On prendra garde de ce que le mot « face » n'a pas ici la signification qu'il a dans l'étude des polyèdres traditionnels dans l'espace de dimension 3, celui des éléments plans les bordant. Ici les « faces » vont pouvoir avoir toutes les dimensions, y compris 0 ou 1. Tant les sommets, les arêtes que les « faces » habituelles d'un cube ou d'un tétraèdre seront des faces au sens des définitions qui suivent.
Contextualisation des points exposés : les faces exposées
On va ici commencer par l'extension du concept de « sommets exposés » bien que ce ne soit pas la plus utile, mais parce qu'elle est la plus facile à définir et visualiser : on appelle face exposée d'un convexe C tout ensemble de la forme H∩C, où H est un hyperplan d'appui de C.
La remarque suivante est alors tautologique :
Remarque — Un point c d'un convexe C est exposé si et seulement si {c} est une face exposée de C.
Les faces exposées de C couvrent toute sa frontière puisqu'il passe un hyperplan d'appui au moins en chaque point de celle-ci.
Contextualisation des points extrémaux : les faces
De même que les points exposés sont les faces exposées de dimension zéro, les points extrémaux sont les faces de dimension zéro où « faces » est défini comme suit :
Une partie F d'un convexe C est dite une face de C lorsque F est un convexe non vide ayant la propriété suivante : si un segment ouvert ]x,y[ tracé dans C rencontre F, alors tout le segment fermé [x,y] est inclus dans F.
Les deux énoncés qui suivent sont de vérification quasi-immédiate, le second se vérifiant de la même façon qu'on a vérifié que les points exposés étaient extrémaux :
Proposition — Un point c d'un convexe C est extrémal si et seulement si {c} est une face de C.
Proposition — Les faces exposées sont des faces.
Vu ce deuxième énoncé, les faces de C (autres que C tout entier qui est l'unique face de dimension maximale) couvrent donc toute la frontière de C.
La réciproque n'en est pas vraie (puisqu'il existe des points extrémaux qui ne sont pas exposés, ils donnent aussitôt un exemple de faces qui ne sont pas des faces exposées), avec toutefois une exception pour les faces de codimension 1, qu'on appelle parfois des facettes :
Proposition — Soit C convexe de dimension finie d. Toute face de C de dimension d − 1 est exposée.
Contrairement aux faces exposées, les faces s'organisent d'une manière hiérarchique particulièrement agréable, comme l'expriment les deux énoncés qui suivent :
Proposition — Si F est une face de C et F1 une face de F, alors F1 est une face de C.
Proposition — Si C est un convexe de dimension finie, les intérieurs relatifs des faces de C forment une partition de celui-ci.
Contextualisation des sommets : le classement des points de la frontière selon leur ordre
En dimension finie, on vient de voir qu'à chaque point de la frontière pouvait être associée une sorte de « dimension », celle de l'unique intérieur relatif de face à laquelle il appartient.
Il y a une deuxième façon de procéder pour associer à chaque point de la frontière d'un convexe de dimension d un entier compris entre 0 et d − 1, apparentée à la définition des « sommets ».
Pour C convexe de dimension finie et c point de la frontière de C. On appelle ordre de c la dimension de l'intersection des hyperplans d'appui à C en c.
Ainsi les sommets sont les points d'ordre nul.
L'exemple très simple d'un disque du plan montre bien que cette notion ne recoupe pas la précédente : sur le cercle qui le borde, tous les points sont extrémaux, donc chaque singleton est à lui seul une face : par la division en faces, on associerait à chaque point l'entier 0. En revanche, il y a une droite d'appui unique en chaque point, et l'ordre est donc partout égal à 1.