Église Saint-Maurice de Lille

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Introduction

Église Saint Maurice
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
50° 38′ 08.9″ Nord

03° 04′ 01.7″ Est / 50.635806, 3.067139
PaysFrance France
RégionNord-Pas-de-Calais
DépartementNord
VilleLille
CulteCatholique romain
Rattaché àDiocèse de Lille
Début de la constructionXIV siècle
Fin des travauxXIX siècle
Architecte(s)Philippe Cannissié (pour la restauration du XIX siècle)
Style(s) dominant(s)église-halle gothique et néo-gothique
ProtectionMonument historique (1840)
Localisation


Église Saint-Maurice de Lille

L'église Saint-Maurice est une église située rue de Paris, dans le centre historique de Lille. Sa construction, débutée à la fin du XIV siècle et achevée à la fin du XIX siècle, s'étend sur plus de quatre siècles. Église-halle de style gothique et néo-gothique, elle est classée monument historique depuis 1840.

Lille Metro Logo.svgProche de la station de métro : Gare Lille-Flandres.

Historique

Construction

Lille porche eglise St Maurice.jpg

Les deux dernières travées de la nef et les trois travées centrales du transept remontent à la fin du XIV siècle.

Le chœur, avec collatéraux, chapelles latérales orientales (aujourd'hui dédiées à la Vierge et à saint Joseph), déambulatoire et chapelles rayonnantes, fut construit de 1421 environ à 1431.

La nef fut agrandie vers l'ouest et une tour fut construite au cours du XV siècle. La tour, fortement délabrée, sera détruite au début du XIX siècle.

Vers 1500, le transept fut allongé pour atteindre ses dimensions actuelles.

Aux XVI et XVII siècles furent ajoutées les chapelles latérales à la nef et au chœur (de 1539 à 1544 côté nord, et de 1621 à 1660 au plus tard côté sud).

Les voûtes, prévues dès l'origine, ne furent montées qu'entre 1615 et 1623. À la même période, la nef fut surhaussée à la hauteur du chœur et une petite tour lanterne en bois, source de lumière, fut érigée à la croisée du transept. Cette tour lanterne fut supprimée en 1805 et remplacée par le « parapluie ».

Au XIX siècle, Philippe Cannissié (1779-1877), architecte de la ville (1849-1867), dirige la restauration jusqu'à sa mort. Le monument lui doit son apparente homogénéité. Il fait construire les sacristies, élevées à l'est de l'édifice entre 1859 et 1863, et les trois travées occidentales de la nef avec le clocher (1867-1877). L'église bénéficia d'un ultime agrandissement au XIX siècle car elle devait être promue cathédrale de Lille; ce qui ne se fit pas car le projet qui aboutit à la construction de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille. Ensuite, Philippe Cannissié fit également ajouter de nombreuses statues sur la façade ouest (1874-1875) dues à Henri Biebuyck (1835-1907), Félix Huidiez (1841-après 1906) et Jules-Victor Heyde, sculpteurs lillois.

Mobilier

La cène de Joseph Wamps (début XVIIIème)

L'église est dépouillée lors de la révolution et une partie de son mobilier lui est restitué au début du XIX siècle. Elle accueille alors également de nombreux tableaux issus d'anciens couvents de la ville. Bon nombre sont l’œuvre de Jakob van Oost dit le Jeune (1639-1713), peintre né à Bruges et établi à Lille de 1668 à 1708 (Transverbération de sainte Thérèse avant 1679, La Fuite en Égypte 1697, L’Adoration des Bergers entre 1697 et 1699, Le Mariage de la Vierge 1699, La Présentation au Temple 1700). Quatre tableaux représentant des scènes de la Passion (1767-1768) sont dus au peintre lillois Louis Joseph Watteau dit de Lille (1731-1798).

Le monument funéraire de Charles Ferdinand d'Artois

Elle abrite également un monument au duc de Berry qui renferme les viscères de Charles Ferdinand d'Artois, assassiné en 1820. Il a été dessiné par Victor Leplus (1798-1851) et exécuté par Edme-François-Étienne Gois (1765-1836). Les statues de marbre blanc représentent à gauche la ville de Lille et à droite la Religion.

Lors de la restauration dirigée par Philippe Cannissié, l'église est dotée de mobilier néo-gothique de Charles Buisine-Rigot (1820-1893), le plus important menuisier sculpteur lillois de l’époque. Elle fut aussi dotée de vitraux exécutés entre 1859 et 1861 par Charles Gaudelet (1817-1880), peintre verrier lillois, d’après les cartons du peintre lillois Victor Mottez (1809-1897), élève de Dominique Ingres.

Trois bombardements, en 1914, 1916 et 1942, ont nécessité le renouvellement de plusieurs verrières, exécutées par Pierre Turpin, peintre verrier lillois. Enfin, dans les années 1940 et 1950, le doyen A. Vandenabeele renouvela une partie du mobilier néo-gothique (chaire, retable de la Vierge, statues de saints).

Rénovation

La rénovation de l'église a commencé en 2004. Menée par l'entreprise arrageoise Battais, les travaux portent sur les couvertures et toitures (en ardoise du Pays de Galles) et devraient se conclure en juin 2010.

Architecture

Vue arrière de l'église Saint-Maurice.

L'église présente de nos jours :

  • Une longue nef de sept travées avec doubles collatéraux et tour dans œuvre
  • Un transept à peine saillant de cinq travées
  • Un chœur de trois travées avec chevet à cinq pans, collatéraux
  • Quatre chapelles latérales
  • Un déambulatoire intégrant trois chapelles rayonnantes.

Le déambulatoire

Il s'agit d'une église-halle (hallekerk) : l'édifice ne comporte qu'un seul niveau d'élévation et tous les vaisseaux sont de même largeur et de même hauteur. L'architecture est plus particulièrement de style gothique brabançonne.

La tour se termine par une flèche ajourée. Le décor intérieur flamboyant est sobre : les supports intérieurs principaux sont des colonnes avec chapiteaux à deux rangs de feuilles de chou frisé. Le plan du chevet est original : le déambulatoire est joint aux chapelles rayonnantes par une même voûte, le mur du fond formant une sorte de paravent entièrement ajouré. Ce parti s'inspire de l'ancienne collégiale Saint-Pierre à Lille (détruite au cours de la Révolution). Le fait de combiner, à la fin du Moyen Âge, la structure économique d'une église-halle avec un déambulatoire est extrêmement rare.

Galerie