viconte, marquis de Blangy, sont les derniers à avoir reçu la charge de Grand bailli du Cotentin, de 1756 à 1787 pour l'un et de 1787 à 1789 pour l'autre. Monsieur le Viconte, marquis de Blangy, a également participé, en tant que « gentilhomme possédant fief », aux États de la noblesse du bailliage de Caen convoqués en 1789 pour l'élection des députés aux États Généraux du royaume.
L'architecte érige trois bâtiments en pierre de Caen d'une superficie totale de 1350m² et s'ouvrant sur un grand jardin. Les trois ailes s'organisent en U autour d'une grande cour. Le pavillon sur rue abrite une grande salle à manger, un office et deux chambres au premier étage ; sous les combles, sont aménagées cinq chambres de bonne. Une porte cochère permet d'accéder à la cour d'honneur. Sur le côté oriental de la cour, s'élève le corps de logis principal de l'hôtel. Dans le rez-de-chaussée sur cave, sont disposés les communs (offices, cuisines, réserves), alors qu'au premier étage sont aménagés les appartements privés et d'apparat. Enfin le troisième bâtiment en fond de cour abrite des chambres à l'étage et, au rez-de-chaussée, les écuries et des remises ; une fumière est aménagée dans une courette à l'arrière du bâtiment.
L'hôtel reste dans la famille de Blangy jusqu'en 1816, date à laquelle il est vendu à madame Labbey de la Roque. Ses héritiers cède la demeure en 1858 à monsieur Legoux-Longpré, premier époux de madame Marcotte ; l'hôtel, habité par l'architecte départemental Léon Florentin Marcotte, prend alors le nom d'hôtel Marcotte. Enfin l'hôtel de Blangy est acheté en 1908 par le bureau de bienfaisance de la ville de Caen (actuel centre communal d'action sociale) qui est toujours propriétaire des lieux. Un dispensaire, une crèche et un aérium sont aménagés à l'intérieur de l'hôtel.
Pendant le bataille de Caen en 1944, l'hôtel est bombardé et sérieusement endommagé, mais reste l'un des rares bâtiments du quartier Saint-Jean à ne pas avoir été entièrement détruit. En 1958, l'aile sur rue est détruite et une maison de retraite (le foyer-résidence Victor Priout) est construite à son emplacement. En 1970, le bâtiment en fond de cour est également démoli pour édifier une nouvelle aile abritant une annexe du foyer et des services administratifs du CCAS.