L'Université Grenoble III est née officiellement en 1970 sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, suite à la loi Edgar Faure. Mais ses origines remontent au Moyen Âge avec l'Université de Grenoble.
L'Université de Grenoble médiévale
L'université de Grenoble fut fondée en 1339 par le dauphin Humbert II. On y enseigne le droit canonique, le droit civil, la médecine ainsi que les arts libéraux. Fermée une première fois en 1367, beaucoup de tentatives de réouverture se solderont par des échecs, d'autres trouveront une issue plus positive. Jugée corporatiste et conservatrice à l'instar de ses consœurs, la Révolution la condamne à disparaître en 1793.
Époque moderne
Au début du XIX siècle, Napoléon I crée l'Université Impériale, en fait une simple instance administrative. Grenoble devient le siège d'une académie qui regroupe en 1879, place de Verdun, les facultés de Droit, Lettres et Sciences, totalement indépendantes les unes des autres et placées sous la tutelle directe d'un recteur.
Réactivée par la III République, l'université de Grenoble compte environ 560 étudiants à la fin du XIX siècle. Regroupement formel de facultés, elle acquiert une dynamique certaine avec le développement d'un tissu industriel et l'émergence des premiers grands établissements scientifiques comme l'ex-Institut Électrotechnique devenu Grenoble INP. La Faculté des Lettres n'échappe pas à cette effervescence créatrice. En 1898 démarrent les premiers cours de vacances du Comité de Patronage et l'on assiste, dans la foulée, à la mise en place de l'Institut de Phonétique (1904) par Théodore Rosset, puis de l'Institut de Géographie Alpine (1908) dont les renoms dépasseront largement nos frontières.
En 1906 la Faculté des Lettres soutient Julien Luchaire, professeur de langue et littérature italienne, qui créé l’Institut français de Florence premier de tous les Instituts français du monde entier, qu’il dirige jusqu’en 1918. Elle assure aussi la "tutelle" des instituts français de Naples, Rome. Jusqu'en 1960 les effectifs de l'Université augmentent en accord avec les capacités d'accueil des établissements disséminés au sein de l'agglomération grenobloise : 3950 étudiants en 1946, 4378 en 1955 et 7740 en 1960. De 1960 à 1971 le sursaut démographique de la Libération porte le nombre d'étudiants à 25000 et ouvre la porte à l'après-place de Verdun.
Création de Grenoble-III
Par le biais de la loi Edgar Faure (1968) un nouveau type d'université voit le jour : l'Établissement Public à Caractère Scientifique, Culturel et Professionnel (EPCSCP) doté d'une autonomie affirmée. Les facultés sont supprimées et remplacées par des Unités d'Enseignement et de Recherche (UER) qui deviendront plus tard des Unités de Formation et de Recherche (UFR). L'acte de naissance de l'université de Grenoble-III dénommée Stendhal et de ses 3 consœurs grenobloises (Grenoble I, Grenoble II et Grenoble-INP) est signé en 1970.
Grenoble-III n'est pas l'exacte réplique de l'ex-Faculté des Lettres et Sciences humaines puisque la seconde branche (sociologie, psychologie, histoire...) rejoint Grenoble-II tandis que la filière de géographie est dépend elle de Grenoble-I.
Époque contemporaine
Dès sa création, Grenoble-III s'ouvre à de nouveaux domaines et à de nouveaux débouchés nés des Sciences du Langage, de la Communication et des Langues Etrangères Appliquées (LEA). Les initiatives se multiplient, avec pour but de diversifier au maximum les filières en conjuguant filières généralistes et filières à vocation professionnelle :
- nouveau département de LEA en 1971 en corrélation avec l'avènement de l'Europe
- diplôme de MST Juristes économistes trilingues en 1974
- licence et maîtrise Information et Communication en 1987
- DESS de Traduction spécialisée et Production de Textes multilingues en 1992
- création de l'UFR des Sciences de la Communication et des Sciences du Langage en 1989