Cobra royal

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Introduction

Cobra royal
Ophiophagus hannah
Classification
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
ClasseReptilia
OrdreSquamata
Sous-ordreSerpentes
Infra-ordreAlethinophidia
FamilleElapidae
Genre
Ophiophagus

Günther, 1864
Nom binominal
Ophiophagus hannah

Cantor, 1836
Répartition géographique
Distribution O. hannah.png

Le cobra royal (Ophiophagus hannah) (du grec "ophis" = serpent et "phagein" = manger) est une espèce de grand serpent venimeux de la famille des Elapidae. C'est le seul membre du genre Ophiophagus, ce qui induit qu'il n'est pas un cobra (Naja) véritable, mais son aspect général le fait appeler de ce nom.

Description

Par sa longueur, le cobra royal est le plus grand serpent venimeux du monde. Les plus grands spécimens peuvent atteindre une longueur de 5,5 mètres, mais le plus souvent sa taille avoisine les 3 mètres. Toutefois, un cobra royal élevé dans un zoo de Londres a atteint la taille record de 5 mètres et 71 centimètres. Quand ce serpent veut impressionner une proie ou bien quand il se sent menacé, à l'instar des cobras, il déploie sa « coiffe » et dresse verticalement sa tête ainsi une partie de son corps. Il est donc possible de voir un de ces serpents regarder dans les yeux un humain adulte de taille moyenne, face à face, sa tête pouvant se trouver dressée à 1 mètre 70 du sol, le cobra pouvant même se mouvoir en se tenant debout!

Les soldats grecs et macédoniens d'Alexandre le Grand mentionnent des rencontres avec un énorme serpent qui pouvait accomplir ces prouesses, et seul le cobra royal correspond à une telle description.

Son poids peut atteindre les 10 kilogrammes. Sa peau est noire, verdâtre ou brune, souvent avec des barres blanches ou jaunes ; lorsque le serpent est encore jeune, ces lignes sont plus distinctes.

Le cobra royal a une longévité de 20 ans. Il est remarquable par son intelligence en comparaison avec celle d'autres espèces de cobras ou d'autres serpents en général. Il a également une acuité visuelle excellente qui en fait un chasseur hors pair. C'est un des rares serpents, avec le Dendroaspis polylepis aussi appelé mamba noir à être territorial, ce qui leur vaut une réputation d'agressivité étant donné qu'à contrario des autres serpents, il fuit plus rarement devant le danger, l'affrontant parfois pour protéger son territoire.

Il est originaire de l'Asie du sud-est, habitant les forêts d'Inde, de Malaisie et des Philippines, mais pas du Sri Lanka. Bien que largement répandu dans ces zones géographiques, aucune autre sous-espèce n'en est connue.

Venin, chasse et régime alimentaire

Cobra royal mâle adulte

Comme son nom scientifique (Ophiophagus) l'indique, cette espèce est ophiophage et se nourrit principalement d'autres serpents, mais s'il n'a plus d'autres choix, il peut chasser d'autres petits vertébrés. Il chasse principalement de jour, à vue, et est donc classé comme diurne.

À dose équivalente, le venin du cobra royal est moins toxique que celui du mamba noir et du Taïpan, mais le volume (7 ml) par morsure est tellement important qu'il peut tuer même un éléphant en 3 heures ou 20 à 30 êtres humains. La dose létale 50 (DL50) du cobra royal est de 1.31mg/kg en intraveineuse, celle du mamba noir est de seulement 0.25mg/kg en intraveineuse, quand a celle du taipan elle est de 0.013 mg/kg intraveineuse. Néanmoins la grande quantité de venin injecté rend la morsure du cobra royal extrêmement dangereuse. Cependant on impute à ce serpent bien moins d'accidents qu'au cobra indien ou même aux viperidaes du genre Daboia et Echis qui sont responsables de la grande majorité des envenimations en Asie.

Son venin contient une neurotoxine qui attaque le système nerveux de la victime et induit rapidement une vision brouillée, des vertiges, et une paralysie faciale. Dans les minutes à heures qui suivent, le système respiratoire cesse de fonctionner, et la victime tombe dans un coma hypoxique. La mort s'ensuit par asphyxie.
Deux types de sérums anti-venins sont réalisés spécifiquement pour traiter les morsures de cobra royal. La Croix-Rouge de Thaïlande en produit un, et le Central Research Institute en Inde produit l'autre. Les deux sont réalisés en faibles quantités, et ne sont pas distribués très largement. Dans les cas d'envenimations sévères une respiration artificielle doit être mise en oeuvre.

Les cobras royaux n'ont pas de prédateurs naturels, bien que les mangoustes soient réputées pour attaquer les jeunes et voler les œufs. Cependant la plus grande menace est due à l'empiètement des hommes sur son territoire et à la perte de son habitat qui conduit à une chute du nombre de ces serpents.

Reproduction

Cet animal est ovipare. Le cobra royal est l'un des rares serpents avec certains pythons à construire un nid et à "couver" les œufs jusqu'à leur éclosion. La femelle se loge autour de broussailles sèches (feuilles mortes de bambous) et en les resserrant en un amas grâce à son grand corps, elle obtient un amas de branchages qui se réchauffe en se décomposant, ce qui assure aux œufs une température stable.

Bien que l'on prétende qu'il n'y a rien de plus agressif qu'une mère cobra royal protégeant ses œufs, cette réputation est exagérée : si on la harcèle suffisamment, elle quittera son nid. Elle pond entre 20 et 40 œufs au printemps, deux mois après l'accouplement; les œufs mettent entre 60 et 80 jours pour éclore. Les rejetons font entre 45 et 60 centimètres à l'éclosion, marqués de bandes blanches et noires et sont déjà venimeux. Comme les cobras royaux sont des mangeurs de serpents par instinct, la mère cobra royal quitte les jeunes peu avant leur éclosion pour éviter de les manger, essentiellement parce qu'elle n'a pas mangé depuis deux mois.

Le cobra royal mâle est de la même façon unique par le fait qu'il garde le nid jusqu'à l'éclosion des petits, patrouillant dans une vaste zone autour du nid.