Les caustiques de l'optique géométrique sont modélisées mathématiquement en tant que singularités, ou plus exactement en tant que singularités lagrangiennes. La théorie des singularités lagrangiennes montre qu'il existe 5 types génériques de points caustiques dans notre espace physique: les plis A2, les fronces A3, les queues d'aronde A4, les ombilics hyperboliques D4+ et les ombilics elliptiques D4−.
Le lien avec les singularités d'applications différentiables vient de la remarque suivante. Considérons un ensemble (ou congruence) de rayons lumineux. Chaque rayon est défini par deux paramètres x1, x2, qui sont par exemple les coordonnées du point Q du front d'onde W d'où est issu le rayon. Pour décrire tous les points P du système des rayons, on ajoute aux coordonnées x1 et x2 une troisième coordonnée x3 le long du rayon, par exemple la distance Q**P mesurée le long du rayon (x1,x2). On définit ainsi une application f qui fait correspondre au triplet (x1,x2,x3) le point (y1,y2,y3) de l'espace physique, situé à la coordonnée (distance) x3 le long du rayon (x1,x2). Dire que les rayons "se croisent", c'est dire que f n'est pas injective. La non surjectivité de f exprime l'existence de zones d'ombres. La caustique K du système de rayons est l'ensemble singulier Σ de f, ou plus exactement son image dans l'espace physique: K = f(Σ).
Cette modélisation des rayons par une application différentiable f explique que la caustique se compose d'une surface-pli A2 = Σ(f), de lignes-fronces A3 = Σ(f), et de points queues d'arondes A4 = Σ(f). Elle n'explique cependant pas la présence des ombilics {D4+,D4−}=Σ2(f) qui, dans la théorie générale, sont de codimension 4.
La caractérisation des points caustiques par les classes de Thom-Boardman permet leur calcul effectif dans la plupart des applications.