Introduction

Fût d’une colonne en marbre cipolin, conservé à la Basilique de Massenzio au Forum Romain, à Rome.

colonnes du portique du Temple d'Antonin et Faustine au Forum romain à Rome
Le marbre cipolin est une variété de marbre utilisée par les Romains. Le nom moderne correspond en latin à marmor carystium (c.à.d. « marbre de Karystos »).
Il était extrait de nombreuses carrières situées sur la côte sud-occidentale de l'île d’Eubée, en Grèce, entre l’actuelle cité de Styra et Karystos. Certaines de ces carrières antiques conservent des cavités d’extraction longues de plus de 100 m.
Il s'agit d'un marbre avec un fond blanc-vert, parcouru par d’épaisses nervures ondulées vert, tendant au bleuté et traversé par d'épaisses couches de mica. La couleur de fond des veines ont tendance à s'assombrir en fonction de la situation géographique de la carrière d'origine du sud au nord.
Du point de vue pétographique c’est une roche métamorphique, marbre saccharoïde cristalline (cristaux entre 0,2 et 0,6 mm), avec des stries colorées par l’épidote et la chlorite.
Déjà utilisé par les Grecs, fut importé à Rome à partire du I siècle av.J.-C. Pline l’Ancien, dans sa Naturalis Historia, raconte que les colonnes de ce marbre ornaient à Rome la maison de Claudio Mamurra, qui était un ingénieur de Jules César en Gaule. Les carrières devinrent propriété impériale et le marbre cipolin se diffusa dans tout l’Empire. L'extraction et l’utilisation continuèrent amplement au V siècle, sous Empire byzantin.
Il a été principalement utilisé pour des fûts de colonnes, même de grandes dimensions et majoritairement lisses (exemple des colonnes du portique du Temple d'Antonin et Faustine au Forum romain à Rome). Se révèlent aussi des sculptures, comme la figure du crocodile qui ornent le plan d'eau la canope de la Villa d'Hadrien à Tivoli et a été fait de ce matériau afin d'imiter la couleur naturelle des écailles de l'animal.
Des carrières de cette variété de marbre existent aussi sur la péninsule Ibérique (carrière de Anasol), sur les Alpes apuanes, en Grèce nord-orientale et en Serbie


