Il est assez difficile de dire si une suite est ou non aléatoire.
D'une part parce qu'on ne peut parler d'une suite aléatoire que si elle est infinie : dans le cas d'une suite finie, toutes les suites possibles ont une certaine probabilité, et si elle n'est pas nulle, la suite doit donc apparaître. Si ce n'était pas le cas, le générateur serait biaisé. En clair, on ne peut pas dire qu'un générateur est biaisé à la vue d'une suite qui ne paraîtrait absolument pas aléatoire ; car cette suite doit bien apparaître avec une certaine fréquence. Seul le fait que la suite apparaisse avec une mauvaise fréquence (trop forte ou trop faible) permet de dire que le générateur possède un défaut.
D'autre part, parce qu'on ne sait pas parfaitement caractériser le hasard.
La première difficulté est une véritable difficulté pratique. En effet, si l'on ne peut prouver qu'une suite est aléatoire que si elle est infinie, alors seuls des calculs théoriques peuvent permettre de prouver qu'une suite possède cette propriété. Mais comme on ne sait pas donner une définition de ce caractère, on ne peut alors rien prouver (du faux on tire tout).
En fait, pour contourner ces difficultés on se dit qu'une suite finie est aléatoire si la taille de cette séquence en mémoire est inférieure à la taille de tout programme pouvant l'engendrer. Cette idée est fortement reliée aux machines de Turing. La taille de la plus petite machine de Turing pouvant calculer cette suite est maximale, donc la complexité de la suite aussi. D'ailleurs, en ce sens, la meilleure compression d'un fichier forme ainsi un fichier aléatoire.
On va donc essayer de tester si les séquences que l'on obtient avec un générateur peuvent être considérées comme aléatoires, afin de dire si le générateur est lui-même aléatoire ou non. Pour cela, on vérifie que les séquences obtenues possèdent bien différentes propriétés constitutives du hasard. Cependant, il faut retenir qu'un générateur peut toujours réussir n tests et échouer au n + 1. De plus aucun générateur ne peut réussir tous les tests que l'on pense constitutif du hasard, car il n'existe aucune suite qui possède toutes les propriétés dont la probabilité est de 100%.
Tests d'adéquation
Afin de vérifier qu'une suite possède telle ou telle propriété, on va inférer sur une distribution de fréquence des nombres aléatoires (distribution qui est due au fait que la suite satisfait à la propriété), puis on va essayer de juger de l'adéquation entre la distribution prévue et celle réellement obtenue par la suite.
Si par exemple on souhaite vérifier qu'un générateur (dont les nombres obtenus sont des entiers compris entre 1 et 6) se comporte comme un dé à 6 faces alors on procède à un test sur la fréquence d'apparition de chaque nombre, celle-ci doit s'approcher de 1/6 grâce au test du χ² qui s'applique aux distributions discrètes.
Si l'on veut tester qu'une distribution continue suit bien une loi normale ou exponentielle ou toute autre loi, on utilisera alors le test de Kolmogorov-Smirnov.