Introduction
Spacebus® est le nom donné à la famille de satellites de télécommunications géostationnaires développée à partir des années 1980 par Aerospatiale, devenue maintenant Thales Alenia Space, dans le Centre spatial de Cannes Mandelieu.
Spacebus® est le nom donné à la famille de satellites de télécommunications géostationnaires développée à partir des années 1980 par Aerospatiale, devenue maintenant Thales Alenia Space, dans le Centre spatial de Cannes Mandelieu.
À cette époque, Aerospatiale est alliée avec la firme allemande MBB pour la réalisation de satellites, dont le programme franco-allemand Symphonie. Suite à un concours à idées lancé au sein des deux firmes, c'est Guy Lebègue, ingénieur au département marketing d'Aerospatiale/Satellites, qui invente ce nom le 23 août 1983, par référence au programme aéronautique Airbus.
Un accord franco-allemand Spacebus, est signé le 9 décembre 1983 entre Henri Martre, PDG d'Aerospatiale, et Hans Vogels, président de MBB. La marque Spacebus est déposée à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI).
Le nom devient celui d'un produit qui va se vendre à des dizaines d'exemplaires, tous exportés, un gros apport de devises pour les pays des entreprises participant, une référence pour leur balance commerciale compte tenu du prix d'un Spacebus qui est proche de celui d'un Airbus A320.
Un numéro d'ordre suit le nom, représentatif de la classe de poids des satellites : 1000, pour la tonne, 2000, etc.
Le nom Spacebus fut attribué également aux satellites en cours de réalisation lors du dépôt de marque, bien que d'architecture différente (mais absolument pas aux satellites Symphonie qui étaient déjà lancés depuis plusieurs années, et ne sont donc pas des Spacebus) :
Un satellite est généralement composé de deux parties : la charge utile spécifique à la mission (télécommunication, observation de la Terre, navigation, mission scientifique, etc.) et la plate-forme (ou module de service) destinée à lui apporter toutes les fonctions nécessaires.
L'idée était de développer une plate-forme générique, permettant de s'adapter aux diverses missions futures et aux évolutions des capacités des lanceurs, pour en réduire les coûts de fabrication, bénéficiant, si possible, d'un effet de série.
Et, effectivement, plus d'une soixantaine de Spacebus ont été réalisés, depuis les SB100 des satellites Arabsat de la classe d'une tonne, en 1981, jusqu'aux SB4000 de plus de cinq tonnes des années 2000.
L'architecture de la plate-forme est basée sur :
L'évolution des Spacebus vers le haut suit celle des capacités des lanceurs depuis Ariane 1 jusqu'à Ariane 5. Mais il faut noter également que les Spacebus ont toujours été conçus pour s'adapter à tous les lanceurs disponibles sur le marché commercial : non seulement les diverses versions d'Ariane, mais également les Thor Delta, Atlas, Soyouz, Proton, Longue Marche et même, exceptionnellement, pour un lancement par la navette spatiale Discovery pour l'un des modèles d'Arabsat lancé sur la mission STS-51-G.
Ces versions sont déclinées dans les rubriques suivantes. Les tableaux citent la "fin de mission", c'est-à-dire la fin d'utilisation opérationnelle ; après quoi, le satellite est souvent hors contrôle, peut-être légèrement désorbité (manœuvre fortement recommandée à l’"Opérateur" du satellite), va dériver pour l'éternité, sa "fin de vie" ne voulant pas dire grand chose.
Certains satellites ont changé d'opérateur, avant leur lancement, ou lors de leur vie orbitale. Ils peuvent même, dans ce cas, changer de position orbitale.
Pour alléger cet article, la liste de tous les satellites figure dans un article séparé:

Arabsat-1B à la sortie de la soute de la navette spatiale
C'est la première apparition de l'architecture définitive, en 1981, avec la réalisation des trois premiers satellites Arabsat pour les 22 pays de la Ligue arabe, avec une puissance électrique de 2 KW. Un peu plus tard au cours du programme, le nom Spacebus 1000 fut utilisé, pour comparaison avec les Spacebus 2000.
Lanceurs
Comme mentionné dans l'historique, ce nom fut attribué aux 5 satellites de télévision directe, avec une puissance électrique de 4,3 KW, du programme franco-allemand:
Lanceurs
Ils ont tous été lancés par des Ariane
28 octobre 1988 : lancement de TDF 1, Premier satellite européen de télévision directe.

Hotbird-1, un Spacebus 2000
L'architecture évolue vers le haut avec la disponibilité de nouvelles versions d’Ariane 4. La puissance électrique est 3,5 KW.
Les clients se diversifient. Apparaissent :
Lanceurs
Avec la perspective des lancements par Ariane 5, apparaît la famille Spacebus 3000 avec des masses allant de 2 à 6 tonnes et des puissances électriques de 5 à 16 kW. Elle va se décliner en plusieurs versions, profitant de coiffes de plus en plus grandes.
En 1991 la coopération avec DASA s'étend à Alcatel Espace, Alenia et Space Systems/Loral, prenant le nom d'Alliance Satellites.
Première version développée pour la seconde génération pour Arabsat. Elle sera adoptée par deux nouveaux clients :
Lanceurs

Eurobird 1, un Spacebus 3000B2
Pour les versions B, la dimension de base du satellite est 2,3 x 1,8 m. Pour la version B2, la hauteur du corps de la plate-forme est 2,8 m, permettant d’accommoder une surface radiative et une puissance électrique allant jusque 6,5 kW.
Eutelsat, déjà client commande 6 satellites.
Son satellite W5 rencontre un problème technique majeur en 2008, six ans après sa mise en service : un moteur d'entrainement en rotation d'une aile de panneaux solaires se bloque, privant le satellite de la moitié de sa puissance, obligeant l'opérateur à délester sa charge utile, arrêtant certains canaux.
De nouveaux clients :
Lanceurs

Satellite Stellat, un Spacebus 3000B3
Pour cette catégorie, la hauteur du corps est portée à 3,7 m, autorisant une puissance électrique de 8,5 kW. Six nouveaux clients :
Lanceurs
Un nouveau client : SES Astra, Luxembourg. Un seul satellite dans cette classe : Astra-1K. À cette époque, ce fut le plus gros satellite de communication commercial jamais réalisé, avec une puissance de 13 KW. Il fut perdu lors de son lancement du fait d’un échec du lanceur russe Proton.
La famille 4000 apparaît avec, principalement, une modification de l'avionique (Avionics 4000):
Elle se décline, comme pour la série B, selon la hauteur du satellite, en 4000B2, 4000B3. Et apparaît une nouvelle version C, dont les dimensions de base sont 2,2 x 2,0 m.
Spacebus Itar-Free
Quelques satellites de cette famille ont été conçus pour être Itar-Free, leur permettant l'exportation vers la Chine pour un lancement par le lanceur Longue Marche.
Quatre nouveaux clients :
Pour cette version B3, la hauteur du satellite est 3,7 m, avec une puissance de 8,5 kW. Trois nouveaux clients :
Lanceurs
Pour le C1, la hauteur est 4 m et la puissance électrique 8,5 kW.
Un nouveau client : Korea Telecom, pour la Corée.
Un nouveau type de lanceur est utilisé : Zenit sur la base de lancement mobile sur l’Équateur, Sea Launch.

Satellite Apstar-6, un Spacebus 4000C2
Avec une hauteur de 4,5 m, la puissance installée est 10,5 kW. Trois clients chinois commandent cette version :
Lanceurs
Pour tous ces satellites destinés à couvrir la Chine, c'est naturellement que Longue Marche est retenue.

Satellite Eutelsat W3B, un Spacebus 4000 C3
Avec une hauteur de 5,1 m, cette famille peut recevoir 13 kW de panneaux solaires.
Quatre clients, dont deux déjà connus, et un nouveau en 2008 et un autre en 2009 :
Avec une hauteur de 5,5 m, cette famille peut recevoir 16 kW de panneaux solaires.
Un nouveau client: Ciel Satellite, Canada et son satellite Ciel-2, lancé le 11 décembre 2008 au cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.
W-2A est le premier satellite équipé d'une antenne de 12 m de diamètre pour diffuser vers les mobiles en bande S sur l'Europe (Inmarsat utilise la bande L), une charge utile appartenant à Solaris Mobile.
Lanceurs
Le 6 décembre 2007, Thales Alenia Space signe un accord de coopération industrielle avec la société russe NPO PM (ru:НПО ПМ), de Jeleznogorsk, pour le développement d'une plate-forme multimission de grande puissance, baptisée Express-4000, basée sur l'architecture du Spacebus 4000.
Express-4000 est une plate-forme à injection directe (GSO) compatible avec le lanceur Proton construite, intégrée à Krasnoïarsk et commercialisée par NPO PM. Elle embarquera une charge utile de télécommunications construite par Thales Alenia Space.