Cet imposant édifice, commencé au milieu du XII siècle à partir du chœur et achevé vers 1220, a été la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux jusqu'à la Révolution elle est depuis une des trois cathédrales du diocèse de Valence (avec celle de Die et de Valence). Le porche méridional a été rajouté au XV siècle.
La cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques : elle fait partie de la première liste de monuments historiques français, la liste des monuments historiques de 1840, qui comptait 1 034 monuments.
Architecture extérieure
La cathédrale appartient au style roman provençal avec un plan simple, une harmonie de volumes, un décor dépouillé, une taille et un appareillage des pierres soignés, la référence à l'Antiquité et l'absence d'ouverture au nord. Son architecture, très sobre, en impose par la pureté de ses lignes et la majesté de sa construction.
Les pierres à l'intérieur comme à l'extérieur portent de nombreuses marques de tâcherons.
La décoration inspirée de l'antique (frontons triangulaires, colonnes cannelées, pilastres cannelés, chapiteaux à feuilles d'acanthe, frises de grecques, frises d'oves, frises de feuilles d'acanthe) est omniprésente : on la retrouve au niveau de la façade occidentale, de la façade méridionale, du chevet et du chœur.
La façade occidentale
La référence à l'Antiquité est très marquée au niveau de la façade occidentale de la cathédrale :
fronton triangulaire orné d'une frise de grecques
oculus orné d'une frise d'oves et d'une frise de feuilles d'acanthe
portail occidental orné de plusieurs frises de feuilles d'acanthe et d'une frise d'oves
colonnes engagées cannelées et pilastres cannelés ornant la base de la façade, de part et d'autre du portail
Le portail encadre des vantaux de bois du XVII siècle.
Le portail occidental orné de frises à l'antique
La façade méridionale
Façade méridionale : pilastre cannelé
On retrouve la même référence à l'Antiquité au niveau de la façade méridionale et du portail sud, abrité sous le porche ajouté au XV siècle :
frise de grecques et frise de feuilles d'acanthe sous la corniche
fenêtre haute ornée d'une frise d'oves et encadrée de pilastres cannelés surmontés de chapiteaux à feuilles d'acanthe
portail méridional (sous le porche) : colonnes torsadées, chapiteaux à feuilles d'acanthe, frises de feuilles d'acanthe, frise d'oves
Façade méridionale : frise de grecques et frise de feuilles d'acanthe sous la corniche
Fenêtre ornée d'une frise d'oves et encadrée de pilastres cannelés
La façade méridionale du transept
Façade du transept surmontée d'un fronton triangulaire inspiré de l'antique
La façade méridionale du transept est surmontée d'un fronton triangulaire inspiré de l'antique. Ses côtés sont surmontés d'un entablement à l'antique.
De petites sculptures romanes (sagittaire, cavalier...) sont enchâssées dans les murs du transept qui montrent également de nombreuses marques de tâcheron.
Sculptures romanes et marques de tâcheron
Sculptures romanes et marques de tâcheron
Le chevet
L'abside centrale
Le chevet, nettement plus sobre, présente une triple abside ainsi qu'une triple arcature aveugle (en haut à droite). Malgré la sobriété du chevet, on retrouve une décoration à l'antique au niveau de l'abside centrale :
entablement à l'antique
chapiteaux carrés ornés de feuilles d'acanthe
frise d'oves
frise de palmettes ou de feuilles d'acanthe
modillons ornés de feuilles d'acanthe
Le chevet
Chapiteau, frises d'oves et de feuilles d'acanthe, modillons
Architecture intérieure
Le chœur
L’abside principale, voûtée en cul de four, présente un décor fait de cinq arcades aveugles avec colonnettes cannelées ou torsadées surmontées de chapiteaux à feuilles d'acanthe.
Derrière l’autel se trouvent des mosaïques des XII et XIII siècles qui représentent « la ville de Jérusalem » : cette mosaïque est sans doute contemporaine des deux premières croisades soit trente ans environ après la construction de la cathédrale, ce qui nous apprend que l’église actuelle en a remplacé une autre dont le sol a été exhaussé.
La nef
La nef, voûtée en berceau sur doubleaux, est d’une magnifique élévation de 24 mètres.
Elle présente, elle aussi, une abondante décoration à l'antique :
La travée précédant le transept présente, à l’étage, un faux triforium ; les niches, encadrées de pilastres et de colonnettes, surmontent une frise très fine.
Il faut encore remarquer un beau buffet d’orgues du début du XVIII siècle qui date de 1704 et fut réalisé par le facteur Charles Boisselin d'Avignon ainsi que le curieux bas-relief du pilier de la chaire.