Les utilisations de l'huile de lin dérivent de sa richesse en acides gras polyinsaturés, en particulier en acides linolénique et linoléique, qui lui doivent leur nom.
Diététique
Contenant plus de 70% de son poids en acides gras polyinsaturés, l'huile de lin est prisée dans certaines options diététiques, en particulier par les personnes recherchant des apports importants en oméga-3 et faibles en oméga-6.
En juillet 2006, l'AFSSA avait émis deux avis sur l'utilisation de l'huile de lin dans les compléments (saisine 2004-sa-0213) et dans les aliments courants (saisine 2004-sa-0409). Après plusieurs années de délibérations, l’huile de lin fut autorisée dans les compléments alimentaires, en précisant toutefois que la teneur en acides gras - trans de l’huile doit être diminuée de 2 à 1% des acides gras totaux. L’huile de lin est également autorisée dans les aliments courants, pour un usage cru ou en mélange avec des huiles d’assaisonnement ou des matières grasses tartinables.
L'huile de lin est très fragile et rancit facilement; elle doit être conservée au réfrigérateur, et consommée rapidement. Par ailleurs, elle deviendrait même toxique si elle était trop dégradée; il ne faut pas l'utiliser si une odeur désagréable s'en dégage.
En 2009, l'AFSSA a donné un avis positif à l'utilisation de l'huile de lin en cuisine. L’huile de lin présente un intérêt nutritionnel pour l’apport en acide alphalinolénique (oméga-3). D’autre part, elle est un produit commercialisé depuis longtemps dans de nombreux pays (Allemagne, Canada, Chine,…), sans que des effets néfastes aient été mis en évidence. Il convient cependant que des mesures de conditionnement, de conservation et d’utilisation soient plus restrictives que les mesures existant pour les huiles végétales plus classiques, afin de limiter l’oxydation du produit; elles consistent en :
- une traçabilité des lots, de la pression des graines jusqu’au conditionnement, pour optimiser le contrôle de la durée de vie (ne pas dépasser un an, consommation comprise) ;
- un volume de conditionnement maximal de 250 mL ;
- un inertage à l’azote avant d’obturer la bouteille ;
- un conditionnement dans du matériau opaque ;
- une durée limitée d’utilisation optimale, inférieure à 9 mois.
L’AFSSA recommande enfin des mentions d’étiquetage de l'huile de lin pour une information adéquate aux consommateurs:
- réserver à l’assaisonnement ;
- ne pas chauffer l'huile de lin ;
- conserver à l’abri de la chaleur avant ouverture ;
- conserver au réfrigérateur après ouverture ;
- ne pas conserver plus de 3 mois après ouverture ;
- ne convient pas aux enfants de moins de 3 ans.
Peinture et Imprimerie
L'huile de lin est l'huile auto-siccative la plus utilisée.
La siccativité d'une huile, c'est-à-dire son aptitude à sécher en présence de l'oxygène de l'air, est d'autant plus marquée que le nombre d' insaturations présentes dans la structure moléculaire de l'huile est élevé. Le contenu en insaturations se mesure par l'indice d'iode.
Les acides linolénique (3 insaturations) et linoléique (2 insaturations) confèrent à l'huile de lin sa forte siccativité, avec un indice d'iode supérieur à 170. L'acide linoléique s'oxyde au contact de l'air chaud en acide oxylinoléique, appelé aussi linoxine.
Pour favoriser l'oxydation, et donc accélérer la siccativité de l'huile de lin, on la mélange à chaud avec de la litharge ou du minium (toxique, et interdit dans certains pays).
Avec l'huile d'œillette, elle est la principale huile siccative utilisée pour la peinture à l'huile, depuis l'époque de Jan Van Eyck. En tant que dernière et fine couche sur du bois peint à l'eau, elle peut jouer le rôle d'un vernis protecteur.
Elle est également employée comme siccatif des encres végétales utilisées en imprimerie offset.
Protection du bois
Mélangée avec de l'essence de térébenthine (on suggère habituellement la proportion de 50/50), elle est employée pour le traitement du bois en général, et des planchers ou parquets en particulier.