C'est en 1921 que James Ewing (1866-1943) décrit cette tumeur en la distinguant des lymphomes et autres types de cancer connus à cette époque. Le terme de "sarcome" est en fait impropre, il s'agit d'une tumeur neuroectodermique primitive (primitive neuroectodermal tumor ou PNET).
C’est à l’Institut Curie qu’a été découverte, en 1984, et caractérisée, en 1992 par l'équipe dirigée par Olivier Delattre, directeur de l'Unité Inserm 830, la translocation chromosomique responsable de la synthèse d'une protéine anormale, montrant que cette tumeur était due à un échange accidentel de matériel génétique entre les chromosomes 11 et 22, les deux gènes cassés et recollés de façon anormale aboutissaient à la naissance d'un gène muté dirigeant la mise en place d'un programme aberrant. Cette découverte permit la mise au point, en 1994, d'un test-diagnostic de la tumeur d'Ewing, mais les cellules au sein desquelles se produisait l'échange restaient inconnues (endothéliale, neurale, épithéliale, etc).
En 2005, l'équipe du Professeur Stamenkovic de l'Université de Lausanne a démontré que les cellules d'origine de cette tumeur sont des cellules mésenchymateuses souches présentes dans l'os . Dans leur travail, le groupe du Prof. Stamenkovic a montré que la translocation EWS-FLI-1 possède la capacité d'induire le facteur de croissance IGF1, de transformer des cellules mésenchymateuses normales en cellules tumorales, et qu'elle constitue l'évènement initiateur du développement de ce sarcome. Cette découverte a par la suite été confirmée en 2007 par le groupe de recherche du Dr. Delattre, en collaboration avec l'Inserm de Tours, qui, après avoir mis en culture des lignée cellulaires de la tumeur, réussissent à « forcer » les cellules tumorales à retrouver leur statut d'origine. Ils ont ainsi confirmé qu'il s'agit de cellules souches mésenchymateuses capables de se différencier normalement en cellules soit osseuses, soit graisseuses. Cette découverte ouvre la voie à la création d'un modèle animal pour la recherche d'un traitement. Il va devenir possible de les rendre moins agressives et de s'opposer à leur prolifération.
En trente ans, le traitement a beaucoup évolué. Initialement axé sur la radiothérapie, il passe aujourd'hui par la chimiothérapie et l'exérèse de la tumeur au prix de possibles séquelles motrices.