Le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire est un établissement français d'enseignement secondaire et supérieur situé sur le plateau de Guinette, à Étampes, dans le sud du département de l'Essonne. Héritier de l'ancien collège d'Étampes dont l'histoire commence à la Renaissance, unique lycée public polyvalent de la principale ville d'une région restée largement rurale, il rassemble les élèves d'un grand nombre de communes.
Géographie
Aire de polarisation principale du lycée dans l'Essonne (données INSEE 1998).
L'inventaire communal 1998 de l'INSEE chiffre le pouvoir attractif du lycée, mesuré par le rapport entre la somme des populations des communes attirées et celle d'Étampes, à près de 250 % ; tandis que son rayon d'attraction, soit la moyenne des distances parcourues pour le rejoindre, approche des 15 kilomètres.
L'aire de polarisation principale de l'établissement, établie à partir de la même enquête, couvre l'intégralité des cantons d'Étampes, de Méréville et de Milly-la-Forêt, la presque totalité du canton d'Étréchy et une partie de celui de La Ferté-Alais ; soit près de soixante communes.
Histoire
Du collège d'Étampes au lycée
Le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire partage aujourd'hui avec le collège Guettard l'héritage de l'ancien collège d'Étampes, dont la fondation se situe peut-être dès 1460. Les premières traces d'enseignement public remontent dans cette ville encore plus tôt, au XII siècle : à cette époque les chanoines des collégiales Notre-Dame et Sainte-Croix s'en disputent la responsabilité. Mais les cours sont alors ordinairement dispensés au domicile des maîtres. Vers 1514 les Étampois obtiennent du roi l'autorisation d'utiliser pour l'achat ou la construction d'un nouveau bâtiment une partie des fonds alloués à l'entretien des remparts, arguant « que leur ville serait mieux défendue par des citoyens bien instruits [...] que par des murailles et autres fortifications. » Le collège occupe successivement plusieurs maisons de la rue Saint-Antoine, de l'autre côté de laquelle s'établit une congrégation de Barnabites qui assurent l'éducation des élèves à partir de 1629. Louis XV y entend la messe le 20 mai 1745.
Facade du collège en 1898 (à droite), face à la tourelle subsistant de son bâtiment précédent (lavis de Narcisse Berchère).
Après la Révolution française, l'établissement traverse la rue et s'installe dans les murs du couvent que les religieux ont quitté en 1790 : un décret impérial de 1806 y autorise l'ouverture d'une école secondaire municipale. En 1891, à la demande de l'association des anciens élèves, le collège reçoit du conseil municipal le nom d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. Il incorpore pendant la Seconde Guerre mondiale l'établissement créé par l'inspecteur primaire Louis Moreau (mort en déportation) et devient ainsi collège classique et moderne.
Dans « 53 jours », roman posthume et inachevé de Georges Perec, le narrateur décrit la grande diversité du recrutement du collège au début des années 1950. Il dresse des élèves un tableau en « sept familles » :
« les Étampois et Étampoises, de souche ou de résidence », externes ;
« les "bouseux" : des Beaucerons aux mains fortes qui venaient des grosses fermes des environs », demi-pensionnaires ;
puis, parmi les internes :
« les Parisiens ( "Parisiens, têtes de chien, Parigots, têtes de veau"), des cancres expulsés des lycées nobles de la capitale ou de la proche banlieue » ;
« les Corses ; ce n'était pas vraiment un groupe, mais plutôt un gang » ;
quinze ou vingt élèves venus d'AOF, qui « enduraient avec une résignation stoïque les rigueurs de l'hiver étampois et l'indigence du chauffage central » ;
« une quinzaine d'autres internes [...] d'Afrique du Nord, et plus particulièrement de Tunisie ; [...] encore plus fauchés que nous ne pouvions l'être » ;
enfin, le groupe des « Indochinois », qui pour la plupart « étaient scandaleusement riches et vivaient d'une façon que nous pouvions difficilement imaginer ».
L'établissement devient en 1961 un lycée municipal, puis nationalisé et enfin un lycée polyvalent d'État mixte.
Du centre-ville au plateau de Guinette
Les bâtiments du lycée Geoffroy-Saint-Hilaire sur le plateau de Guinette.
De plus en plus à l'étroit dans le centre-ville, le lycée est transféré en 1963 dans de nouveaux bâtiments construits sur le plateau de Guinette. En 1966, ses anciens locaux de la rue Saint-Antoine sont affectés à un collège d'enseignement secondaire mixte, qui prend en 1968 le nom de Jean-Étienne Guettard pour permettre au lycée de conserver sa dénomination.
À Guinette, l'établissement ne cesse de grandir. Dès le début, il absorbe la section commerciale d'un cours complémentaire de jeunes filles créé en 1946, à partir de laquelle est constitué un CET commercial. Un internat mixte de 480 places est ouvert. En 1971, un CET industriel est créé. En 1975, le lycée se sépare du premier cycle, qui va former le collège de Guinette, et de la section technique industrielle, qui se transforme en LEP et prend le nom de Louis Blériot (en 1985 le LEP devient lycée professionnel). En 1977, le CET commercial donne à son tour naissance à un LEP, mais qui reste intégré à l'établissement. La même année voit la fermeture de l'internat.
En novembre 1985, la visite de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Éducation nationale, donne le coup d'envoi de grands travaux de rénovation. Une section d'enseignement industriel long est ouverte en 1986. L'ancien internat est rénové, jusqu'en 1987, pour accueillir les nouvelles sections technologiques. En 1992, un appel d'offres est lancé pour une autre opération de rénovation et d'extension : les nouveaux bâtiments sont inaugurés en 1994. En mars 2006, pour le bicentenaire de la création de l'école secondaire municipale et le soixante-dixième anniversaire de la naissance de Georges Perec, le CDI du lycée devient « Espace George Perec ».
Lors de la rentrée 2009, un durcissement des exigences vestimentaires de l'administration (à l'encontre du « court », short ou jupe, et des jeans troués) suscite un mouvement original qui vaut à l'établissement une publicité nationale : les jeudi 10 et vendredi 11 septembre, les « journées du short » (dont le nom fait écho à celui du film La Journée de la jupe) voient élèves en short et autres habits courts se présenter en masse devant l'établissement, dont ils franchissent les grilles devant des surveillants vite débordés. Léa Dedieu, la lycéenne qui a lancé l'idée de cette forme d'action via un groupe Facebook, est sanctionnée de trois jours d'exclusion.
Enseignement
Organisation
À la rentrée 2008, le lycée accueille 2 105 élèves avec une équipe éducative de 224 personnes, dont 189 enseignants. Depuis la rentrée 2009 son proviseur est Bernard Magri.
L'enseignement professionnel secondaire dispensé dans l'établissement conduit jusqu'au niveau du BEP (180 élèves) ou du baccalauréat professionnel (260 élèves) dans des filières de services : administration, comptabilité ou (pour le BEP seulement) carrières sanitaires et sociales.
À l'issue des classes de seconde générale et technologique (533 élèves), les possibilités d'orientation offertes, pour les années de première (524 élèves) et de terminale (471 élèves), couvrent les séries générales S, ES et L et les séries technologiques STI et STG.
Le lycée dispense également un enseignement technique supérieur à 137 étudiants, répartis en trois sections (STS) qui préparent en deux ans aux BTS Électrotechnique, Assistant de gestion de PME-PMI et Informatique de gestion (options « développeur d'applications » ou « administrateur de réseaux locaux d'entreprise »).
Les langues vivantes enseignées dans les classes du secondaire sont l'anglais, l'allemand, l'espagnol (en deuxième langue uniquement) et le russe (en troisième langue uniquement). L'anglais est la seule langue dans les formations post-baccalauréat.
Résultats
L'académie de Versailles donne les taux de réussite des élèves du lycée aux différents examens auxquels il prépare.
Concernant plus spécialement le baccalauréat, le ministère de l'Éducation nationale publie trois indicateurs établis à partir des résultats des élèves à l'examen et du déroulement de leur scolarité : le taux de réussite au baccalauréat ; le taux d'accès au baccalauréat, soit la probabilité, calculée sur la base des parcours scolaires constatés, qu'un élève de seconde ou de première a d'obtenir le baccalauréat dans le même établissement ; la proportion de bacheliers parmi les sortants, c'est-à-dire parmi les élèves qui quittent définitivement l'établissement, quelles qu'en soient les raisons. Pour les deux premiers indicateurs est aussi calculé un « taux attendu », qui cherche à approcher ce que serait un résultat moyen, au niveau de l'académie ou à celui du pays, pour une population scolaire de même profil. Le troisième indicateur est directement comparé aux valeurs atteintes à ces deux niveaux.
Pour le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire sont repris ci-dessous les taux bruts de l'année, les écarts avec les données de référence et notamment les « valeurs ajoutées » par rapport aux taux attendus, ainsi que l'évolution par rapport à l'année précédente.
Série ou secteur
L
ES
S
STG
STI
SMS
Total
Bac GT
Bac Pro
Services
Taux brut 2008 (%)
85
93
89
87
81
83
87
88
Valeur ajoutée (réf. académie)
-7
+4
+1
-1
+2
+5
+1
+6
Valeur ajoutée (réf. France)
-7
+5
0
+2
+1
+2
+1
+4
Évolution annuelle de 2007 à 2008
-12
+5
-5
+1
-3
+16
0
+11
Niveau
2 - Bac GT
1 - Bac GT
1 - Bac Pro
Taux brut 2008 (%)
75
86
75
Valeur ajoutée (réf. académie)
+7
+3
+9
Valeur ajoutée (réf. France)
+8
+4
+7
Évolution annuelle de 2007 à 2008
+3
-3
+6
Classe
2, 1 et
Terminale GT
Terminale
GT
2, 1 et
Terminale Pro
Terminale
Pro
Taux brut 2008 (%)
78
91
90
100
Écart (réf. académie)
+6
0
+22
+20
Écart (réf. France)
+5
0
+22
+19
Évolution annuelle de 2007 à 2008
+2
0
+18
+19
Anciens célèbres
Étienne Geoffroy Saint-Hilaire fut élève du collège qui prit plus tard son nom.
Professeurs
Anatole Le Braz, professeur de philosophie au collège vers 1880 ; écrivain bretonnant.
Jean Duvignaud, professeur de philosophie au collège dans les années 1950 ; écrivain et sociologue.
Élèves
Jean-Étienne Guettard, élève du collège dans les années 1730 ; géologue, minéralogiste et naturaliste, premier à avoir envisagé la nature volcanique des monts d'Auvergne.