Sexisme

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Introduction

Le sexisme est une idéologie prônant une hiérarchie et une opposition dans les rapports entre les genres. Considéré comme une discrimination (d'où sa construction lexicale analogue à celle du racisme, qui en est parfois rapproché). La lutte contre le sexisme est au coeur du féminisme, mouvement qui prend toutefois des allures très variées, et qui est à tord réservé par certains aux femmes.

La critique du sexisme dénonce l'idée selon laquelle les caractéristiques différentes des deux genres masculin et féminin impliqueraient l'attribution de rôles distincts dans la société, dans la famille, dans l'entreprise, dans la religion ou dans la politique.

Les sociétés « traditionnelles », ou « pré-modernes », présentaient une spécialisation des rôles entre hommes et femmes. Caricaturalement, les hommes se voyaient attribuer les arts et techniques, le clergé et l'armée, tandis que les femmes s'occupaient des taches ménagères et des enfants, étant réduites à la maternité. Cette spécialisation des rôles a porté certains à croire en l'incapacité des femmes à être performantes dans les tâches intellectuelles.

Concepts voisins

Commémoration des 14 victimes (toutes féminines) de la tuerie de l'École Polytechnique de Montréal (1989). L'auteur du massacre, Marc Lépine, déclara: « Vous êtes des femmes, vous allez devenir des ingénieures. Vous n'êtes toutes qu'un tas de féministes, je hais les féministes ». Selon le documentaire de Patric Jean, La Domination masculine (2009), ce massacre a ouvert la parole aux revendications masculinistes au Québec, critiquant le sexisme « envers les hommes ». Jean-Claude Rochefort, auteur de blog sur Internet, commémore ce jour comme celui de la Saint-Marc, « pour le souvenir de la première contre-attaque contre les féminazies [sic] dans la guerre contre les hommes. »

Le sexisme est souvent rapproché de concept tels que le machisme, la misogynie ou la misandrie, mais le sens de ces mots diffère : la misogynie ou la misandrie désignent le mépris ou la haine du sexe opposé (respectivement féminin et masculin) ; ces sentiments amènent à rejeter l'égalité de statut entre femmes et hommes. Un « macho » refuse ainsi les tâches traditionnellement attribuées aux femmes, comme le travail domestique, car cela porterait atteinte à l'idée qu'il se fait de sa virilité.

Le sexisme, quant à lui, désigne de manière plus générale une conception de la société soutenant que les différences de conditions dans les sociétés traditionnelles sont une constante naturelle et nécessaire résultant des différences empiriques ou d'une différence d'essence entre les hommes et les femmes. De ce point de vue, ces différences ont des implications profondes sur les structures de la société, comme la famille, l'entreprise ou l'État.

Le mouvement féminisme

13 des 19 premières femmes députées au monde, élues aux élections parlementaires finlandaises de 1907 (en).

Le mouvement du féminisme, apparu dans les sociétés européennes en gros au début du XX siècle, pour ne devenir véritablement important qu'après la Première et surtout la Seconde Guerre mondiale, a été à l'origine de la révolution sexuelle permettant d'une part, l'émancipation de la femme, d'autre part, la visibilité et la critique de plus en plus grande des phénomènes de discrimination sexiste, quels que soient ses domaines. Malgré ce processus général amorcé d'abord dans les sociétés de l'Europe du Nord et de l'Amérique du Nord dans les années 1960, et suivi plus tardivement dans l'Europe latine (en particulier dans les pays méditerranéens où des régimes conservateurs, tels le franquisme, l'Estado Novo de Salazar ou le régime des colonels en Grèce étaient en place) et en Amérique latine (où des dictatures militaires conservatrices étaient aussi en place, parfois national-catholiques).

Les premières revendications, liées à l'émergence de la démocratie, ont portées sur le droit de vote des femmes (suffragettes au Royaume-Uni, etc.). Le mouvement s'est ensuite élargi à la revendication de l'égalité dans la sphère du droit personnel (mariage, divorce, autorité parentale, etc.), à l'autonomie économique et financière (droit au travail, droit d'utiliser un compte bancaire, etc.), et à la disposition de son corps, déliant la sexualité de la reproduction sexuelle (révolution sexuelle avec l'apparition des différents moyens de contraception et luttes pour l'avortement).

« Vous pouvez serrer messieurs, mon corset est en valeine. » .

Ce mouvement n'a pas été restreint aux pays occidentaux, émergeant par exemple en Égypte dans les années 1920 (fondation de l'Union féministe égyptienne par Huda Sharawi en 1923), en même temps qu'aux Etats-Unis), ou en Tunisie (Tahar Haddad) . Il n'a cependant pas eu autant d'influence dans ces pays qu'en Europe ou aux Etats-Unis. En Amérique latine, il a aussi été considérablement retardé. Depuis peu, on voit cependant des ébauches de mouvements en faveur des droits des femmes se diversifier dans le monde entier. On peut ainsi citer le congrès sur le féminisme musulman à Barcelone du 3 au 5 novembre 2006, ou encore une série de lois indiennes du 25 octobre 2006 qui ont modifié l'essentiel du droit de la famille dans un sens égalitaire.

Le Religion & la Sexualité

Les femmes seraient « passives » : ainsi, jusqu'au début du XX siècle, l'Église n'admettait qu'un seul type de rapports sexuels : les rapports hétérosexuels vaginaux d'un couple marié, avec la femme sur son dos et l'homme au-dessus d'elle (position dite du missionnaire) ; tout autre rapport était considéré comme un péché et la femme ne pouvait refuser à l'homme d'avoir des rapports sexuels. Cette passivité supposée donne lieu également à des mutilations génitales féminines, notamment l'excision.

Les diverses méthodes contraceptives (pilules, préservatifs, etc.), contragestives (stérilets) et l'avortement sont illégaux dans certains pays . La morale dominante et la loi dénient dans certains pays à la femme un pouvoir de disposition total de son corps en matière de procréation.

Le divorce peut être limité, notamment au divorce pour faute à la demande du mari. Certaines sociétés religieuses admettent également des sévices corporels à l'encontre des femmes, à la discrétion du mari.

Le mouvement Masculinisme

La position masculinistes consiste à défendre les droits des hommes. Cette position défend que la libération sexuelle aurait eu des effets sur la liberté des hommes. Ils dénoncent également les jugements en matière de divorce ou de séparation qui aurait tendance a favorisé systématiquement la femme dans certains cas. Le droit des pères, notamment en ce qui concerne la garde des enfants, y serait insuffisamment reconnu. Ainsi, en France, jusqu'en 2002, l'enfant était confié dans 90% des cas à sa mère..

L'abolition du service militaire obligatoire par la plupart des États occidentaux au cours du XXI siècle, traditionnellement imposé aux hommes, a constitué une avancée importante des droits masculins. Dans certains pays comme l'Allemagne, le service militaire (Wehrpflicht en allemand) est obligatoire pour les hommes (sauf certaines exceptions) alors que les femmes ont la liberté d'intégrer ou non l'armée, à leur guise.

Les violences contre les hommes, en particulier conjugales, ne sont ni reconnues ni combattues par les pouvoirs publics. Au Canada, jusqu'en 1999, seules les femmes étaient interrogées lors d'enquêtes importantes sur la victimisation en milieu conjugal.

Le constructivisme Social

Hijras à New Delhi: une catégorie transexuelle traditionnelle de l'Inde. Les différences hommes/femmes sont-elles naturelles?

Les constructivistes, affirment que la quasi-totalité, sinon la totalité, des discriminations et des différences entre hommes et femmes s'expliquent par les conceptions et l'idéologie culturelle et religieuse.

Le mouvement des Queer's

Les positions queers (Désignant les personnes LGBT, lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels ») mettent l'accent non seulement sur le genre, mais aussi sur tous les phénomènes d'inter-genre ou encore de « troisième sexe » : transexualisme (lorsque le genre subjectivement ressenti entre en conflit avec « le sexe naturel » ), intergenres (hermaphrodisme, etc.), dragqueens, etc., et soutiennent que la division même de l'humanité entre hommes d'un côté, femmes de l'autre, est une bipartition socio-historique ayant des effets de violence symbolique et parfois concrète dans l'imposition de catégories juridiques (c'est un homme ou une femme?) pour des personnes intersexuelles).

Évolution historique

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Langage

Les usages linguistiques, comme l'utilisation du masculin grammatical (ou plus rarement du féminin grammatical) dans les langues comportants le neutre ou l'absence de titres professionnels ne faisant pas référence au genre (voir féminisation des noms de métiers en français) sont également considérés comme des formes de sexisme.

Economie

En France, les inégalités des hommes et des femmes devant les emplois demeurent.

Les salaires des femmes sont en moyenne plus faibles que ceux des hommes, mais cette différence ne tient pas compte des niveaux de formations.

Concernant les systèmes de retraite, les retraites par capitalisation (fonds de pension) désavantagent mécaniquement les femmes, contrairement aux systèmes par répartition, en étant calculé en fonction de l'espérance de vie . Ainsi, au Chili, en 2008, la différence entre une femme médecin et un homme ayant cotisé à un fonds de pension depuis 1981, date de son instauration par la junte militaire, sur les mêmes bases, était flagrante: 550 euros pour une femme et 945 euros pour un homme .

Voir aussi Différences de revenus entre hommes et femmes (en)

Différences salariales entres professions historiquement féminines et historiquement masculines

Infirmière : une profession historiquement féminine

Toutes les statistiques relatives à la rémunération signalent un net désavantage aux professions historiquement féminines. L'exercice du pouvoir en entreprise est historiquement masculin et il possède un salaire élevé, ce qui démontre le désavantage citè plus haut. En politique, les femmes sont moins présentes, sauf dans les pays scandinaves. Même à poste identique, les salaires des femmes sont parfois inférieurs à ceux des hommes dans plusieurs pays. Des politiques tentent de palier à ce déséquilibre par la promotion légale de la parité.

Le BIT préconise une rémunération égale entre les hommes et les femmes (principe À travail égal, salaire égal).

Droit et politique

En France, jusque dans les années 2000, les femmes n'avaient qu'une place restreinte sur la scène politique , des mesures sur la parité ayant été progressivement mises en place. Leur égalité juridique n'est venue que dans les années 1960-70 (permission d'utiliser un carnet de chèque sans l'autorisation du mari, responsabilité parentale, etc.).

Diverses mesures législatives ont été prises dans plusieurs Etats pour promouvoir l'égalité homme-femmes. Le Parti travailliste britannique proposait ainsi, en 2010, la promulgation de l'Equality Bill (en) qui reprendrait la plupart des mesures promulguées antérieurement, en en ajoutant quelques-unes; le pape Benoît XVI s'est durement opposé à cette proposition de loi .

La discrimination fondée sur le sexe est illégale dans de nombreux pays. Mais même dans les pays ayant établi l'égalité des sexes dans la loi, il peut rester des lois conférant une prérogative ou un devoir à un genre plutôt qu'à l'autre, par exemple concernant :

  • la transmission du nom ;
  • les obligations militaires ;
  • la dispense de certaines épreuves dans l'accès à certaines professions ;
  • l'âge de la retraite ;
  • les droits de rentes ou de garde en cas de divorce et de veuvage.
  • ou encore l'existence de services, de lieux réservés à un des sexes.

Sexualité et mariage

Les femmes seraient « passives » : ainsi, jusqu'au début du XX siècle, l'Église n'admettait qu'un seul type de rapports sexuels : les rapports hétérosexuels vaginaux d'un couple marié, avec la femme sur son dos et l'homme au-dessus d'elle (position dite du missionnaire) ; tout autre rapport était considéré comme un péché et la femme ne pouvait refuser à l'homme d'avoir des rapports sexuels. Cette passivité supposée donne lieu également à des mutilations génitales féminines, notamment l'excision.

Les diverses méthodes contraceptives (pilules, préservatifs, etc.), contragestives (stérilets) et l'avortement sont illégaux dans de nombreux pays . La morale dominante et la loi dénient le plus souvent à la femme un pouvoir de disposition total de son corps en matière de procréation. Même pour John Locke qui admet le droit de propriété sur son propre corps, l'être humain n'a pas le pouvoir d'en disposer librement.

Le divorce peut être limité, notamment au divorce pour faute à la demande du mari. Certaines sociétés admettent également des sévices corporels à l'encontre des femmes, à la discrétion du mari.

La polygamie est presque toujours exclusivement masculine (un homme pour plusieurs femmes).