Pavillon de Vendôme

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Introduction

Pavillon de Vendôme
Trianond'Aix.JPG
Présentation
ArchitecteAntoine Matisse
Date de construction1665–1667
Géographie
Latitude

Longitude
43° 31′ 52″ Nord

05° 26′ 32″ Est / 43.53111, 5.44222
PaysFrance
RégionProvence-Alpes-Côte d'Azur
LocalitéAix-en-Provence

Le Pavillon de Vendôme, aussi appelé pavillon Vendôme, est un ancien hôtel particulier, abritant le musée du Pavillon de Vendôme-Dobler, situé dans la ville d'Aix-en-Provence, 34, rue Célony. Il a été construit par Louis de Mercœur, duc de Vendôme, désireux de posséder une folie hors la ville d'Aix. Ce pavillon doit sa renommée à ce qu'il aurait abrité les amours du duc de Vendôme et de la Belle du Canet, Lucrèce de Forbin-Solliès, veuve d'Honoré de Rascas, seigneur du Canet. Le duc voulait l'épouser, mais ce plan contrariait le roi Louis XIV car de Mercœur était veuf de Laure Mancini, nièce du cardinal Jules Mazarin, conseiller à la cour. Puisque cette union aurait été considérée comme une mésalliance, et ne pouvant l'épouser, le duc décida de devenir amant de la dame.

Il abrite aujourd'hui des expositions d'art contemporain et de photographies et est l'objet de nombreuses visites touristiques. Son jardin à la française a été reconstitué comme il devait se présenter à l'origine.

Histoire

Le pavillon est édifié entre 1665 et 1667 par l'architecte Antoine Matisse pour Louis de Mercœur, duc de Vendôme, devenu gouverneur de Provence en 1652. La légende veut que la construction de cette folie soit motivée par l'amour entre le duc de Vendôme et Lucrèce de Forbin-Solliès, dite la « Belle du Canet ». Celle-ci y rejoignait son amant à la nuit tombée, accompagnée de quelques suivantes, visages masqués. L'historien aixois Ambroise Roux-Alphéran rapporte d'ailleurs dans son ouvrage Les Rues d'Aix (1846) que « le duc de Vendôme, retiré dans le pavillon qu'il avait fait bâtir au faubourg des Cordeliers, et qu'on nomme aujourd'hui le Pavillon de la Molle, y faisait introduire de nuit, par une porte de derrière, des personnes déguisées, que les paysans du faubourg appelaient malicieusement las machouettos [les chouettes]. C'est là qu'il mourut le mardi 6 août 1669, à peine âgé de cinquante-sept ans, ce qui fit dire alors aux paysans : Las machouettos an tua lou duc [les chouettes ont tué le duc]. » On a en effet considéré que le lieu était trop propice aux relations amoureuses entre le duc et sa maîtresse et que ces exercices avaient fini par le tuer. À la mort du duc, le pavillon est acquis par le président de La Molle qui en achève la décoration intérieure et ajoute un étage à l'ensemble. Au milieu du XVIII siècle, le peintre Jean-Baptiste van Loo y installe son atelier au second étage, après avoir acheté le pavillon.

Dans les années qui suivent, le pavillon devient la propriété de Barthélemy-Louis Reboul, secrétaire de l'Académie d'Aix. Mais avec l'avènement et l'avènement de la Révolution, Reboul fuit la ville et le pavillon est vendu comme bien d'émigré. Il est alors acquis par l'abbé Jean-Joseph-Pierre Guigou, évêque d'Angoulême, qui le cèdera aux religieuses du Sacré-Cœur pour y établir une maison d'enseignement et un pensionnat d'éducation des jeunes filles. Il tiendra ce rôle durant tout le XIX siècle. En 1906, le pavillon est acheté par l'amateur d'art Henri Dobler qui y entreprend des restaurations et tente de reconstituer le mobilier d'origine. À sa mort, il lègue le pavillon et ses collections à la ville d'Aix-en-Provence, pour en faire un musée. Celui-ci abrite depuis les années 1990, des expositions d'art contemporain et de photographies.

Architecture

Le pavillon de Vendôme illustre l'un des plus beaux exemples de l'architecture classique en Provence. Construit à partir de 1665 avec de la pierre jaunâtre des carrières de Bibémus, le bâtiment ne possédait à l'origine qu'un seul étage avec une grande frise supportant un toit à la Mansart en ardoise percé de lucarnes ajourées. Les carrosses pouvaient accéder directement à l'intérieur du pavillon grâce à des arcatures ouvertes au rez-de-chaussée. Considérablement remanié au XVIII siècle, le pavillon fut surélevé d'un étage et son toit fut couvert de tuiles romaines. Les ouvertures au rez-de-chaussée furent fermées. Les ornements extérieurs superposent des pilastres de style dorique au rez-de-chaussée, ionique au premier étage et composite au deuxième étage. Les deux atlantes baroques (allégories de l'Aurore et du Crépuscule), réalisés dans de la pierre blanche de Calissanne, encadrent l'entrée principale et soutiennent un balcon aux ferronneries d'origine. Ils ont été réalisés par le sculpteur Jean-Claude Rambot avec la participation du sculpteur Pavillon. Les guirlandes de fruits et le mascaron du portail représentent l'été. Sur les deux consoles de pierres du deuxième étages figuraient jusqu'à la Révolution les bustes du roi et du dauphin.

Intérieur et collections

L'escalier d'honneur est particulièrement remarquable. Celui-ci, datant du XVIII siècle, possède une rampe d'appui en fer forgé. Des sculptures en gypseries, sphinx, guirlandes, putti et aigles composent son décor. Certaines salles présentent des plafonds peints, datant du XVIII siècle et sont tapissées de cuir de Cordoue.

Le pavillon de Vendôme conserve plusieurs portraits et dessins des XVII et XVIII siècles. Le mobilier se compose notamment d'un ensemble provençal, ainsi que d'une commode estampillée Foullet. Le pavillon conserve également des faïences de Moustiers des XVII et XVIII siècles.

Jardins

Le jardin à la française du pavillon de Vendôme, aujourd'hui jardin public, a été reconstitué d'après des documents gravés du XVIIe siècle. Il est orné en son centre d'une fontaine circulaire ornée d'un putti. Des quatre pavillons d'angles qui cantonnaient autrefois le jardin, deux seuls nous sont parvenus, dont l'un a été transformé en chapelle au XIX siècle. Les extérieurs sont ceints dès la construction du pavillon de murs crénelés afin de se prémunir contre la visite de maraudeurs.

Site du pavillon

Des fouilles archéologiques réalisées sur l'emplacement du pavillon de Vendôme ont permis la découverte d'une mosaïque d'environ 10 mètres de longueur composée de carrés noir et blanc en quinconce. On peut aussi voir dans le jardin un chapiteau de marbre corinthien et des fragments de colonnes découverts sur place. De plus, pour l'archéologue Robert Ambard, la partie la plus ancienne du mur du pavillon, située rue Tavan contient des éléments de marbre et des fragments de tuiles antiques.