L'Université de Provence - Aix-Marseille I est l'une des quatre universités de l'académie d'Aix-Marseille. Elle rassemble les disciplines de Sciences, essentiellement à Marseille, et de Lettres et Sciences humaines, essentiellement à Aix-en-Provence. Le siège de l'Université est situé à Marseille, place Victor-Hugo, près de la gare Saint-Charles. Elle compte 25 000 étudiants.
Histoire
En 1409, Louis II de Provence crée une université à Aix-en-Provence. Comme partout en France, celle-ci est dissoute par la Convention en 1793.
En 1806-1808, Napoléon I crée l'Université de France, composée de facultés dans cinq ordres (disciplines) : droit, théologie, lettres, sciences, médecine. L'ancienne université renaît à Aix-en-Provence sous la municipalité d'Antoine Aude, sous la forme d'une faculté de droit et d'une faculté de théologie, puis, en 1846, d'une faculté des lettres, située au cœur de la ville, rueGaston-de-Saporta. Enfin, en 1854, Napoléon III crée une faculté des sciences à Marseille.
Un des bâtiments construits sur le site de Saint-Charles entre 1911 et 1914, récemment rénové
Sous la Troisième République, le corps de facultés de chaque académie est renommé université. Dès les années 1880, la faculté des sciences est trop à l'étroit dans ses locaux des Allées de Meilhan (haut de l'actuelle Canebière). La construction d'une nouvelle faculté est entreprise sur le plateau Longchamp, puis abandonnée. La municipalité décide alors de bâtir « une université complète » dans le quartier Saint-Charles, sur les terrains de l'ancien cimetière du Racati, fermé en 1876. Le projet est confié à Victor-Auguste Blavette en 1896. Ce n'est qu'en 1910 que le doyen Léon Charve parvient à lancer les travaux, mais pour seulement une faculté des sciences, Aix ayant fait opposition au projet d'implantation à Marseille du siège de l'académie. Et c'est seulement en 1919 que les trois instituts scientifiques (Mathématiques et Physique, Chimie, Sciences naturelles) s'installent dans les locaux de Saint-Charles.
Dans les années 1950, le développement de nouvelles disciplines d'enseignement, et surtout l'accroissement important du nombre des étudiants, provoque la construction de locaux nouveaux : à Aix sur l'avenue Robert-Schumann (Lettres et sciences humaines, mais aussi droit et sciences économiques), à Marseille sur le site de Saint-Charles (le 5 bâtiment). Puis sont créés à Marseille deux sites excentrés : Saint-Jérôme (dans le quartier du Merlan) et Luminy, qui se veut un « campus à l'américaine », modèle alors inconnu en France. L'Université d'Aix-Marseille compte alors plus de 40000 étudiants, et devient ingérable.
Le centre Saint-Charles de l'Université de Provence, siège de l'Université
Après l'explosion de mai 68, la loi Faure redéfinit les universités en unités plus petites, mais sur le mode pluridisciplinaire : à Aix-Marseille, les lettres et les sciences, disciplines considérées comme plutôt « progressistes », décident de s'unir (avec l'exception notable des scientifiques de Luminy), alors que les disciplines plus « traditionnelles » comme le droit et la médecine s'organisent de leur côté. L'Université d'Aix-Marseille I, qui se donne comme nom Université de Provence, est née.
C'était sans compter sur l'esprit de revanche des « mandarins », notamment en sciences. En 1973, suite à des pressions exercées auprès du Ministère de l'Éducation nationale, ceux-ci, sous la conduite du juriste Charles Debbasch, font sécession et créent, malgré l'opposition combattive de la majorité des scientifiques, une troisième université : l'Université de Provence est amputée de la quasi-totalité du centre de Saint-Jérôme, et les tensions mettront des années à se résorber entre les scientifiques marseillais, désormais répartis entre trois universités concurrentes.
Les années 2000 apportent une accalmie, et surtout la prise de conscience du tort que ces divisions apportent à la réputation des universités marseillaises. Un accord de non-concurrence est conclu, et une structure fédérative des universités marseillaises est en cours de constitution, permettant une meilleure lisibilité de l'offre, une synergie des moyens, et en fin de compte un classement amélioré dans la compétition internationale.
En 2009/2010, l'Université de Provence doit constituer avec les deux autres universités d'Aix-Marseille un établissement universitaire unique.
Classement international
Au classement mondial 2008 des universités effectué par la Jiao Tong University de Shanghai, (Academic ranking of World Universities) l'Université de Provence Aix-Marseille I occupe la 454ème place et se situe dans la fourchette 139-210 des universités européennes. Elle est classée dans la fourchette 8-23 des universités/écoles françaises.
Les composantes de l'Université
Secteur Lettres et Sciences Humaines
UFR Lettres, Arts, Civilisations et Sciences du langage (LACS)
UFR Langues Anglo-Germaniques et Langues Etrangères Appliquées (LAG-LEA)
Aix-en-Provence (avenue Robert-Schuman) : vice-présidence, services généraux, toutes les UFR et tous les enseignements de Lettres et Sciences humaines, SCEFEE, CTEL, SCAM, CFMI, BIU Lettres
Aix-en-Provence (Jas-de-Bouffan) : Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme (laboratoires de recherche en sciences humaines)
Arles : départements d'IUT (Informatique, Services et réseaux)
Avignon : IUFM (PE, PL lettres et sciences)
Digne : départements d'IUT (Génie biologique, Gestion administrative et commerciale)
Digne : IUFM (PE)
Lambesc : Département des sciences de l'éducation (annexe)
Vie étudiante
Évolution démographique
Évolution démographique de la population universitaire
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
25 231
25 097
24 582
24 816
23 495
22 885
21 125
19 888
21 993
Personnalités liées
Les présidents de l'U.P. depuis sa création
A l'issue des événemants de 1968, ce qui allait devenir l'Université d'Aix-Marseille-I a été administrée provisoirement pas un Conseil transitoire de gestion, présidé par le Professeur Georges Bodiou. La première élection de la direction de l'université dans le cadre de la Loi Faure a eu lieu en 1971. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une disposition statutaire, le choix des présidents successifs de l'U.P. a toujours respecté une stricte alternance entre scientifiques et littéraires.