En probabilités et en statistiques, la loi de Rayleigh est une loi de probabilité à densité. Elle apparaît comme la norme d'un vecteur gaussien bi-dimensionnel dont les coordonnées sont indépendantes, centrées et de même variance. Cette loi de probabilité est baptisée d'après Lord Rayleigh.
Typiquement, la distance à laquelle une particule se trouve de son point de départ, après avoir effectué npas d'une marche aléatoire symétrique dans le plan, suit approximativement une loi de Rayleigh de paramètre Dans un tout autre domaine, elle est fréquemment utilisée pour décrire l'enveloppe d'un processus de Gauss à bande étroite.
R˜Rayleigh(σ) suit la loi de Rayleigh si R=X2+Y2, où X˜N(0,σ) et Y˜N(0,σ) sont 2 variables gaussiennes indépendantes, ce qui explique le choix du symbole "σ" pour paramètriser la loi de Rayleigh.
Si X suit une loi exponentielleX∼E(λ), alors Y=2Xσ2λ∼Rayleigh(σ).
Si Ri˜Rayleigh(σ), et si les Ri forment une suite de variables indépendantes, alors ∑i=1NRi2 suit une Loi gamma de paramètres N et 2σ: [Y=∑i=1NRi2]∼Γ(N,2σ2).
Trois réalisations de marches aléatoires isotropes sur le réseau (en 10 000 pas). La distance maximale (ou, aussi bien, la distance terminale) sont typiquement de l'ordre de 100 pas.
Notons Dn la distance entre la position d'un marcheur au hasard dans le plan, après npas au hasard, et son point de départ : Dn/n converge en loi vers la loi de Rayleigh, ce qui signifie qu'en parcourant une distance n, le marcheur ne s'éloigne vraiment de son point de départ que de n pas approximativement, la convergence vers la loi de Rayleigh permettant de préciser cette approximation.
Distance entre deux points au hasard d'un arbre de Cayley aléatoire
À l'aide de la bijection de Joyal, on peut montrer que la loi de la distance Dn entre deux points au hasard d'un arbre de Cayley aléatoire est donnée, pour par
P(Dn=k)=nk+2(k+1)×(n)↓k+1.
On peut montrer, par exemple à l'aide du lemme de Scheffé, que Dn/n converge en loi vers la loi de Rayleigh, ce qui indique que la distance "typique" entre deux points d'un arbre de taille n est de l'ordre de n.
Points cycliques d'une application
En vertu de la bijection de Joyal, le nombre de points cycliques d'une application de [[1,n]] dans [[1,n]], suit la même loi que Ainsi, Cn/n converge en loi vers la loi de Rayleigh.
Problème des anniversaires
Cette loi discrète apparaît aussi dans des problèmes d'allocations (boules et urnes), dont le fameux problème des anniversaires. Lorsqu'on alloue séquentiellement des boules dans un ensemble de n urnes, avec équiprobabilité, ce qui revient à considérer un univers probabiliste le rang de la première boule à être allouée dans une urne non vide suit la même loi que Ainsi, Tn/n converge en loi vers la loi de Rayleigh.
Pour n=365, soit 365 boîtes, s'interprète comme la taille du groupe pour laquelle il devient probable qu'au moins deux membres du groupe ait la même date d'anniversaire (il faut imaginer un groupe dont l'effectif augmente progressivement) : la probabilité que dans un groupe de personnes, toutes les dates d'anniversaire soit différentes, est approximativement
e−α2/2=∫α+∞f(x;1)dx,
et vaut donc 1/2 pour un groupe d'approximativement (soit 22,5) personnes, ou bien 1/10 pour un groupe d'approximativement (soit 41) personnes. Le calcul exact du premier entier tel que cette probabilité soit plus petite que 1/2 (respectivement 1/10) donne les mêmes résultats : 23 (respectivement 41).