Remparts d'Avignon

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Détail de la miniature de Jean Fouquet XVe siècle montrant l'assaut des premiers remparts d'Avignon par les troupes de Louis VIII lors de la croisade contre les Albigeois

Avignon est une ville du sud de la France, dans le Vaucluse, qui s'étend sur la rive gauche du Rhône. C'est l'une des rares villes françaises à avoir conservé l'intégralité de ses anciens remparts. Avec son centre historique, composé du Palais des papes, de l'ensemble épiscopal et du pont d’Avignon, elle a été classée Patrimoine mondial de l'UNESCO sous les critères I, II et IV.

Présentation

Lorsque l'on s'approche du centre d'Avignon, c’est avant tout les les remparts du XIV siècle que l’on remarque. Longs d’environ 4 kilomètres, ils sont flanqués de 39 tours et percés de 7 portes principales reparties tout autour de la vieille ville. Les anciennes douves ont été comblées et aménagées en parkings, autrefois le niveau des remparts était bien plus élevé, assurant une bien meilleure protection aux habitants d’Avignon.

Les remparts d'Avignon

Plan d'Avignon gravé en 1649 pour l'Atlas van Loo

En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts, afin d'englober les nouveaux faubourgs et de tenir les grandes compagnies à distance. Ces bandes de pillards épargnent la ville après avoir reçu une très dissuasive compensation financière. Puis les saints pères s'en retournent à Rome, les siècles passent... Et Avignon conserve sa muraille. Une muraille pas bien haute, finalement, que l'on pourrait presque enjamber et qu'un certain missionnaire, le père Labat, raillait ainsi en 1731 : « Si les boulets de canon n'étaient remplis que de vent, les remparts pourraient résister quelque temps. » Il a même été question un moment de les démolir. On les avait déjà percés : ils comptaient en effet 7 portes à l'origine, fermées la nuit et réduites à 4 vers le XVI siècle. On en compte aujourd'hui 29, étroites poternes et brèches incluses. Les murs actuels (4 330 mètres de longueur) datent de 1356. Ils furent édifiés à la demande du pape Innocent VI pour englober les nouveaux quartiers d'une ville en pleine expansion et la protéger des bandes de pillards qui écumaient la région. Au XIX siècle, l'architecte Viollet-le-Duc redessina l'ensemble. Parfaitement conservée, cette muraille basse à mâchicoulis enserre le cœur administratif et culturel de la ville. Un Avignonnais sur sept y a élu domicile.

Histoire

Le palais des Papes et la ville d'Avignon, interprétation du Maître de Boucicaut au début du XVe siècle ms. 23279, f° 81, Bibliothèque nationale

Reste des remparts du XII e siècle, à l'angle de la rue Joseph Vernet et de la rue Saint Charles

Simple emporion grec fondé par les Phocéens de Marseille vers 539 av. J.-C., c'est au cours du IV siècle av. J.-C. que les Massaliotes commencèrent à signer des traités d'alliance avec quelques villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon. Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région des Massaliotes » ou du « pays de Massalia »

Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des Cavares.

L'évolution notable suivante dans les fortifications du lieu date du XII siècle on sera édifié autour de la ville pour la protéger une double enceinte avec fossés.

Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII le 9 septembre 1226. Le roi ordonna que l'on abattit la majorité des murs et que l'on comble les fossés avec l'interdiction de rebâtir avant cinq ans.

Entre 1234 et 1237, la ville se dote des nouveaux remparts. Ces derniers seront créés à plus d'une trentaine de mètres à l'extérieur des ruines des précédents.

Mais c'est au pape Innocent VI, qui doit faire face à la menace des grandes compagnies, dans le sud du royaume, et plus particulièrement en Languedoc, que l'on doit la fortification d'Avignon. A cette époque, les remparts était entourées d'un fossé d'une profondeur d'environ quatre mètres qui était alimenté par les eaux de la Sorgue et de la Durançole. Lors des travaux d'aménagement du pourtour des remparts ce fossé fut comblé. Il ne reste donc visible de nos jours que la partie supérieure des remparts.

Architecture

Les portes

Les deux portails Imbert (porte Limbert)

Les deux portails Imbert furent le « portail Imbert Vieux » et le « portail Imbert Neuf ». L'actuelle Porte Limbert est située au niveau du « portail Imbert Neuf », au sud de la ville.

La porte Saint-Michel

Elle est située au sud de la ville et à l'ouest de la porte Limbert.

La porte de la République

Elle est située dans le prolongement de la rue et du cour de la république, en face de la gare d'Avignon-Centre.

La porte Saint-Roch

la porte Saint-Roch

La porte Saint-Roch est située au sud-ouest de la ville.

La porte Dominique

La porte Dominique est située à l'ouest de la ville, face au Rhône et à l'île de la Barthelasse.

La porte de l'Oulle

La porte de l'Oulle est située au nord-ouest de la ville, face au Rhône et à l'île de la Barthelasse.

La porte du Rhône

La porte du Rhône est située au nord de la ville, à proximité directe du pont Saint-Bénézet, face au Rhône et à l'ile de la Barthelasse.

La porte de la Ligne

La porte de la Ligne est située au nord-est de la ville, face au Rhône et à l'île de la Barthelasse.

La porte Saint-Lazare

La porte Saint-Lazare est située à l'est de la ville, au nord est et à proximité de l'université.

« La porte Saint-Lazare d'Avignon est remarquable déjà par la simplicité des constructions. Ici on ne voit plus cette accumulation d'obstacles dont la disposition compliquée devait souvent embarrasser les défenseurs. Les portes d'Avignon ne sont pas, il est vrai, très-fortes, mais elles ont bien le caractère qui convient à l'enceinte d'une grande ville. La porte Saint-Lazare, avec son boulevard ou barbacane extérieure, protégeait efficacement un corps de troupes voulant tenter une sortie ou étant obligé de battre en retraite. On pouvait, sur l'esplanade du boulevard, masser facilement cinq cents hommes, protéger leur sortie au moyen des flanquements que fournissaient les tours; et eussent-ils été repoussés, ils trouvaient dans cette enceinte un refuge assuré, sans que le désordre d'une retraite précipitée pût compromettre la défense principale, celle de la porte tenant aux courtines (...) La porte Saint-Lazare d'Avignon fut détruite, ou du moins fort endommagée par une inondation formidable de la Durance en 1358. Elle fut reconstruite sous Urbain V, vers 1364, avec toute la partie des remparts qui s'étend de cette porte au rocher des Doms, par l'un des architectes du palais des Papes, Pierre Obreri, si l'on en croit la tradition. »

La porte Saint-Lazare

La porte Saint-Lazare, coupes

La porte Saint-Lazare, perspective aérienne

La porte Saint-Lazare, plan

La porte Thiers

Elle est située au sud de la ville et à l'est de la porte Limbert.

Les tours

Avignon rempart.JPGTour.Avignon.pngTour.carree.Avignon.png

Les remparts d'Avignon dans l'art

Le palais des papes dominant le Rhône, dessin de T. Allom, gravure de E. Brandard, 1840.

Bibliographie

: source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle Eugène, 1856 , livres V, VI, VII et IX.
  • Joseph Girard, Avignon, histoire et monuments, Éd. Dominique Seguin, Avignon, 1924.
  • Joseph Girard, Évocation du vieil Avignon, 1958 - ré-édité Éd. de Minuit, Paris, 2000 .
  • Sylvain Gagnière, Histoire d'Avignon, 1979 .
  • Pierre Grava (sous la direction de), Avignon au Moyen Âge, textes et documents, IREBMA et alii, Publication de la Faculté de Lettres d'Avignon, 1988.
  • Marc Maynègre, De la porte Limbert au portail peint : Histoire et anecdotes d'un vieux quartier d'Avignon, Marc Maynègre