Zèbre un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner plusieurs espèces différentes de la famille des équidés, tout comme les ânes. Les zèbres se trouvent principalement en Afrique centrale et australe. Ces animaux se caractérisent par des bandes de rayures verticales noires et blanches. Bien que la phylogénie des équidés soit peu connue, ce groupe est manifestement paraphylétique, c'est-à-dire que si tous ces animaux descendent bien d'une espèce commune, toutes les espèces descendantes de celle-ci ne sont pas que des zèbres. Il y a aussi des chevaux et des ânes qui sont plus ou moins proches de chacune de ces espèces.
Données physiologiques
Un zèbre
Peau de Zèbre de montagne de Hartmann
Les zèbres mesurent de 1,20 à 1,50 mètres au garrot, et vivent en moyenne 25 à 30 ans (jusqu'à 40 ans dans un zoo). La longueur du corps va de 2,20 à 2,80 mètres et la longueur de la queue de 45 à 60 cm. Le poids est de 175 à 400 kilogrammes maximum pour les zèbres de Grévy. La vitesse de pointe : 56 km/h (record: 64 km/h).
Zèbrures
Les zèbres sont avant tout reconnaissables aux bandes noires sur fond blanc de leur pelage. Si le zèbre de Burchell possède de vingt-cinq à trente raies, le zèbre de Grévy en compte environ quatre-vingts et le zèbre des montagnes quarante-trois.
Une légende africaine demande si le zèbre est blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches. Cette question a généré de nombreuses légendes ou réponses fantaisistes mais des explications plus scientifiques existent.
Formation des rayures
Ce poulain de race Sorraia à la robe souris est partiellement zébré à la naissance. Ces nuances s'estomperont rapidement, sauf pour la rayure dorsale (raie de mulet) et sur les membres.
Les premières populations de zèbres étaient de couleur gris-ardoise. Les spécialistes pensent généralement, en observant les rayures partielles du Quagga et en tenant compte de la pigmentation nécessaire aux animaux pour survivre sous le soleil d'Afrique, que les zèbres étaient originellement des animaux pigmentés de noir et que les raies se forment par inhibition de la production de mélanine.
Les raies noires et blanches du zèbre sont absentes au stade fœtal initial, ils sont entièrement noirs. Les rayures finissent par apparaître par bandes d'environ quatre cents micromètres (vingt fois une cellule). Les rayures sont alors d'autant plus nombreuses que l'animal est gros. Elles grandissent ensuite avec lui. Selon J.B.L. Bard, les espèces de zèbres diffèreraient selon le stade embryonnaire auquel apparaissent les raies.
En 1952, Alan Turing a démontré que « même si la concentration initiale en morphogène est uniforme, la combinaison de réactions chimiques et de diffusion des substances à travers les tissus peut faire apparaître un motif» et aussi que « ce motif dépend du type de réactions impliquées, de la forme de la région et des concentrations initiales ». Ainsi l'évolution vers des rayures au lieu de taches n'est pas difficile et dépendra de la taille et du temps de gestation de l'espèce.
Ceci conforte la théorie du Dr Debra Kay Bennett en 1980 selon laquelle les espèces de zèbres sont chacune plus proche d'une espèce de cheval qu'entre elles car « il suffit alors d’une petite modification des relations temporelles des processus qui sous-tendent la formation du motif » pour faire apparaitre des rayures au lieu de taches. Ceci a donc pu se produire indépendamment au cours de l'évolution des différentes espèces devenues des zèbres.
Rôle
Zèbre albinos
On ignore encore exactement pour quelle raison les rayures apparaissent.
Dans la savane, le zèbre est très visible, ce qui tendrait à être une exception à la règle du camouflage. On peut donc se demander raisonnablement quels avantages apportent ces rayures. Dans les années 1970, des recherches ont pointé le fait que la mouche tsé-tsé, responsable de la maladie du sommeil est attirée par des larges zones monochromes : les rayures permettraient de se protéger du parasite. Or, il s'avère que les zèbres, comme les gnous et les gazelles, résistent bien à cette maladie.. Les rayures auraient surtout un effet stroboscopique sur les prédateurs. Lorsque tout un troupeau s'enfuit, les raies des divers individus se mélangent, rendant flou le contour d'un animal aux yeux d'un lion, par exemple. Enfin, certains chercheurs attribuent à ces couleurs un rôle social, la disposition des bandes permettant la reconnaissance des individus entre eux.
Prédation
Le zèbre est une proie appréciée par les lions.
Les lions et les hyènes peuvent s'attaquer aux zèbres adultes, les jeunes poulains et les jeunes pré-adultes peuvent être la proie des lycaons, guépards, léopards. Les prédateurs s'attaquent aux animaux vulnérables, atteints de maladies, âgés, blessés, isolés, jeunes ou aux femelles au terme d'une gestation, moins rapides. Le zèbre est rapide à la course, il peut faire des pointes à une vitesse de 56 km/h pour distancer une lionne par exemple, et peut maintenir cette allure sur plusieurs centaines de mètres. Il peut courir à une vitesse d'environ 40 km/h sur plusieurs kilomètres. Le zèbre et les autres équidés peuvent mordre, d'un coup de sabot, il peut briser la mâchoire d'une lionne et ses ruades peuvent être mortelles.
Espèces de zèbres
Les populations de zèbres varient beaucoup, et les liens entre les espèces ne sont pas encore très bien compris. La taxinomie des zèbres est encore discutée et instable.
Les classifications
Espèces habituellement citées dans les classifications classiques :
Equus burchellii Gray, 1824 ou Zèbre de Burchell (zèbre des plaines, synonyme du suivant)
Les espèces sont notamment caractérisées par un nombre différent de chromosomes : 46 pour Equus grevyi, 44 pour Equus quagga, et 32 pour Equus zebra.
Une nouvelle classification a été proposée en 2004 par les anglais C.P.Groves et H.B. Bell, d'après l'observation traditionnelle du pelage et des crânes de ces animaux :
Le zèbre de Burchell (Equus quagga, syn. Equus burchellii), encore appelé zèbre commun ou zèbre des plaines est le plus commun. Selon les dernières recherches (2004) il comporterait six sous-espèces, réparties entre l'Afrique de l'Est et du Sud. Le « zèbre de Burchell vrai » désignerait en fait une sous-espèce éteinte (Equus quagga burchelli) ou n'ayant jamais existé ;
le zèbre des montagnes (Equus zebra), de l'Afrique du Sud-Ouest, tend à avoir une toison lisse, un ventre blanc et des rayures plus rapprochées que son cousin des plaines. Il comprend deux sous-espèces, en danger d'extinction ;
le zèbre de Grévy (Equus grevyi) est le plus grand de tous les zèbres. Il possède une longue crinière hérissée ainsi qu'une tête longue et étroite qui le fait ressembler à une mule. C'est un habitant des savanes d'Éthiopie, de Somalie et du nord du Kenya. Il est également menacé d'extinction.
Étymologie et vocabulaire
Le terme zèbre est probablement issu du latin vulgaire *eciferus, variation populaire de equiferus c'est-à-dire de « cheval sauvage » en latin classique. Il serait parvenu en français par l'intermédiaire du portugais zebra, nom qui dans cette langue servait initialement à désigner un âne sauvage, le zevro ou zebro, particulièrement abondant dans la péninsule Ibérique jusqu'au XVI siècle. Les formes anciennes du français sont ezebra, enzebra, Ezebrera.
Le petit du zèbre s'appelle le zébreau et la femelle du zèbre s'appelle la zébrelle. On rencontre aussi le terme zébresse ou zebrette.
On dit que le zèbre hennit comme le cheval mais le zèbre de Grévy brait, comme l'âne.
Les noms vernaculaires
Note : la classification des zèbres étant fluctuante, les noms scientifiques peuvent correspondre à des synonymes désormais invalides. De même, certains taxons peuvent avoir plusieurs noms vernaculaires différents en français.
L'anglais Lionel Walter Rothschild (1868-1937) avec son attelage de zèbres.
Course de zèbres
Le zèbre a fait l'objet de plusieurs tentatives de domestication en raison de sa résistance au climat chaud, aux maladies africaines et de sa rapidité supérieure à celle du cheval. Toutefois, ces tentatives ne se sont pas révélées concluantes : l'animal est plus peureux et imprévisible que le cheval.
Hybrides
Le Zébrâne est le croisement d'un zèbre et d'une ânesse.
Le Zébrule est le croisement d'un zèbre et d'une jument.
Reconstitutions
Le Quagga contemporain est une tentative de restitution de cette sous-espèce. Il s'agit d'un élevage sélectif du Zèbre des plaines (Equus Quagga) dans le but de retrouver l'apparence de l'animal disparu après avoir découvert la grande similitude de l'ADN des spécimens disparus avec celui des zèbres modernes.
Les zèbres dans la culture
Vocabulaire
« Zébré » est un adjectif, dérivé de zèbre, qui signifie rayé, souvent de rayures noires et blanches alternées maispas obligatoirement.
Dans plusieurs langues (comme l'espagnol, l'anglais ou le néerlandais), on appelle le passage piéton respectivement le passage-zèbre, le croisement-zèbre et le sentier-zèbre.
Idiotismes animaliers : un drôle de zèbre est un individu douteux et filer comme un zèbre veut dire courir très vite.
Le symbolisme du zèbre
Le zèbre est un symbole de courage car il entreprend de grandes migrations annuelles pour chercher des pâturages, malgré les lions et les tigres ou encore les crocodiles qui les menacent.
Le zèbre est aussi un symbole du métissage et de l'harmonie entre les races. Ainsi le zèbre est le symbole animal du Botswana : ses rayures noires et blanches ornent le drapeau depuis 1996 et deux zèbres affrontés encadrent les armoiries du pays.
En Angola, des crinières de zèbres sont portées lors de danses rituelles ayant lieu pour les cérémonies d'initiation des jeunes lors des rites de «transformation».
Dans l'art du Feng shui le zèbre est le symbole de la tranquillité dans toute circonstance.
Zèbres dans l'art et la fiction
« Les Zèbres » ou « le Zèbre » est un surnom ou un titre souvent donné en référence à des bandes noires et blanches ou à un personnage peu fiable.
Zig Zag, l'étalon zébré est un film pour enfants dont le héros est un zèbre.