Ces vaches sont arrivées dans la région lors de la vague de migration Arabe aux VIIe et VIIIe siècles en Europe et se sont adaptées en fonction de la topographie régionale. Elles constituaient le bétail Arabe.
Comme avec les ovins arrivés également avec cette migration, chaque région donnait un nom de race à sa vache qui se différenciait légèrement au fil du temps en fonction de l'adaptation morphologique de l'animal à la nature des terres, aux herbages, aux cultures et aux conditions climatiques. C'est ainsi que des races telles que la parthenaise, l'aubrac et la limousine se sont différenciées et développées.
D'autres se sont croisées avec le bétail issu de l'arrivée des peuplades du Nord de l'Europe.
Les Arabes ont tenté de développer les races ovines, bovines et équines pour adapter leurs races aux conditions locales tant en France qu'en Espagne comme le mérinos.
La migration Arabe, très avancée dans les domaines scientifiques et même dans la recherche, utilisait déjà l'insémination artificielle. Elle a donné une grande partie des races bovines à la France et cette population de blonde a donné un grand nombre de races.
La blonde d'Aquitaine est issue de la fusion de plusieurs races :
- La garonnaise, issue des bovins élevés sur les coteaux de la vallée de la Garonne, divisée en sous-races locales comme la montalbanaise, l'agenaise, la créonnaise… C'était une race élevée pour la production de bœufs de travail.
- La blonde du Quercy, élevée pour la même fonction, était élevée sur les plateaux calcaires du Quercy et sélectionnée pour être productive dans une région où les pâtures sont pauvres.
- La blonde des Pyrénées, localisée en montagne au sud du bassin aquitain, était plus spécialisée dans la production de lait pour l'élaboration de fromages. Dans cette race, chaque vallée avait sélectionné son type. Ainsi, il existait la blonde d'Urt, la Béarnaise ou la Lourdaise.
Au XIX siècle, la valorisation du patrimoine génétique a conduit à la création du livres généalogiques.
En 1962 les trois principaux rameaux que sont:
Garonnaise
Quercy
Blonde des Pyrénées
utilisés surtout pour le travail ont fusionné. D'autre races ont apporté, dans les zones Pyrénéennes et de façon infinitésimale, leurs sang tel que La Piémontaise arrivée avec les vagues d'immigration des Italiens du début de XX ème siècle.
Pour des raisons économiques, politiques et commerciales, il a été décidé de regrouper les trois races, sous le seul vocable de « blonde d'Aquitaine ». Initialement, la limousine était prévue dans la fusion. Ce sont les éleveurs Limousins qui s'y sont farouchement opposés voulant garder une race spécifique à leur région. Toutefois des éleveurs des zones charnières ont croisés la blonde d'Aquitaine par la voie mâle avec de La limousine pour des donner des veaux mieux conformés, veaux dit Veaux Fermiers et le plus souvent labellisés " Veaux élevés sous la mère" ou "Veaux de D'Aveyron et du Ségala". Ces veaux sont complémentés durant toute leur existence avec 500 kg de céréales et de tourteaux pour apporter plus de gras sur le dos:" cirer la carcasse".
Ce croisement donne des résultats économique intéressants pour l'éleveur et une viande plus de savoureuse pour le consommateur.
La Blonde d'Aquitaine est depuis sélectionnée surtout pour une bonne la production de viande avec peu d'os,peu de gras avec une part importante de viande à rôtir ou à griller.
Morphologie
Blonde d'Aquitaine au concours général agricole de Paris.
Elle porte un robe fine de couleur froment allant du clair au foncé variant en fonction de l'âge et de la saison, possède des muqueuses claires, des cornes blanches à l'extrémité foncée, légères, en roue basse ou en lyre.
C'est une des vaches françaises de grande taille avec la Charolaise et la Rouge des Prés qui sont légèrement plus imposantes, (1,65 m pour le mâle et 1,55 m pour la vache) au dos puissant et aux cuisses musclées. C'est une race lourde : 1 400-1 500 kg pour les taureaux les plus lourds bien alimentés et 900 kg à 1000 kg pour la vache.
Dans les conditions d'élevage des "bêtes à concours", les taureaux lourds sont préparés avec une alimentation poussée et ont du mal à se mouvoir et à se reproduire. Cette recherche d'animaux massifs n'est pas anodine : C'est avant tout, pour l'éleveur, un moyen de participer à des concours pour acquérir une image, se faire un nom, être reconnu dans le monde des sélectionneurs, se comparer aux autres éleveurs, augmenter le niveau de performance, obtenir des prix, et in fine vendre sur l'exploitation et mieux négocier les jeunes reproducteurs.
On retrouve ces méthodes aussi dans la race Charolaise où quelques noms reviennent fréquemment.
La race n'est pas encore totalement stabilisée du fait de l'origine de plusieurs rameaux.
On trouvera ainsi dans le sud de la France et plus particulièrement dans le pays basque des vaches plus compactes, très musclées et dans la région Toulousaine, Quercy, Tarn des vaches plus longilignes aux dos légèrement incurvés, aux corps plus harmonieusement musclés.
Elle a de très bonnes performances d'engraissement au même titre que d'autres races à viande telles que La Limousine ou la Piémontaise qui sont d'un gabarit moindre.
Elle est cependant moins adaptée que les races rustiques aux terrains et zones montagneuses ou peu herbagées, du fait, principalement, de son poids trop important.
Parmi les races à viande et en termes d'efficacité alimentaire et de vitesse de croissance, la Blonde d'Aquitaine a les mêmes performances que la Charolaise plus rustique, La Simmental, la Limousine, La Bleue Blanc Belge.
Elle se distingue néanmoins par deux points. L'un défavorable, sa moindre précocité. Et l'autre, très favorable au contraire, sa capacité à produire du muscle et peu de graisse. C'est cette dernière qualité qui fait son succès.
Pour l'engraissement, elle demande beaucoup d'attention sur le plan alimentaire, elle est exigeante en qualité et en quantité, beaucoup d'éleveurs sont obligés de complémenter avec des quantités importantes d'aliments industriels ou des céréales.
On a coutume de dire, comme pour beaucoup de races à viande, la Blonde d'Aquitaine vous rend ce que vous lui donnez. Son indice de consommation est élevé.
Plus la nourriture est riche et plus le Gain Moyen Quotidien sera important. Elle supporte très bien des fourrages grossiers pour passer l'été par temps sec sans souffrir, mais dans ces conditions, n'engraissera pas.
La Blonde d'Aquitaine est une belle vache lorsqu'elle est musclée de façon harmonieuse avec un dos droit, longiligne et de bons aplombs.
Sa carcasse et sa viande
La Blonde d'Aquitaine produit des carcasses lourdes, musclées avec des performances d'engraissement et des valeurs commerciales élevées.
C'est une race réputée pour son excellent rendement en carcasse, qui est défini par le rapport du poids de viande par rapport au poids total de l'animal. Autre qualité, sa faculté à satisfaire les bouchers car ils peuvent étendre la découpe de morceaux tendres à griller sur les quartiers moins nobles.
Sa viande est beaucoup moins persillée que les autres races à viande, avec peu de gras intramusculaire, c'est la raison pour laquelle on obtient moins de perte dans la cuisson.
En termes de tendreté, elle est dans le haut du classement parmi les races les plus tendres derrière la Piémontaise qui en est la reine.
La qualité de l'alimentation lors de l'engraissement lui confèrera un peu plus de saveur mais guère plus. Ce point est le maillon faible de la race pour les amateurs de goût.
En résumé, une viande maigre, tendre, avec un goût peu prononcé.
maturité sexuelle tardive, ce qui évite des difficultés de vêlage sur des femelles trop jeunes,
ses facultés d'adaptation aux amplitudes thermiques. Elle est acclimatée au climat froid et sec et au climat chaud et humide,
Avec son pelage très ras en été, elle résiste bien aux fortes chaleurs, elle ne craint pas le soleil dont elle manifeste rarement le besoin de s'abriter,
adaptation à l'élevage extensif. Elle devient moins docile, dans ces conditions, car une vache a besoin de voir et reconnaître un être humain pour être en confiance et s'en approcher d'autant que sa vue est floue, elle distingue surtout des formes,
très bonne efficacité si elle dispose d'une alimentation de qualité.
A l'engraissement elle aura un Gain Moyen Quotidien qui se situera dans la même fourchette que les autres principales races à viande, mais moindre de 200 grammes que le Charolais. Elle sera de l'ordre de 1200 à 1550g en fonction des rations et ce, au bout de deux mois jusqu'à 4 mois. Le GMQ sera ensuite de l'ordre de l'ordre de 1100-1300g en moyenne jusqu'à 8 mois.
Ses qualités bouchères :
bon rendement de carcasse,
finesse d'os,
qualité de sa viande très compacte et peu grasse, donc peu goûteuse,
viande de couleur très rouge répartie de façon uniforme, (la couleur étant un avantage commercial car elle est, pour le consommateur non averti, synonyme de fraîcheur et de qualité : c'est une avantage concurrentiel commercial non négligeable mais non justifié car si la couleur marron peut être synonyme d'absence de fraîcheur et d'oxydation, elle est pour d'autres races leurs couleurs naturelles, moins rouge certes ce qui ne leurs empêche pas d'avoir plus saveur comme La Parthenaise),
perte faible en cuisson,
pourcentage élevé de morceaux à cuisson rapide dits " nobles". C'est la raison pour laquelle les bouchers sont intéressés par cette race pour une clientèle recherchant de la viande peu grasse mais qui est moins persillée comme toutes les viandes à croissance plus rapide,
sa viande a un goût peu prononcé du fait de la quasi absence de gras intra musculaire.
Ses défauts sont dans l'ensemble liés à sa grande taille et à une faible rusticité :
Elle est très tardive (Particulièrement la maturité sexuelle des femelles), ce qui diminue sa rentabilité globale
sa fécondité est plutôt faible,
son poids, relativement à son ossature fine, peut lui occasionner une fragilité des appuis, d'où découle une aptitude moyenne aux parcours difficiles (rocailleux et montagneux), où des animaux plus légers seront plus agiles
Problèmes d'appuis fréquents chez les taureaux, pour les mêmes raisons
Comme les autres races aux muqueuses claires, elle résiste moins bien aux maladies parasitaires des pays tropicaux
Elle apprécie assez peu les prairies à la fois froides, humides, et de mauvaise qualité nutritive
son pelage est moins épais que d'autres races sélectionnées pour les climats frais et humides, mieux adaptées aux climats les plus océaniques.
Malgré ces défauts, elle prend de l'extension sur tous les continents, c'est une grande race bouchère qui progresse rapidement.
Prix élevés
La Blonde d'Aquitaine est vendue cher aux éleveurs et engraisseurs, surtout grâce à ses bonnes performances à l'engraissement intensif puis en vue de ses prix de vente élevés à destination de l'abattage.
Son prix au kilo élevé à l'abattage s'explique par son rendement en poids de carcasse sur poids total élevé, avec une carcasse qui comprend moins d'os et de gras de couverture non valorisables.
Par ces qualités elle est demandée par les bouchers et les acheteurs de grandes surfaces, notamment dans le sud-ouest et en région parisienne où ses qualités sont connues, pour avoir le moins d'os et de graisse possible et satisfaire ainsi leurs clients préférant la tendreté et la couleur à la saveur. Sa viande convient particulièrement aux clients qui n'aiment pas le gras, par goût ou pour des raisons diététiques.
Localisation et effectif
C'est la race à viande du Sud-Ouest (à l'exception du sud de la Gironde, lieu d'élevage de la bazadaise). Une politique d'expansion de la race a été impulsée et fortement aidée pour pouvoir avoir une race représentative de la région et obtenir une plus grande notoriété synonyme de plus value commerciale et de réputation.
Elle y est en nombre croissant depuis 1962, passant de 140 000 environ à près de 500 000 vaches (un million de sujets au total) Elle a progressivement conquis la France.
Elle a été exportée dans de nombreuses contrées lointaines (États-Unis, Canada, Australie, Brésil, Argentine...) pour mieux assoir l'image de la race et souvent pour améliorer les races locales en donnant du muscle et de la vitesse de croissance.
L'augmentation récente des prix des céréales de l'ordre de 30% a fait prendre conscience aux éleveurs le coût de l'alimentation et d'entretien par bête. Cette augmentation de prix a freiné cette tendance. Dans la concurrence entre races, certains éleveurs d'une autre race disaient alors:" moi je n'ai qu'une blonde à entretenir c'est ma femme"
Les éleveurs ont préféré les autres races à viande pour lesquelles beaucoup des Groupements de Coopératives ont investit dans des programmes de sélection et de génétique visant à donner des meilleurs résultats sur les facilités de naissance, de conformation musculaire et surtout de la finesse d'os.
Ces races rustiques et lourdes se sont améliorées tout en gardant leurs rapidités de croissance initiales qui étaient déjà supérieures.