Santé au Sénégal

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Introduction

Le budget consacré aux dépenses de santé au Sénégal a triplé entre 1980 et 2000. Les Sénégalais se portent mieux et vivent plus longtemps – l'espérance de vie à la naissance est de 55,34 ans pour les hommes, de 58,09 ans pour les femmes et de 56,69 ans pour la population globale – et le taux de prévalence du SIDA est l'un des plus faibles d'Afrique (0,9%). Cependant de grandes disparités subsistent dans le pays, si l'on songe par exemple que 70% des médecins et 80% des pharmaciens et des dentistes sont installés dans la capitale, Dakar.

Le Centre hospitalier régional Amadou Sakhir Mbaye à Louga

Histoire

Récolte d'écorce (Khaya senegalensis) à des fins médicinales

Comme dans le reste du continent africain, la population sénégalaise a longtemps eu recours – et a toujours recours – aux médecines traditionnelles, aux guérisseurs. C'est ainsi qu'à Yoff par exemple, les maladies mentales sont traitées au cours d'une cérémonie traditionnelle, le ndeup.

Cependant ces méthodes parfois spectaculaires n'ont pu enrayer les grandes épidémies et les famines qui décimèrent la contrée à plusieurs reprises dans le passé.

Dès le XIX siècle la France y jette les bases d'une politique sanitaire, ne serait-ce que pour protéger ses propres ressortissants. L'accent est tout particulièrement mis sur l'hygiène. L'avènement de l'AOF s'accompagne bientôt de la structuration d'un système de santé.

Équipement d'une maternité dans une île du Sine-Saloum : matrone, lit d'accouchement...

... et matériel obstétrical (2006)

En 1905 un service d'Assistance Médicale Indigène (AMI) est créé. Il est chargé d'apporter gratuitement aux populations les soins médicaux et les conseils d'hygiène, de promouvoir la vaccination et la protection maternelle et infantile.

Le décret du 14 janvier 1918 crée l'École de médecine de l'AOF, fondant ainsi le premier établissement d'enseignement supérieur en Afrique. Elle formera jusqu'en 1953 581 médecins, 56 pharmaciens, mais aussi des infirmiers et des sages-femmes qui travailleront dans le cadre de l'AMI.

Entre les deux guerres apparaît une notion nouvelle, celle de médecine préventive et sociale.

En 1942 les services de santé de l'AOF sont réorganisés et centralisés à Dakar. L'Inspection médicale des écoles est créée.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'opinion publique internationale se montre plus critique à l'égard de la politique coloniale, et les priorités sont recentrées sur la santé infantile. Des programmes globaux se mettent en place pour lutter contre les grandes endémies.

L'Université Cheikh Anta Diop ayant été créée en 1957, l'École de médecine se transforme en Faculté de médecine en 1962.

Depuis l'indépendance le Sénégal est impliqué dans les grands programmes internationaux en faveur du développement et de la santé.

Aujourd'hui on ne meurt plus de faim au Sénégal, mais l'accès aux soins reste très inégal selon les régions et les revenus.

Organisation du système de santé

Intervention chirurgicale à l'hôpital de Louga

L'intitulé complet du ministère concerné est « Ministère de la santé et de la prévention médicale », une appellation qui met en avant les actions prophylactiques.

Huitième ministre de la santé depuis 2000, le Dr. Safiatou Thiama succédé à Abdou Fall, également porte-parole du Parti démocratique sénégalais. l'actuel ministre de la santé est madame Madame Thérèse Coumba DIOP.

Pyramidal, le système de santé du Sénégal comporte trois niveaux.

  • L'échelon central inclut le cabinet du ministre, les directions et les services rattachés.

Le poste de santé de Fadiouth

  • L'échelon régional est celui de la région médicale, qui correspond à une région administrative.
  • L'échelon périphérique correspond au district sanitaire. On dénombre actuellement dans le pays 50 districts sanitaires. Chacun dispose au minimum d'un centre de santé et d'un réseau de postes de santé, qui sont implantés dans les communes, les chefs-lieux de communautés rurales ou les villages relativement peuplés. Le district peut correspondre à tout ou partie d'un département.

Ce système fait néanmoins l'objet de nombreuses critiques, notamment en raison des exigences croissantes de rentabilité, mais aussi de la corruption que l'on observe ici comme dans d'autres domaines de la vie publique.

Pathologies spécifiques

Paludisme

Véritable problème de santé publique, le paludisme (également appelé malaria) est une maladie parasitaire transmise par les piqûres de moustiques . C'est Un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a été mis en place et un magazine trimestriel, Palu Infos fait le point sur l'actualité en la matière.

Les voyageurs ont généralement recours à des mesures de protection (sprays, diffuseurs électriques, moustiquaires) et à des médicaments antipaludéens adaptés à chaque cas.

De nouveaux produits génériques représentent un espoir pour les populations locales qui ne peuvent avoir accès à ces traitements souvent coûteux.

Sida

Mobilisation de lycéens de Thiès contre le SIDA

Selon ONUSIDA, une ONG des Nations-Unies, la proportion d'adultes (entre 15 et 49 ans) touchés par le virus du SIDA serait de 0,9%, l'un des taux les plus faibles du continent.

Selon ces mêmes sources, le nombre de personnes touchées par le VIH en 2005 est estimé à 61 000 (entre 29 000 et 100 000).

5 200 décès (entre 1 700 et 12 000) seraient imputables au SIDA au cours de l'année de référence.

Syphilis

La syphilis endémique est directement liée au milieu social, à la mauvaise hygiène et aux conditions de logement. Comme pour les autres Infections sexuellement transmissibles (IST), le risque s'accroît avec la prostitution et le tourisme sexuel.

Tuberculose

En ce qui concerne la tuberculose, la situation s'est stabilisée depuis quelques années.

On recense 9 500 cas d’infection par an, avec 2 à 4% de mortalité. Le taux de guérison est passé de 64% en 2002 à 72% en 2005. Selon les mêmes sources, la maladie est surtout localisée à Dakar et Thiès et touche davantage les hommes que les femmes.

Fièvre jaune

La fièvre jaune est une maladie virale grave, due à un arbovirus, le virus amaril, qui a été isolé en 1927 à la fois au Ghana et au Sénégal, à l'Institut Pasteur de Dakar. Le virus se transmet à l'homme par des moustiques du genre Aedes.

Ce virus fait l'objet de recherches au sein du Réseau International des Instituts Pasteur, notamment à l'Institut Pasteur de Dakar dont le laboratoire est également agréé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour fournir le vaccin aux programmes élargis de vaccination en Afrique.

La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée, mais non obligatoire, pour l'entrée au Sénégal.

Chikungunya

Le chikungunya est une maladie infectieuse tropicale, également due à un arbovirus (Alphavirus de la famille des Togaviridae), transmise par des moustiques du genre Aedes. Le risque d'infection par ce virus au Sénégal existe.

Bilharziose et filariose

La bilharziose (Schistosomiasis) est une parasitose assez commune dans les régions tropicales et notamment au Sénégal. On la contracte en se baignant dans des eaux douces infestées de vers, c'est pourquoi elle touche notamment les cultivateurs et les pêcheurs, mais aussi les jeunes enfants.

Au Sénégal on observe deux formes de la maladie : la forme uro-génitale due à Schistosoma haematobium et la forme intestinale due à Schistosoma mansoni. La bilharziose uro-génitale a été découverte dans le pays au début du XX siècle. On la trouve aujourd'hui dans la plupart des régions. De par sa fréquence, elle constitue la seconde endémie parasitaire après le paludisme. Quant à la bilharziose intestinale, les premiers cas ont été signalés au Sénégal en 1951. Aujourd'hui cette forme n'apparaît qu'occasionnellement et ponctuellement.

Liées à la présence d'eau douce stagnante, les bilharzioses sévissent dans le delta du fleuve Sénégal, notamment près de Richard-Toll, mais les nombreux projets d'aménagement hydro-agricoles constituent des facteurs de risques supplémentaires dans tout le pays.

Un Programme National de Lutte contre la Bilharziose (PNLB) a été mis en place.

La filariose est une maladie parasitaire due à des nématodes parasites appelés filaires. Comme la bilharziose, elle est liée à la présence d'eaux douces (fleuves, lacs).

Trypanosomiase

La trypanosomiase humaine (ou maladie du sommeil) est une maladie parasitaire qui a longtemps touché les vallées de l'Est du territoire (Ferlo).

Choléra

Des cas de choléra se déclarent de temps en temps au Sénégal et une épidémie a sévi dans la région de Touba en 2005. La maladie se transmettant par voie orale, notamment par des eaux souillées, son développement peut s'expliquer par les inondations qui ont touché le centre du pays à cette période. Le pays a connu une nouvelle alerte à partir du 3 août 2007. 1 274 cas dont 4 décès ont été enregistrés, principalement dans la région de Diourbel.

Méningite

Grâce aux campagnes de vaccinations, la méningite est en régression, mais on observe néanmoins des poussées saisonnières de février-mars jusqu’au printemps, tout particulièrement dans le Sénégal oriental, et occasionnellement dans le centre du pays (Kaolack, Fatick) et à Dakar.

Rougeole

Généralement bénigne dans les pays occidentaux, la rougeole a pourtant occasionné en moyenne 1 000 décès d'enfants par an jusqu'en 2002. C'est pourquoi un Programme élargi de vaccination (PEV) a été mis en place, incluant la rougeole, avec le projet de réduire de 95% la mortalité due à cette affection infantile.

Contrôle des naissances et avortement

Selon des estimations de 2007, le taux de fécondité reste élevé avec une moyenne de 5 enfants par femme. Quant au taux de mortalité infantile, il est de 60,15 sur 1 000 enfants nés vivants.

Malgré le poids des traditions, avec le recul de l'âge du mariage, les naissances hors mariage sont de plus en plus fréquentes, notamment en milieu urbain.

Pour les femmes, le taux d'emploi de contraceptifs est de 12% sur la période 1997-2004.

L'avortement est illégal au Sénégal.

Mutilations génitales féminines

La prévalence des mutilations génitales féminines (MGF) au Sénégal serait de 18 à 20%. Selon cette même étude de 1990, les mutilations seraient peu répandues chez les Wolofs et les Sérères, mais plus fréquentes chez les Peuls, les Diolas, les Toucouleurs et les Mandingues.

Les chiffres cités ont probablement reculé dans l'intervalle, car de nombreuses actions ont été menées, comme cette manifestation à Niodior en 2000, lorsque des représentants de 26 villages du Sine-Saloum ont rédigé une déclaration commune pour lutter contre ces pratiques.

L'excision est le thème central du dernier long-métrage du cinéaste sénégalais Sembène Ousmane, Moolaadé (2003).

Handicap

Selon le recensement de 1988, la population comptait 2% de handicapés, mais dans l'intervalle les critères ont changé et les chiffres de 2002 ne sont pas disponibles.

Le handicap est la principale cause d’exclusion sociale. Il marginalise les personnes victimes et les expose très souvent à la mendicité. Cependant des progrès ont déjà été accomplis dans l'intégration des handicapés, un festival international a été organisé et de nouvelles mesures sont à l'étude.

L'utilisation de mines pendant le conflit en Casamance a a fait plusieurs centaines de victimes, tuées ou mutilées. Des accidents surviennent encore, même si leur nombre a fortement décru (10 en 2005). Selon l'Observatoire des Mines, 93 des 3 446 villages de Casamance auraient été minés. En 1997 le Sénégal a ratifié la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel. Aujourd'hui le travail de déminage se poursuit.

Handicap International mène dans le pays des activités d'insertion socio-économique des personnes handicapées et de prévention du handicap.

Médecine Traditionnelle