Le 30 septembre 1999, un grave accident de criticité a eu lieu dans l'usine de Tokaimura de la JCO.
Il s'est produit dans une cuve de décantation à la suite d'une manipulation d'une quantité d'uranium (environ 16 kg), dépassant très largement la valeur de sûreté (égale à 2,3 kg). Cette erreur humaine est à l'origine de l'amorce d'une réaction en chaîne ; ce que l'on appelle un accident de criticité. Cet accident a tué deux ouvriers et necessité l'hospitalisation d'un troisième. 119 personnes ont été exposées à des doses de plus de 1 mSv mais seules les doses subies par les trois ouvriers étaient au dessus des normes autorisées.
Déroulement :
Le 29 septembre 1999, sous la conduite de 3 opérateurs :
- 4 dissolutions de rebuts dans un seau de 10 litres par charge de 2,4 kg d’U
- Transfert de chaque lot de solution de nitrate d’uranyle dans le précipitateur via un flacon de 5 litres
- 9,6 kg d’uranium sont présents dans le précipitateur
Le 30 septembre 1999 :
- 2 dissolutions supplémentaires sont réalisées, la cuve contient alors 14,4 kg d’uranium
- À 10 H 35, transfert de la 7ième charge dissoute dans le précipitateur
- Presque à la fin du transfert (183 g d’U ont été retrouvé à l’extérieur de la cuve), déclenchement des sondes gamma dans le bâtiment ainsi que dans deux bâtiments voisins
Une zone interdite de 200m a été mise en place, ainsi que l'évacuation des habitants dans un périmètre de 350m, et le confinement des habitants au-delà de 350m. Les enfants ont été confinés dans les écoles. Le confinement a aussi été imposé dans la ville de Naka-machi proche de Tokai. La gravité de cet accident nucléaire est de magnitude 4 selon l'échelle INES.
On reproche à la compagnie JCO (filiale de Sumitomo), ayant depuis changé de nom et de direction :
- Accident qui a pour origine la violation des règles les plus élémentaires de sûreté (non respect des procédures approuvées) Contraintes d’exploitation pour avoir des procédés plus efficaces
- Manque de formation en criticité des opérateurs
- Manque de culture de sûreté du personnel de JCO
- Accoutumance au non accident : le risque de criticité était considéré, par les exploitants et les autorités de sûreté, comme improbable d’où l’absence d’experts et de contrôles