Fonction de l'expérimentation médicale
L’expérimentation humaine des produits de santé fait partie des étapes de développement des innovations médicales et conditionne leur utilisation et leur commercialisation. Elle est précédée d’études in vitro et d’expérimentations animales en particulier dans le domaine de la pharmacodynamie, de la pharmacocinétique et de la toxicologie. L’expérimentation clinique sur l’homme du médicament comprend trois phases successives qui permettent de tester sur un nombre de plus en plus important, d’abord de volontaires sains, puis de patients, l’efficacité et l’innocuité d’une nouvelle molécule ou d’un nouveau dispositif médical. Ce développement en trois étapes permet également de déterminer la posologie et les indications d’utilisation. Cette expérimentation ne peut être assurée que par des médecins, qui sont appelés investigateurs.
L’expérimentation du médicament ne s’arrête pas une fois obtenue l’autorisation de mise sur le marché (AMM) qui autorise sa commercialisation. Les essais cliniques peuvent être réalisés tout au long du cycle de vie d’un produit et ne sont pas cantonnés aux étapes qui précédent sa commercialisation. Un médicament, même lorsque son efficacité et ses conditions d’utilisation ont été définies, est susceptible d’extensions d’indications dans des pathologies ou des groupes de patients où son efficacité n’avait pas été testée au départ.
Parce que leur réalisation dépend de la mobilisation de patients, les essais cliniques associent, à des niveaux d’implication variable, l’ensemble des opérateurs de santé :
- en priorité les établissements hospitaliers
- pour les essais en cancérologie, les centres de lutte contre le cancer
- les cabinets de médecine de ville
- etc.
Importance de l’expérimentation médicale
L’expérimentation médicale est une étape déterminante dans la poursuite du progrès médical.
L’activité d’expérimentation :
- permet aux patients de bénéficier en France d’un accès accéléré à l’innovation médicale
- constitue un mode de formation continue pour les praticiens de santé leur permettant d’enrichir leur arsenal diagnostique et thérapeutique
- contribue à maintenir l’implantation des centres de recherche § développement des laboratoires pharmaceutiques en France qui emploient aujourd’hui 100 000 personnes
- participe, par l’activité de publication qu’elle génère, au renom international des équipes associées
C’est l’un des indicateurs pris en compte pour déterminer l’allocation financière de l’assurance-maladie aux établissements publics de santé au titre de leur activité de recherche.
Les menaces pesant sur le maintien de l'expérimentation médicale
Plusieurs indicateurs attestent des menaces qui pèsent sur l’activité d’expérimentation médicale en France:
- Des indicateurs chiffrés :
- diminution de 32% du nombre de nouveaux essais cliniques réalisés en France de 1998 à 2006 (1467 essais cliniques à promotion industrielle en 1998 pour 1000 essais en 2007/source Afssaps).
- faible taux de recrutement de patients par centre, la France s’éloignant de la moyenne européenne (6,3 en France v/7,5 en Europe).
- des délais de signature des conventions hospitalières pour la mise en place des essais cliniques qui vont jusqu’à 299 jours entre la 1ère déclaration et la dernière convention hospitalière signée
- Une image ternie auprès des grands laboratoires pharmaceutiques :
l’organisation de la recherche clinique en France est jugée moins performante que celle des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne par les laboratoires pharmaceutiques
Or un jour de délai en plus pour l’obtention des résultats des essais, c’est un jour de commercialisation en moins pour les industriels et c’est plus de temps passé, donc du temps perdu pour les structures où sont menées les expérimentations.