Abbaye de Sénanque

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Introduction

Abbaye

Notre-Dame de Sénanque
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
43° 55′ 42″ Nord

5° 11′ 13″ Est / 43.92833, 5.18694
PaysFrance France
RégionProvence-Alpes-Côte d'Azur
DépartementVaucluse
VilleGordes
CulteCatholique romain
TypeAbbaye
Rattaché àOrdre cistercien
Début de la constructionXII siècle
Fin des travauxXIII siècle
Style(s) dominant(s)Roman cistercien
ProtectionMonument historique

L'abbaye vue depuis le ciel par le sud

Notre-Dame de Sénanque est une abbaye cistercienne située sur la commune de Gordes, Vaucluse. L'abbaye fait partie, tout comme l'abbaye de Silvacane et l'abbaye du Thoronet, des trois sœurs provençales. Fondée en 1148, devenue dépendance de l'abbaye de Lérins, elle est toujours occupée par une communauté de moines cisterciens.

Localisation

Le territoire du Parc naturel régional du Luberon

L'Abbaye de Sénanque est située sur la commune de Gordes, au sein d'un vallon où coule la Sénancole. L'on y accède par la route départementale 177a, courte extension de la route départementale 177.

Histoire

Elle a été fondée sur le territoire de Gordes le 23 juin 1148 (9 de calendes de juillet), à l'initiative d'Alphant (ou Alsaur), évêque de Cavaillon, par des moines cisterciens venant de Mazan (ou Mansiade) dans l'Ardèche. Ceux-ci vinrent s'installer dans l'étroite vallée de la Sénancole qui faisait partie de l'apanage des seigneurs de Gordes. Au mois d'octobre 1150 l'un d'eux, Guiran de Simiane, la donne à Pierre, premier abbé.

Sénanque prospéra rapidement au point que, dès 1152, sa communauté était assez nombreuse pour fonder une seconde abbaye dans le Vivarais. Elle bénéficia de nombreuses donations, en particulier de la famille des Simiane et des seigneurs de Venasque. Le monastère ne tarda pas à installer, parfois très loin, des « granges », sortes d'annexes à la tête des exploitations qui étaient mises en valeur par les frères convers, moines « auxiliaires » chargés des tâches agricoles. Mais l'abbaye accumula des richesses peu compatibles avec les voeux de pauvreté : au XIV siècle, c'est la décadence. Le recrutement et la ferveur diminuent tandis que la discipline se relâche. Pourtant, la situation s'améliore et le monastère retrouve sa dignité en s'efforçant de respecter l'esprit des fondateurs.

Tête de diable de l'abbaye

En 1544, lors des guerres de religion, des moines sont pendus et le monastère est incendié par les Vaudois et le bâtiment des convers détruit.

À la fin du XVII siècle, Sénanque ne compte plus que deux religieux. Elle est par chance vendue comme bien national en 1791 à un acquéreur qui la préserve de toute destruction et va jusqu'à la faire consolider. Rachetée par un ecclésiastique en 1854, elle retrouve sa vocation d'origine : des bâtiments nouveaux viennent flanquer les anciens et 72 moines s'y installent. L'abbaye fut un temps abandonnée.

Une partie se visite comme le cloître ou encore la salle capitulaire. Les moines s'y réunissaient, assis sur des gradins, pour lire et commenter les Écritures, recevoir les voeux des novices, veiller les défunts et prendre d'importantes décisions. Une autre (l'aile la plus récente au nord) a hébergé de 1977 à 1985, sous la direction de Claude-Louis Renard, les expositions de "L'Incitation à la Création" association de la Régie Renault, ainsi que le musée du "Sahara" à l'étage et une boutique de souvenir en rez-de-jardin. Cette boutique est maintenant utilisée pour vendre des livres.

Les moines cisterciens (issues de Abbaye de Lérins sur l'Île Saint-Honorat) revinrent en 1988. Actuellement, 6 moines y résident, l'abbaye étant une dépendance de l'abbaye de Lérins.

L'abbaye et son champ de lavandin fleuri, depuis le nord

L'abbaye et son champ de lavandin fleuri, depuis le nord

Vie monastique

Inspiré par Saint Bernard de Cîteaux, le mouvement cistercien prônait un idéal ascétique et la règle bénédictine primitive était observée dans les établissements avec une extrême rigueur : isolement, pauvreté, simplicité, seules voies pouvant mener à la béatitude. Les conditions de vie des cisterciens sont donc très dures : les offices, la prière, les lectures pieuses alternent avec les travaux manuels, le temps de repos ne dépassant pas sept heures (le premier office avait lieu à 2 h du matin, le second à l'aube) ; les repas, pris en silence, sont frugaux et les moines couchent tout habillés, dans un dortoir commun dépourvu du moindre confort.

Activités

Leurs principales ressources sont

  • la culture du lavandin
  • la vente de miel de lavandin
  • la vente d'essence de lavandin
  • une très importante librairie religieuse est également proposée aux visiteurs
  • la vente de divers produits originaires d'autres abbayes

Il est également possible de visiter l'abbaye (7 € pour un adulte).

Les légumes issus du potager sont leur principale source de nourriture.

Retraites spirituelles

La communauté des moines cisterciens de Notre-Dame de Sénanque dispose d'une hôtellerie et reçoit des personnes désirant partager la vie de prière de la communauté dans le silence et le recueillement.

Anecdotes

  • Depuis plus d'un siècle, seuls deux baptêmes ont pu être célébrés à l'abbaye : le premier au début du XX siècle, le second dans les années 1970.
  • Seul un mariage fut célébré à l'abbaye à la fin du XXème siècle.
  • L'abbaye a servi de lieu de tournage pour Les Moinions dans lequel les enfants de l'école de Gordes ont joué.