Le courant électrique peut résulter du mouvement de deux types de charges :
- les ions (anions et cations) : la migration des ions entraîne le déplacement de la charge associée ;
- les charges électronique : électrons libres et trous d'électron.
Le déplacement des ions peut se faire de deux manières :
- soit les ions se glissent entre les ions « fixes » du réseau, on parle de mouvement « interstitiel » ;
- soit il existe une lacune dans réseau (un ion manquant), un ion du réseau peut alors « sauter » dans la position vide ; on parle de mouvement « lacunaire ».
La charge transportée n'est pas la charge de l'ion elle-même, mais la différence entre le charge de l'ion et la charge que l'on aurait si le réseau était parfait à cet endroit, ce que l'on appelle la « charge effective ».
Par exemple : dans l'alumine Al2O3, l'ion aluminium dans le réseau a une charge 3+ ; la charge « naturelle » d'un site d'alumiium est donc 3+. Si maintenant le site est occupé par un ion de fer Fe en substitution, alors le site est en déficit de charge positive ; sa charge effective est donc -1. Dans la notation de Kröger et Vink, on note ceci « FeAl' ». Ainsi, un déplacement de l'ion positif Fe correspond en fait au déplacement d'une charge négative dans le réseau.
Une position interstitielle est vide dans un cristal parfait, sa charge « naturelle » est donc nulle. Dans ce cas, la charge effective du site est la charge réelle de l'espèce qui l'occupe.
Un électron libre ou un trou d'électron sont considérés en position interstitielle. Leur déplacement suit une loi d'Ohm classique. Ils peuvent toutefois être capturés par un ion et modifier la charge locale, par exemple :
MM + e' → MM'
ils se déplacent alors avec l'ion.
Le déplacement des ions peut être le seul fait de l'agitation thermique ; on parle alors de « diffusion », le courant électrique généré étant une conséquence de cette migration. Mais le déplacement peut aussi être créé par
- un gradient de potentiel chimique ;
- un gradient de potentiel électrostatique (tension).