Pierre Lescot

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Introduction

Pierre Lescot
Présentation
Naissancevers 1510

Paris
Décès10 septembre 1578

Paris
NationalitéFrance France
Mouvement(s)Renaissance
Activité(s)Architecte
Œuvre
RéalisationsPalais du Louvre (aile Lescot)

Fontaine des Innocents

Hôtel Carnavalet

Château de Vallery

Pierre Lescot est un architecte français, né à Paris vers 1510 et mort dans cette même ville le 10 septembre 1578.

Biographie

Origine et formation artistique

Arbre généalogique de Pierre Lescot

La vie de Pierre Lescot reste méconnue. Mais contrairement à son contemporain, l'architecte Philibert Delorme, il n'est pas issu d'une famille de maçons ; en effet son père, Pierre Lescot, était seigneur de Lissy, une terre près de Brie-Comte-Robert, procureur du roi en la Cour des Aides avant de devenir prévôt des marchands de Paris. Sa mère, Anne Duvet, lui apporte le fief de Clagny, situé près de Versailles.

La formation suivie par Pierre Lescot n'apparaît pas très clairement, même si les historiens avancent trois influences sans pouvoir vraiment les dater :

  • La fréquentation de l'école de Fontainebleau ;
  • La lecture des livres de Sebastiano Serlio ;
  • Le voyage en Italie, condition presque obligatoire pour se perfectionner en architecture à cette époque.

Il n'en demeure pas moins que son talent est très précoce comme en attestent les vers écrits sur lui par son ami Pierre de Ronsard, où le poète indique qu'à déjà 20 ans, Pierre Lescot excellait en peinture, dessin, mathématique et architecture.

Carrière

Ses grandes qualités artistiques lui permettent probablement d'être introduit à la Cour de François I, roi très amateur d'artistes, dont il s'entoure.

Fontaine des Innocents aujourd'hui.

En 1546, le souverain le choisit pour être l’architecte du Louvre dont il réalise l'angle sud-ouest de l'actuelle cour carrée ; il est ensuite reconduit architecte du Louvre jusqu'à sa mort, sous les règnes de Henri II, François II, Charles IX et Henri III.

Il reçoit l'Abbaye de Clermont, près de Laval, en commende, pratique réalisée couramment pour donner une rente en contrepartie de services. Pierre Lescot porte ainsi le titre d'abbé de Clagny (acquis par sa mère) et de Clermont.

Il devient également chanoine de Notre-Dame en décembre 1554. Mort le 10 septembre 1578 à l'âge présumé de 68 ans, il est enterré le 12 dans la Cathédrale et inhumé dans la chapelle Saint-Ferréol ; ses cendres sont dispersées en 1793 par la fureur révolutionnaire.

Réalisations

  • Le jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois de 1541 à 1544, détruit en 1750 ;
  • Le château de Vallery ;
  • La fontaine des Innocents, initialement appelée fontaine des Nymphes, construite en 1550. Elle sera déplacée et remaniée en 1788 puis en 1860 ;
  • L'hôtel Carnavalet en 1554, dénommé Hôtel de Ligneris à l'origine, achevé par François Mansart au XVII siècle ;
  • La rénovation du Louvre avec le sculpteur Jean Goujon de 1546 jusqu'à sa mort.

Travail de Pierre Lescot au Louvre

La fausse galerie.

La tribune des cariatides.

Préféré à l'architecte italien Sebastiano Serlio par François I, Pierre Lescot collabore avec le sculpteur Jean Goujon à reconstruire la forteresse médiévale du Louvre dont notamment la moitié sud de l’aile occidentale, dite Lescot, de l'actuelle cour carrée de ce palais. Le Louvre de Lescot est marqué par une forte inspiration antiquisante venue d'Italie (l'intérêt pour la Renaissance italienne est venue à la mode avec les guerres d'Italie) dans un contexte français. Il apparaît comme un manifeste de l’architecture de la Renaissance française.

Le vocabulaire formel de l'architecture antique est largement utilisé : frontons, étagement des ordres (corinthien et composite), etc.

La composition de la façade est un compromis entre les façades plates italienne et la tradition française des volumes contrastés : trois avant-corps à travée rythmique et couronnés de frontons cintrés à base interrompue.

L'avant-corps suggère encore les tours hors-œuvre qui animent les grands bâtiments gothiques, de même que la fausse galerie (évoquée par les profondes embrasures en plein-cintre dans lesquelles s'inscrivent des fenêtres qui semblent percées dans le mur du fond) à rez-de-chaussée sur laquelle les étages supérieurs sont légèrement en retrait rappelle les galeries de distribution à rez-de-chaussée des bâtiments médiévaux.

Alors que les châteaux français de l'époque étaient couverts de hauts-combles en pavillon éclairés par des lucarnes, il met en place un comble brisé — Lescot conserve la forte pente des toits médiévaux, mais remplace la partie haute par un terrasson invisible du sol — éclairé par un étage d'attique qui font disparaître le toit.

À l'intérieur, la tribune des cariatides, qui date de 1550, — inspirée de l'Érechthéion d'Athènes — fait s'interroger sur les relations avec la Grèce : on ne sait pas d'où vient le modèle en plâtre que Lescot a fourni à Jean Goujon. En effet Lescot ne s'est pas rendu en Grèce : la Grèce était ottomane, et les relations étaient quasi-inexistantes avec l'Europe chrétienne, l'architecture antique grecque a été redécouverte à partir de la fin de la guerre d'indépendance grecque en 1830.

Le plafond de la chambre du roi, qui date de 1556, est un des premiers exemples français de plafond dit « à l'italienne » dont les architectes du siècle suivant se sont inspirés au point qu'on pourrait dater ce plafond du XVII siècle.

Aile Lescot au Louvre, par Androuet du Cerceau, 1579.

Postérité

Le Louvre de Lescot a eu une influence considérable sur l'architecture française : la façade à trois avant-corps et à fausse galerie se répand à partir de 1550 au point de devenir un « gallicisme » architectural. Ce type d’architecture est appelé à être le bagage fondamental de l’architecture française tout au long des XVI et XVII siècles voire encore au XVIII siècle. Ce sera toujours par rapport à cette architecture que les autres styles devront se situer et se décider. Lescot met en place au Louvre ce que l’on a appelé le classicisme, et que certains préfèrent appeler « architecture à la française ».

Une rue porte son nom dans le 1 arrondissement de Paris, ainsi qu'un lycée d'enseignement commercial, situé également dans cet arrondissement.