Introduction

Figure 1. Représentation schématique du profil d'une excitation électronique. La partie étroite à la fréquence ωˈ est la raie zéro-phonon, la partie plus large est la bande satellite phonon. Les positions relatives des deux composantes lors d'une émission sont inversées.
La raie zéro-phonon et bande satellite phonon constituent conjointement le profil spectral de molécules individuelles absorbant ou émettant de la lumière (chromophores) inclus dans une matrice solide transparente. Lorsque la matrice hôte contient de nombreux chromophores, chacun d'entre eux contribuera à la raie zéro-phonon et à la bande satellite phonon des spectres. Le spectre issu d'un ensemble de chromophores est dit élargi de manière inhomogène, chaque chromophore étant entouré par un environnement différent modifiant l'énergie requise pour une transition électronique. Dans une distribution inhomogène de chromophores, les positions de la raie zéro-phonon individuelle et de la bande satellite phonon sont donc décalés et se chevauchent.
La figure 1 illustre le profil typique de la raie pour des transitions électroniques de chromophores individuels dans une matrice solide. La raie zéro-phonon est localisé à la fréquence ω’ déterminée par la différence intrinsèque dans les niveaux d'énergie entre les états fondamental et excités ainsi que par l'environnement local. La raie satellite phonon est décalée vers une fréquence plus élevée en absorption et plus basse en fluorescence. L'écart de fréquence Δ entre la raie zéro-phonon et le pic de la bande satellite phonon est déterminée par le principe Franck-Condon.
La distribution de l'intensité entre la raie zéro-phonon et la bande satellite phonon est fortement dépendante de la température. A température ambiante, il y a assez d'énergie thermique pour exciter de nombreux phonons et la probabilité de transition zéro-phonon est quasi-nulle. Pour des chromophores organiques dans des matrices organiques, la probabilité d'une transition électronique zéro-phonon ne devient réellement possible qu'en dessous de 40 K, mais dépend également de l'intensité du couplage entre le chromophore et la matrice hôte.

