Jusque vers 820, le monde arabe subit l’influence de deux traditions majeures en matière d’astronomie.
L’influence indienne débute avec une adaptation de textes en arabe à partir de 770, essentiellement pratiques, généralement rédigés en vers de façon à ce qu’ils soient faciles à retenir, et contenant des paramètres et des recettes permettant de connaître la position des astres, sans recherche de la cause de leur mouvement. Il ne s’agit donc pas uniquement d’empirisme comme dans certaines traditions astronomiques, mais bien de trouver de façon pratique la position des astres et de construire des tables par le calcul. Ces tables appelées Zije Sindhind, pour lesquelles il n’était pas nécessaire de réaliser des observations astronomiques, s’appuyaient sans doute sur une astronomie théorique dont les bases se situent entre Hipparque et Ptolémée, et sont aujourd’hui perdues. L’introduction du sinus dans le calcul astronomique indien est ici remarquable.
La deuxième influence subie par l’astronomie arabe de cette époque est celle des Perses sassanides avec les Zij-i Shah qui s’appuyaient en partie sur les résultats de Ptolémée.
L’influence grecque est réellement attestée vers 826-827 avec une traduction utilisable en arabe de l’almageste de Ptolémée. Celle-ci introduit une astronomie de type théorique qui cherche à construire des modèles géométriques permettant d’expliquer ce qu’est le mouvement des astres pour arriver à des prévisions à très long terme alors que les tables indiennes ne permettaient que des prévisions à court terme. Elle utilise des tables construites de façon scientifique et théorique basées sur des raisonnements fondés sur des observations permettant de déterminer le mouvement des astres. Cette influence va rapidement supplanter la tradition indienne en orient musulman.
Vers 827-828 débutent à Damas et à Bagdad des observations astronomiques avec un principe tout à fait nouveau par rapport à l’astronomie de tradition grecque, celui des observations continues. Ainsi en 827-829 eurent lieux deux années d’observation continues du soleil et de la lune à Damas.