La structure du calendrier grégorien est analogue à celle du calendrier julien de la Rome antique en vigueur jusqu'alors. C'est un calendrier solaire, se basant sur la révolution de la Terre autour du Soleil en 365,2422 jours de 24 heures de 60 minutes de 60 secondes métriques. Le calendrier grégorien donne un temps moyen de l'an de 365,2425 jours ; pour assurer un nombre entier de jours par année, on y ajoute régulièrement (tous les 4 ans en principe) un jour bissextile, le 29 février (voir année bissextile).
Le cycle complet du calendrier grégorien dure 400 ans : trois siècles constitués chacun de 24 cycles juliens (trois ans de 365 jours, puis une année de 366 jours) suivis de quatre années de 365 jours, puis un siècle constitué de 25 cycles juliens. Le calendrier grégorien utilise les règles du comput grégorien.
Subdivisions
Le calendrier grégorien est divisé en douze mois, groupés en quatre trimestres :
| 1 trimestre | 2 trimestre | 3 trimestre | 4 trimestre |
|---|
janvier, 31 jours
février, 28 ou 29 jours
mars, 31 jours. | avril, 30 jours
mai, 31 jours
juin, 30 jours. | juillet, 31 jours
août, 31 jours
septembre, 30 jours. | octobre, 31 jours
novembre, 30 jours
décembre, 31 jours. |
| 90 ou 91 jours | 91 jours | 92 jours | 92 jours |
Une période de sept jours forme une semaine. Les jours d’une semaine ont chacun un nom : en français, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche.
L’ère ordinairement utilisée avec le calendrier grégorien est l’ère chrétienne, c’est-à-dire « après Jésus-Christ » (Anno Domini en latin, locution encore utilisée en anglais et le plus souvent notée après l’année sous sa forme abrégée AD, et autrefois désignée en français comme an de grâce ou an du Seigneur). Le zéro n’étant pas alors connu, il n’y a pas eu d’année zéro : les siècles et les millénaires commencent avec l’année numéro un, de façon ordinale. Donc, le XXI siècle et le III millénaire commencent le 1 janvier de l’an 1 du troisième millénaire, c’est-à-dire en 2001.
L’ère qui précède est l’ère pré-chrétienne, elle est comptée en sens opposé par rapport à cette année, là aussi à partir de l’an un « avant Jésus-Christ » (bien que ce soit l’année de sa naissance suivant la tradition chrétienne), désignation souvent abrégée en français « av. J.-C. ». L’an 1 av. J.-C., parfois noté aussi — de façon ambiguë — -1 (bien que ce soit l’an 0 UTC dans le nouveau calendrier astronomique, ce qui simplifie les calculs de dates) est aussi la dernière année du I millénaire av. J.-C., et la dernière année du I siècle av. J.-C.
L'ajustement grégorien
L’introduction du calendrier grégorien en remplacement du calendrier julien commença le 15 octobre 1582 avec les pays se réclamant de l’alignement sur Rome : Espagne, Portugal, États de la péninsule italienne (dont les États pontificaux). Le but était de lutter contre la dérive de la date de Pâques (le dimanche après la première lune de l’équinoxe de printemps) qui se déplaçait vers les mois d’hiver.
En fait la réforme principale et suffisante éliminant cette dérive (et qui a été appliquée facilement dans les autres pays par la réforme limitée du calendrier julien) était celle du mode d’application des années bissextiles lors des années séculaires. La différence principale entre le calendrier grégorien et son ancêtre, le calendrier julien non réformé, repose dans la distribution des années bissextiles.
Comme noté ci-dessus, l’année tropique moyenne, c’est-à-dire la période de rotation de la Terre autour du Soleil, dure 365,24219 jours. En insérant une journée bissextile tous les quatre ans, le calendrier julien attribuait à l’année une durée moyenne de 365,25 jours. Ceci induisait un décalage d’environ 8 jours par millénaire par rapport au temps vrai, avec pour effet que la date de Pâques (déterminée par l’équinoxe du printemps) glissait progressivement pour se rapprocher de février (au lieu de rester situé, en fonction des lunaisons, entre le dimanche précédant la dernière semaine de mars et celui finissant la troisième semaine d’avril).
On considère donc comme années communes (années de 365 jours) les millésimes qui sont multiples de 100 sans être multiples de 400. Ainsi 1600 et 2000 furent bissextiles, mais pas 1700, 1800, 1900 qui furent communes. De même, 2100, 2200, 2300 seront communes, alors que 2400 sera une année bissextile.
En appliquant cette règle, on arrive à une année de 365,2425 jours au lieu de 365,24219 jours soit un excès de trois jours en 10 000 ans. Il a été proposé d'amender la règle pour considérer les années multiples de 4 000 comme normales. Mais du fait du raccourcissement de l'année tropique évalué à 0,5 s par siècle et de l'allongement du jour de 1,64 millisecondes par siècle, il est illusoire d'arriver à ce niveau de précision, les incertitudes sur la durée de l'année dans 10 000 ans étant du même ordre de grandeur.
L'introduction du calendrier grégorien comprend aussi une deuxième réforme d’application plus délicate, le décalage grégorien qui supprima dix jours du calendrier, entre le 4 octobre 1582 et le 15 octobre 1582 pour les pays ayant immédiatement suivi Rome, ce qui permit de fixer de nouveau l’équinoxe de printemps le 21 mars, comme ce fut le cas au début de l’ère chrétienne.
Ces dix jours permettaient de rattraper d’un coup le retard croissant pris par l’ancien calendrier julien sur les dates des équinoxes depuis le début de l’ère chrétienne, c’est-à-dire plus de 15 siècles avant, et donc avec 12 années bissextiles en trop (en 100, 200, 300, 500, 600, 700, 900, 1000, 1100, 1300, 1400 et 1500 suivant les nouvelles règles de calcul) si le calendrier julien avait été stable sur toute cette période jusqu’en 1582, mais des corrections antérieures avaient déjà été appliquées durant cette période en omettant d’ajouter un jour en fin février de certaines années qui auraient dû être bissextiles (suivant l’ancienne règle du calendrier julien).
Cependant, certains pays ont aussi tardé à appliquer l’ajustement grégorien des années séculaires (dates d'ajustement selon les pays), et ont donc compté l’année 1700 comme bissextile (selon l’ancien calendrier julien non réformé), ce qui a accru le décalage de date à onze jours. La Suède qui utilisait le calendrier julien a tenté une première fois d’appliquer seule la règle d’ajustement grégorien en 1700 (non bissextile), sans appliquer le décalage de 10 jours, puis s’est reprise en 1704 en ajoutant deux jours au mois de février (année doublement bissextile) pour revenir à l’ancien calendrier julien encore utilisé en Angleterre ou dans les pays protestants et orthodoxes voisins.
La Suède et l’Angleterre n’appliqueront complètement le calendrier grégorien que plus tard, sous l’influence de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Suisse dont les États utilisaient simultanément les calendriers julien et grégorien suivant qu’ils étaient de confession protestante ou catholique, et qui lors de leur unification ont voulu uniformiser les calendriers.
La troisième réforme du calendrier grégorien était de numéroter les années à partir de janvier et non du mois de mars comme dans le calendrier julien (le début de l'année dans le calendrier julien a lui-même varié — voir l'article correspondant et ses liens externes). Cette réforme permettait de faire coïncider les fêtes païennes du nouvel an dans le temps de Noël, et non peu avant la période sainte de Pâques. Dans bien des pays, cette dernière réforme a été appliquée des années ou même plusieurs siècles après celle de l’ajustement et du décalage grégorien. Cependant ce ne sera pas le cas des pays orthodoxes, dont l’année commençait en septembre.