La présence amérindienne est très importante dans cette zone. Les différentes ethnies (principalement Macuxi, Pemon, Wapishana et Kapon) sont réparties des deux côtés de la frontière qui a séparé artificiellement leurs territoires. Cet état de fait facilite les mouvements de population. Au gré des péripéties de l'Histoire, les populations frontalières ont souvent migré d'un pays à l'autre. Ainsi au début du XX siècle, alors que le bassin du rio Branco au Roraima était peu à peu colonisé par les grands propriétaires (fazendeiros) brésiliens qui instaurèrent le travail forcé ou rémunéré uniquement en nature, certains Amérindiens s'enfuirent au Guyana où le même type d'élevage bovin extensif était pratiqué, mais où les conditions salariales et le niveau de développement en général étaient bien meilleurs. Peu après l'indépendance du Guyana en 1966, les flux s'inversèrent. Suite à l'insurrection du Rupununi de janvier 1969, fomentée par les grands éleveurs d'origine européenne soutenus par leurs employés amérindiens et réprimée durement par l'armée guyanaise, de nombreux habitants du Rupununi se réfugièrent au Brésil mais aussi au Venezuela. Par la suite, la mauvaise gestion économique par le parti au pouvoir marxisant, le People's National Congress, alimenta l'émigration en direction du Brésil, qui se poursuit encore aujourd'hui malgré les changements politiques ayant eu lieu en raison de la différence importante de niveau de vie entre les deux pays.