Au milieu du marécage émergeaient des nombreuses îles, qui furent le siège de communautés humaines depuis la préhistoire. Les premiers habitants de cette vaste aire mangeaient des racines, des herbages, fruits sauvages, lait, poissons et gibier. À cause de la conformation du terrain, caractérisé par de vastes étendues d'eau, ils vivaient dans une multitudes de petits centres isolés, dont chaque menait une vie plus ou moins indépendante des autres (voir image 3). Leurs cabanes étaient construites avec les matériels que la nature offraient : bois, cannes, herbes sèches, boue. Ces habitations étaient de roseau ou « cannes palustres » (palis atque virgultis), comme le roseau (ou canne, ou paille, ou chaume), usage qui, dans quelques rares cas, c’est maintenu jusqu'au début du XX siècle.
Avec le déroulement des siècles et le l’ensablement progressif des eaux, la partie cispadane (régions au sud du Pô) de la Padusa devient une forêt, selva litana, ou un cordon littoral, en s'étendant du Pô de Primaro ou du Reno jusqu'à l'Émilie, sur bien 60 milles (environ 100 km, 1 mille = 1 852 m).