Quelques jésuites de la génération des fondateurs de la Compagnie de Jésus visitent Liège et les environs : Pierre Canisius en 1546, Pedro de Ribadeneyra en 1556, et Jacques Lainez (Supérieur Général) en 1562. Comme prédicateurs ils font bonne impression sur Robert de Berghes, prince-évêque de Liège, qui sollicite du supérieur général la fondation d’un collège.
Gérard de Groesbeek reprend le projet de son prédécesseur. Il y intéresse les chanoines de sa cathédrale et rassemble quelques revenus qui permettent la création d’une résidence jésuite à Liège (1569). Un groupe de six jésuites s’y installe. Ils sont principalement occupés à la prédication dans la partie nord de la principauté, où l’influence du protestantisme n'est pas négligeable : Tongres, Hasselt, Maëstricht, Maaseik.
Les jésuites sont bien accueillis par le clergé et la population. Leur prédication ayant du succès, les demandes se multiplient pour qu’ils ouvrent un collège dans la ville, d’autant plus que leur nombre augmente: ils sont bientôt douze, à la rue du Souverain-Pont. Comme, de par leurs constitutions, l’enseignement dans les collèges jésuite est gratuit, l’évêque de Liège est à la recherche de revenus qui permettront d’offrir une assise financière au projet. Finalement, avec l’autorisation du pape, les revenus du prieuré de Saint-Séverin-en-Condroz et de la Seigneurie de Muno-lez-Bouillon sont affectés au collège.
Durant l’épidémie de peste qui ravage Liège en 1579 les jésuites se dévouent au chevet des moribonds. Plusieurs y perdent la vie. Cela leur acquiert une estime supplémentaire auprès de la population.