L'édition électronique est une édition qui s'appuie sur le réseau pour sa diffusion et, parfois, sa construction même. Elle est composée de trois grandes familles : la numérisation (symbolisée par Google Books), l'édition numérique (la mise en ligne de textes nativement numériques) et l'édition en réseau (la publication des documents nativements construits au coeur du réseau, symbolisé par Wikipedia).
L'édition électronique est une forme d'édition dans laquelle le numérique joue un rôle plus ou moins important, allant de la simple mise en page d'un livre en utilisant un logiciel de PAO (Publication assistée par ordinateur) en vue de l'impression papier d'un livre jusqu'à la création et la diffusion en ligne d'œuvres. L'édition électronique, qui tend à se développer depuis plusieurs années, coexiste donc avec l'édition papier sans vouloir la remplacer.
Petite histoire de l'édition électronique
L'histoire de l'édition électronique se divise en trois temps : le temps de la numérisation, le temps de l'édition numérique et le temps de l'édition en réseau. C'est l'ensemble de ces trois temps qui compose l'édition électronique, les modèles ne se remplacent pas l'un l'autre.
Le temps de la numérisation
Google Livres au travail à l'université du Michigan
La numérisation est née aux Etats Unis en 1971 à l’initiative de Michael Hart, alors étudiant à l’université de l’Illinois. Le 4 juillet 1971, jour de la fête nationale, il saisit la Déclaration de l’indépendance des E.U (signée le 4 juillet 1776) sur le clavier de son ordinateur. En caractères majuscules, les caractères minuscules n’existant pas encore. En 1989, son projet appelé Projet Gutenberg qui est un projet de numérisation du patrimoine de l’humanité n’avait obtenu la saisi que de 10 textes. C’est un projet qui a commencé lentement et en 2008, c’est un projet qui a atteint un nombre plus important avec 25000 titres. La numérisation a d’abord été à la main, puis au scan (d’ouvrages de textes du domaine public, non protégés par le droit d’auteurs). Aujourd’hui le projet Gutenberg a permis de numériser 25000 ouvrages. La particularité de cette initiative c’est qu’il s’agissait de technologies rudimentaires à l époque, et les tenants de ce projet ont toujours souhaité avoir une description très rudimentaire des données, de façon à ne pas introduire des systèmes d’incompatibilité avec les systèmes futures. C’est ce qui s’appelle un lowtech (technologie faible) Par exemple : le livre « Napoléon le petit » numérisé en 2007 par le projet Gutenberg, on observe là un encodage simple avec une structuration de données très rudimentaire. Puis, il y a eu d’autres projets comme l’ABU, la Bibliothèque Universelle qui est un projet du Cnam, qui est en arrêt depuis 2002, mais qui a numérisé une centaine de textes qui est toujours disponible. Enfin, il y a eu un projet plus ambitieux qui s’appelait au départ : le "projet Sourceberg", c'est un projet multilingue de bibliothèque numérique, soutenu par la Wikimedia Foundation. Ce projet propose aussi un libre accès à l’information, sans publicité, édifié par des bénévoles qui utilisent la technologie wiki. Le 26 décembre, il change officiellement de nom et devient donc « Wikisource ». Il propose quant à lui 55.715 textes libres de droits.
Des projets s'appuient sur une autre stratégie : l'OCR (Optical Character Recognition, ou ROC : Reconnaissance Optique de Caractères). Cette technique a toutefois l’inconvénient de laisser beaucoup de coquilles. Quelques exemples.
Les différents projets d’OCR menés jusque-là ont été bouleversés par Google Book Search, entreprise de numérisation en mode image et OCR du patrimoine de l'humanité. Sept millions d'ouvrages ont aujourd’hui été numérisés dans différentes bibliothèques.
Pour comprendre la stratégie de Google, il est utile de distinguer les trois temps juridiques d’un livre : le temps pendant lequel il n'y a plus de droits d’auteurs, de Copyright ; une période sous droit (auteur ou ayant droit) ; et entre les deux une zone grise, période couverte par le droit d’auteur, mais pendant laquelle persiste un flou sur la capacité de l'ayant droit à faire valoir son droit. Beaucoup d'œuvres restent en effet orphelines, et cette zone grise suscite beaucoup d'intérêt. Google a donc décidé de redonner vie à ces œuvres inexploitées.
Des éditeurs se ainsi sont attaqués à Google : aux Etats-Unis, un accord a été trouvé dans la tenue d'un registre de gestion des droits des œuvres orphelines, géré et financé par Google (qui a dédommagé des nombreux éditeurs). Cet accord n'est toujours pas opérationnel. Sur le même type de conflit, La Martinière a, lui, obtenu gain de cause en France. Un autre reproche souvent fait à Google réside dans le fait que ce dernier procède par ailleurs à l'indexation et la numérisation automatique des œuvres de Google Books.
Dans google books, il y a différentes fonctionnalités sociales permettant d'interagir avec les autres internautes ou bien avec les créateurs du site:
Il est possible de signaler les anomalies, ce qui permet à Google d'améliorer la qualité de ses données (initialement fortement perfectibles).
Il est possible de laisser son avis à destination du lectorat.
Il est possible de partager le lien du document sur sa messagerie ou sur son site web (génération de code)
Il est possible de sélectionner seulement une partie du texte et de le partager de la même façon.
Europena
Europeana, bibliothèque virtuelle européenne, est en cours de construction, et annonce la numérisation de trois millions d'ouvrages.
Ce projet non commercial aurait numérisé un million d'ouvrages avec autorisation des ayants-droit.
Pour l’heure, Google a gagné la bataille de la vitesse et du nombre d'ouvrages en ligne, notamment en exploitant la capacité de calcul de centres de données (data-center), fermes de données de serveurs par milliers, répartis partout dans le monde, permettant entre autres des opérations de traduction, de data-mining, etc.
L'édition électronique
Présentation générale de l'édition électronique
Née en 1971 (le web grand public naît en 1995). Internet : réseau qui s'appuie sur divers protocoles, dont http (interconnexion d'ordinateurs). Web : tout ce à quoi un navigateur donne accès (Firefox).
La numérisation nait à l'initiative de M. Hart, aux EU, et décide de numériser la déclaration de l'indépendance de EU à la main et la propose en téléchargement sur le réseau. Six personnes la récupèrent. Ecrit en majuscules. En 1989, le programme Gutenberg propose dix textes, 25.000 aujourd'hui (numérisation du patrimoine public). Technologie rudimentaire à l'époque, description rudimentaire pour la réutilisation des données dans le futur (lowtech).
ABU : bibliothèque universelle, à l'arrêt depuis 2002, quelques centaines de livres disponibles.
Wikisource : 55.715 textes libres de droit.
Les différents supports électroniques
Au sein de l’édition numérique on peut distinguer trois catégories de supports électroniques :
La technologie utilisant l’encre numérique:les liseuses
L'encre numérique est plus couramment appelée e-paper. La « liseuse » (« bouquineur », « livrel » ou « reader ») est un tablette électronique qui permet de restituer un texte sous format numérique. Il y a peu, les fabricants proposaient des machines dites « à afficher ». Celles-ci étaient peu autonomes, lourdes, rétro-éclairées et se rapprochaient sensiblement des Tablet PC. Aujourd’hui, les fabricants adoptent une vision différente en utilisant des dispositifs de lecture e-paper. Il s’agit d’une technique d’affichage qui imite l’apparence d’une feuille imprimée et qui ne nécessite pas de rétro-éclairage.
Quelques exemples :
Encre électronique (notice wikipedia anglophone
Avec sa Kindle Dx, Amazon propose une technologie originale. Cette dernière présente un écran sans scintillements, qui ne nécessite pas de rétro-éclairage. Seul le changement de statut à l’écran requiert de l'énergie. Produisant peu de lumière, la Kindle Dx est ainsi moins fatigante pour les yeux. Mais, malgré ces nombreux avantages, cette liseuse présente certains aspects décevants. La Kindle Dx (comme beaucoup de ses concurrents) ne possède pas d'écran couleur. Ce dernier se compose uniquement de plusieurs niveaux gris. La liseuse ne possède pas d’écran tactile ni de connexion internet. Le changement d’une page à l’autre demeure relativement lent. Peu interactive, elle présente un menu extrêmement simple. Les copier-coller, les annotations, les signets et les soulignements ne sont pas envisageables (ou sont de très mauvaise qualité) sur ce modèle.
La Cybook Opus se décline en une dizaine de couleurs. De forme arrondie, la liseuse française possède dès son achat une bibliothèque de soixante quatre ouvrages. Malgré de nombreux avantages, Cybook Opus présente de nombreux aspects décevants. La liseuse ne possède pas d’écran tactile ni de connexion internet. Peu interactive, elle présente un menu extrêmement simple. Les copier-coller, les annotations et les soulignements ne sont pas envisageables sur ce modèle.
Les smartphones
Un smartphone est un téléphone « intelligent » mobile disposant des fonctions d’un assistant électronique : agenda, navigation web, messagerie et depuis peu lecteur d’e-books. Ces applications diverses sont développées par le fabricant, l’opérateur ou l’éditeur de logiciel. Certains de ces logiciels ou applications, tel Stanza, Androïd, Aldiko, permettent de rapatrier des titres sur son IPhone (ou IPod-Touch) et de constituer sa propre bibliothèque. Ces derniers, gratuits, sont des concurrents directs des liseuses.
Quelques exemples :
Nintendo, a sorti courant 2010 sa toute dernière Nintendo DSi Xl accompagnée d’un "jeu" éducatif intitulé « 100 livres classiques ». Le marché du livre électronique est en plein essor et en réunissant ainsi une centaine d’œuvres classiques sur une simple cartouche DS, le constructeur Nintendo a montré que lui aussi comptait y prendre part. Dès les premières prises en mains, les utilisateurs découvrent un défaut principal : le format d’écriture. Même au plus faible niveau de zoom, la Nintendo ne peut afficher que quatre à cinq mots par ligne. Il est donc évident que les longues phrases ne peuvent tenir sur une même page. Ce format d’écriture pose de réels problèmes de lecture. Le texte est déstructuré, ce qui pour un ouvrage classique (tel l’Iliade d’Homère) le rend encore plus dure à déchiffrer.
Présenté récemment aux Etats-Unis, l'iPad serait selon ses constructeurs la grande révolution de cette année 2010. Malgré des innovations constantes, la liseuse est un dispositif aux ressources limitées. Elle n’a qu’une seule utilité : lire des livres numériques. L’i-Pad apparaît alors comme une véritable nouveauté. Il s’agit d’une tablette, (aux dimensions imposantes) à écran tactile, possédant presque toutes les applications d’un iPhone. Parmi ses nombreux logiciels installés figurent Safari, Mail, Photos, Vidéo, iPod, iTunes, Notes et iBooks. Ce dernier est une application permettant l’achat et la lecture de livres numériques.
Le web
Le web est un système hypertexte (soit il contient des hyperliens et des informations)public fonctionnant sur Internet. Il permet de consulter, à l’aide d’un navigateur, des pages accessibles sur divers sites. Les livres consultables sur le web sont sous différents formats, dont l’epub (qui clone le format papier). Ces livres « web » sont en réalité des fichiers dynamiques. Il s’agit de documents web générés en temps réel, soit au moment où ils sont consultés. Grâce à des flux RSS continus, la page présente de nouvelles informations lors de chaque consultation du lecteur. A ce sujet, le site de référence demeure La Feuille (https://lafeuille.blog.lemonde.fr/).
Qualités du texte électronique « idéal » pour ces trois types
Les trois qualités identifiées par Marin Dacos et Pierre Mounier sont la lisibilité, la maniabilité et la citabilité.
Lisibilité
Le livre numérique ainsi diffusé devra être lisible. Cela suppose trois qualités :
Il faut qu’il soit décrit par un format ouvert. Par exemple : l’application livre des sociétés américaines n’est pas du tout décrit grâce à un format ouverts, il s’agit d’un logiciel propriétaire avec des standards qui ne sont pas interopérables entre les liseuses. Il faudra que des consortiums puissent se constituer autour de format ouvert pour espérer avoir une inscription dans la durée des travaux de l’encodage des fichiers destinés à l’édition électronique.
Il faut qu’il soit recomposable (reflowable), c’est une qualité que n’a pas le « PDF », par exemple ce dernier ne permet pas au fichier de s’adapter à la taille de l’écran, alors que le format Epub le permet.
Il faut également qu’il soit conservable, les formats évoluent rapidement et il n’est pas certain que l’on puisse conserver nos fichiers très longtemps car les formats se périment, ou parce qu’une DRM peut-être appliquée au fichier, c’est un système qui impose le cryptage du document de manière à ce qu’il soit lisible simplement par un seul logiciel et ce même logiciel gère les droits d’auteurs que l’on a ou pas acquis. Ceci met donc en danger la conservation et la lisibilité du texte.
Maniabilité
Le livre électronique doit être manipulable, pour cela il faut qu’il soit d’abord indexable et cherchable. Plus on créera de livres applications, plus il sera difficile de les indexer et de créer des outils d’indexation.Donc, on aura de plus en plus besoin d’outils pour se faire une cartographie de notre bibliothèque virtuelle. De même, le texte devra être copiable et collable, afin d’être rapidement inséré dans un autre contexte (procédure du copier-coller). Enfin,le texte devra aussi être annotable et inscriptible (annotations, remarques,jalons, etc.) dans des dispositifs ouverts.Par exemple avec le Kindle, on dépend de l’outil d’annotation propre au Kindle, ce qui engendre une dépendance à une société privée.
Citabilité :
Le livre doit être citable ; c’est très important dans le domaine scientifique. Il doit donc être identifiable grâce à un identifiant unique (ID) qui va permettre la désignation du texte électronique. Aujourd’hui, il y a une concurrence de plusieurs dispositifs. Dans le monde du livre, on a l’ISBN pour les livres et l’ISSN pour les périodiques. Ce sont des numéraux uniques qui décrivent des ouvrages ou des périodiques. Ceci amène pour les textes un problème de granularité (de l’information), on se demande quelle est la bonne échelle documentaire pour un livre (est-ce le livre, le chapitre, la page ?) L’ISBN a choisi de donner une granularité importante puisque c’est le livre lui-même qui a un identifiant. Le problème c’est que l’on ne peut pas retrouver un passage particulier d’un livre particulier, on ne retrouve que l’ouvrage particulier. Il y a donc deux grands dispositifs qui se sont crées:
Un dispositif ouvert et libre qui est le système de l’URL, et un autre dispositif fermé et commercial qui est le système du DOI (Digital Object Identifier). Le défaut de ce système c’est qu’il est consubstantiel au web et que les url changent. Les livres n’ont pour le moment pas d’url stable et pérenne. Il n’y a pas non plus de norme et de permaliens. Le système du DOI sert notamment dans le domaine scientifique grâce à l’agence Crossref qui vend des identifiants uniques essentiellement aux éditeurs de revues et maintenant aussi aux éditeurs de livres. Pour le web, on a la même chose avec le DNS (Domain Name server), c’est l’élément pivot de l’ensemble des systèmes de nommage des sites web du monde. Il y a des sous-domaines, des domaines, des tops level domain Par exemple : Gallica.bnf.fr : « Gallica »: le sous-domaine/« Bnf »: le domaine/« fr »: le top-level domain. Sur https://www.doi.org, on peut accéder à l’url du texte uniquement grâce à son numéro de DOI, même si celle-ci a changé.
Grâce à ce numéro unique, on sera capable de chercher quel article cite tel autre article et donc il y a là plusieurs fonctionnalités dites de Crosslinking (liens croisés) qui permet de naviguer dans un écosystème documentaire. (Celui de tous les articles possédant un DOI)
Il faut par ailleurs que les documents soient correctement décrits grâce aux métadonnées qui leur sont rattachées. Dans le cas contraire, le document devient impossible à retrouver. Les métadonnées transportées par les logiciels sont en majorité fausses, ou très pauvres. Il faut donc renseigner au minimum au format Dublin Core les documents (un format de 15 balises, peu formalisé).
L’interopérabilité est également essentielle, il permet par l’intermédiaire des normes et de standards de lire les fichiers de tout type de supports, de les commercialiser et de les conserver dans un archivage pérenne. L’archivage se fera selon les normes ORI-OAI qui est un dérivé de l’OAI-PMH (Open Archives Initiative - Protocol for Metadata Harvesting). Il facilite l’échange de données entre des fournisseurs de données (par exemple des bibliothèques ou des musées...) et un fournisseur de service (qui peut être aussi une bibliothèque, un centre de documentation, un portail thématique ou local désirant rassembler des données). C’est un protocole d’interopérabilité entre des dépôts d’articles et des moissonneurs.
L'édition en réseau
C'est l'édition nativement en ligne, dans laquelle on rédige les textes sur le réseau lui-même. L'archétype de l'édition en réseau est Wikipedia. Les blogs et les Wikis font partie de l'édition en réseau. Alors que les blogs sont des contenus publiés directement par l'auteur, sans intermédiaire (désintermédiation), les encyclopédies collaboratives, comme Wikipedia, sont de plus en plus régulées, ainsi que le montrent le nombre et la complexité des rôles différents de l'encyclopédie, l'évocation des guerres d'édition et d'une stratégie de labellisation des notices les plus complètes, ainsi que d'une politique d'avertissements clairs concernant les notices qui sont incomplètes ou l'objet de fortes controverses.
Les enjeux de l'édition électronique
L'accès
C'est le plus révolutionnaire des enjeux de l'édition électronique. On bascule d'un univers analogique à un univers numérique où la circulation et l'accessibilité sont facilitées, ce qui entraîne une explosion de l'accès. Par exemple, les revues scientifiques comptent beaucoup plus de lecteurs dans leur version numérique que dans leur version papier. C'est donc une véritable révolution de la consultation grâce à l'Accessibilité du Web.
L'économie
Dans ce domaine se pose la question du prix du livre électronique qui peut provoquer une décote par rapport à l'édition papier. Mise en place d'offres plus attrayantes.(vente avec une garanti)
Quelques exemples de modèles économiques:
Modèle freemium: associe une offre gratuite, en libre accès, et une offre « Premium », haut de gamme, en accès payant.
exemple: FlickR https://www.flickr.com/ : on peut y déposer gratuitement nos images, gratuit jusqu’à 200 images, au-delà il faudra payer ou accepter de perdre les plus anciennes photos. Pour avoir accès à l’offre prémium: 2 dollars/mois
Modèle de longue traîne: Dans le monde réel, ces contraintes là sont très importantes.
Exemple : La Fnac Dans le modèle de longue traîne, il y aura une explosion du pourcentage de livre. (CA de la librairie en ligne) ça peut être des hits qui ont eu beaucoup de résultat au début. Ce sont des livres qui se vendent régulièrement.
Les différentes offres économiques
Safari: offre de bouquet de l'éditeur O'Reilly Media, on crée un modèle de bouquet de livre sur les technologies, qui rapporte de l’argent à l’éditeur, et qui donne au lecteur un accès à un catalogue assez conséquent, mais assez limité.
Wikipédia : qui s’appuie sur des dons en infrastructure (par exemple google et particuliers). C'est un financement populaire. Chaque année, ils font des appels de dons, qui leur rapportent environs 8 millions de dollars par an. C’est un modèle qui existait déjà, qui est un modèle de souscription.
La pérennité
Ce troisième enjeu soulève de nombreuses inquiétudes concernant la démagnétisation des supports. La mauvaise fiabilité des stockages et l’évolution rapide des formats (apparition des formats propriétaires) posent de réels problèmes de conservation physique des fichiers. Cette dernière comprend deux logiques : le back-up et l’archivage.
Le back-up correspond à la duplication des données.
L’archivage fait référence à la conservation et la duplication sur le long terme.
Quelques exemples:
OAIS : (Open Archival Information system) il s’agit d’un système de gestion de documents numériques utilisé uniquement par les professionnels.
LOCKSS : utilisé pour les structures plus petites comme les bibliothèques. Celles-ci peuvent mettre leurs données au sein d’un réseau et copiées le fichier autant de fois qu’il y a d’utilisateurs.
CLOCKSS : ressemble à LOCKSS mais permet un contrôle plus grand sur le réseau des acteurs.
La citabilité
Il s’agit là d’un problème majeur, celui du réseau. Voir ci-dessus les qualités du texte électronique « idéal ».
Le droit
Le régime des contrats
Quand un contrat est formé entre un auteur et un éditeur, il n'est pas possible de mentionner « tous supports » : chacun des supports doit être mentionné (papier, CD-Rom, Internet, etc.). Les supports non mentionnés sont exclus du contrat. Il y a un processus de mise à jour des contrats pour avoir les droits Internet sur les ouvrages édités. Les auteurs n'adoptent pas de position claire, c'est donc l'occasion de négocier les contrats, notamment en ce qui concerne la durée. Régime de la licence est apparu avec Internet à cause de la révolution de l'accès provoquée par le réseau. Bien qu'il existe des exception du Droit d'auteur pour les handicapés, et à des fins d’enseignement et de recherche, sans les Licences, les échanges entre auteurs et personnes souhaitant utiliser leurs oeuvres exploseraient puisqu'utiliser une oeuvre sans autorisation de son auteur est interdit par la Loi.
Le régime des licences
Le régime de la Licence (juridique) permet à l’ayant droit de décider de donner à son œuvre une licence d’utilisation bordée par des conditions. La première licence est la GNU, à l’initiative de Richard Stallman, et la seconde la GPL (qui s’applique essentiellement aux logiciels, et se base sur un système de Copyleft - voir Licence publique générale GNU). Différentes licences peuvent s’appliquer aux œuvres textuelles, telle que la Licence Creative Commons, adoptée par Wikipedia depuis 2009. Cette licence « à la carte » permet de définir des contraintes sur la paternité de l’œuvre, ses modifications, son utilisation commerciale, etc. La formule la plus ouverte est la CC-by, et la plus fermée la CC-by-nc-md. Si quelqu’un souhaite outrepasser une licence Creative Commons, il lui faut établir un contrat avec l’ayant droit. Ce régime ne s’oppose donc pas à celui du contrat et d’une exploitation commerciale, et lui est au contraire complémentaire.
La rematérialisation des œuvres électroniques
Avec l’arrivée du numérique, on a beaucoup dématérialisé les œuvres. Cette dématérialisation massive a poussé à mettre en place une logique de rematérialisation. Le numérique a de nombreux avantages, il permet :
Une impression de livres à la demande (print on demand)
Ce système commence à être utilisé dans les bibliothèques. Cette logique est également développée par wikipédia.
Un débouché commercial pour les œuvres en libre accès.
Un aspect pratique pour la lecture, la conservation et l'annotation.
On a souvent tendance à associer l’impression à la demande à l’autoédition (cf. lulu.com). En fait, l'impression à la demande correspond aussi à des démarches d'édition très professionnelle, qui couvrent des marchés de niches, ou qui concernent des épuisés. Cela permet de s'émanciper des questions d'investissement pour le tirage initial, ainsi que des problèmes de stockage.
Edition électronique et édition traditionnelle
Le travail d'un éditeur électronique reste comparable à celui d'un éditeur traditionnel. Il reçoit des manuscrits. Il les sélectionne, il les retravaille avec les auteurs pour les corrections éventuelles, mais plus souvent en ligne. Il effectue ensuite les opérations classiques de mise en page, illustration, mais l'impression papier est remplacée par la production de fichiers en différents formats de livre électronique. Après publication, il devra faire connaître l'œuvre, gérer les ventes, reverser la rémunération à l'auteur...
Économiquement parlant, en France, une autre différence notable réside dans leur différence de traitement par l'administration fiscale : l'édition traditionnelle bénéficie d'un taux de TVA réduit, tandis que l'édition électronique supporte le taux de TVA standard, au même titre que l'informatique, dont elle est issue.
Comme dans l'édition traditionnelle, la relation entre l'auteur et l'éditeur électronique est régie par un contrat signé par les deux parties, définissant les droits et les obligations de chacun, leur rémunération, et l'engagement de l'éditeur à diffuser l'œuvre. Une différence cependant : contrairement à un livre imprimé, l'œuvre numérique n'est jamais "épuisée", alors qu'en édition traditionnelle l'épuisement du stock pouvait conduire à l'extinction du contrat, si l'éditeur n'entreprenait pas une réimpression dans un délai fixé. La durée du contrat, (obligatoirement limitée, pour respecter la loi sur le droit d'auteur) doit donc être définie par d'autres critères.
Les modèles économiques de l'édition électronique restent largement à inventer. On distingue la vente à l'unité (Amazon) et l'abonnement à des bouquets (Safari d'O'Reilly).
Valoriser le texte en ligne : formats et protocoles
Pour valoriser les textes en ligne, on utilise plusieurs stratégies. En particulier, on travaille sur la typographie et l'accessibilité. On doit également travailler sur les protocoles d'échanges de données (interopérabilité), comme l'OAI-PMH, sur les formats d'échanges de données, comme l'OPDS (Bookserver), le Dublin Core, ONIX.
OAI-PMH
L'OAI-PMH permet d'échanger les notices de ressources par le biais d'entrepôts en ligne.
L'interrogation des dépôts utilise le protocole HTTP et les résultats s'affichent en XML. Le tableau suivant reprend les différents verbes et arguments utilisables, ainsi que quelques exemples.
Demande la liste des formats de métadonnées disponibles. Sans paramètres tous les formats disponibles pour au moins un item sont retournés. Avec le paramètre identifier, ne sont retournés que les formats disponibles pour l'item concerné
Internet Archive a mis au point un système ouvert qui permet de rechercher via un moteur d'index les livres qui sont disponibles à partir d'une multitude de sources. De cette sorte il permet d'interconnecter entre eux un certain nombre d'acteurs du livre : libraires, bibliothèques, moteurs de recherches et lecteurs. Les catalogues bookserver se présentent via le format OPDS. Bookserver permet de créer des catalogues et de les mettre à disposition des acteurs qui le souhaitent, pour une diffusion gratuite ou payante.
Les avantages de Bookserver: Bookserver est un outil de plus vaste diffusion pour les auteurs. Il permet une distribution directe aux lecteurs et attire un plus grand public pour les libraires. C'est également un outils de prêt plus efficaces pour les bibliothèques et un accès universel pour les lecteurs à des connaissances et des savoirs.
Logiciels compatibles avec le format OPDS. Stanza, une application permettant de livre des livres électroniques sur Iphone, et Aldiko accèdent aux catalogues de livres en ligne grâce au format OPDS.
Calibre est un logiciel qui crée des fichiers de format epub à destination du Iphone et du Ipo Touch. Ce format est en général associé au protocole OPDS.
Dublin Core
Le format Dublin Core est une norme simple décrivant des ressources bibliographiques. La difficulté de décrire sans aucune ambiguïté des documents complexes est grande. Ces descriptions sont surtout destinées à être interprétées par des machines, et beaucoup moins par des humains. Cela implique d'utiliser des listes d'autorités et des schémas d'encodage connus. C'est pourquoi il faut recourir le plus souvent possible à une déclaration de "scheme".
Bibliographie
Françoise Benhamou, L'Économie de la culture, La Découverte, coll. « Repères, 192 », Paris, 2003 (réimpr. 4e éd.), 125 p.
Marie Lebert, Les mutations du livre à l'heure de l'internet, Net des études françaises, Montréal, 2007
Hubert Guillaud, Alain Pierrot, Bob Stein, Nova Spivack, Joël Faucilhon, Milad Doueihi, Philippe Aigrain, Robert Darnton, Tim O'Reilly, Andrew Savikas, Fabrice Epelboin, André Gunthert, Pierre Mounier, Janet Stemwedel, Antoine Blanchard et Jean Sarzana. Sous la direction de Marin Dacos, Read/Write Book. Le livre inscriptible, Cléo, coll. « Edition électronique », Marseille, 2010 (réimpr. 1ere éd.), 198 p.